Recommandations du Comité québécois d'étude du français médical (Liste des membres du CQEFM)

No 7
Invasive


À moins de se laisser influencer par l’anglais, on ne peut qualifier d’invasif qu’un processus morbide qui envahit rapidement l’organisme, p. ex. un cancer ou une infection. Les techniques diagnostiques et thérapeutiques qui nécessitent une pénétration de la peau, d’une muqueuse et éventuellement d’autres tissus, et qui présentent souvent des risques ou un inconfort pour le malade, ne sont pas caractérisées par une invasion de l’organisme, mais plutôt par une effraction tissulaire. C’est pourquoi l’adjectif effractif, et son contraire non effractif, semble être le mieux adapté. Le terme effractif a d’ailleurs été normalisé par l’Office québécois de la langue française. Toutefois, sa connotation criminelle (vol par effraction) en fait hésiter plusieurs.

D’autres qualificatifs correspondant à l’anglais invasive ont donc été proposés : sanglant, traumatique (et son contraire atraumatique); plus rarement intrusif, pénétrant, vulnérant. Il est bon de souligner que les examens réalisés en pénétrant dans une cavité naturelle (p. ex., les endoscopies, l’échocardiographie transœsophagienne et les échographies transrectales ou transvaginales) ne sont généralement pas considérés comme effractifs. Ainsi, lorsqu’on fait subir à une malade une endoscopie de l’estomac avec biopsie, seul le second de ces deux gestes est considéré comme effractif, le premier à lui seul pouvant être qualifié de pénétrant.

En conclusion, il est clair que l’adjectif anglais invasive a une acception plus large que invasif en français et que l’emploi du premier tend à influencer l’usage du second. Toutefois, à propos de certaines méthodes diagnostiques et thérapeutiques, l’adjectif effractif est plus précis et son emploi devrait être encouragé.


L'AMLFC publie périodiquement les conclusions des délibérations du Comité québécois
d'étude du français médical au sujet de termes médicaux souvent mal employés ou mal traduits.