Recommandations du Comité québécois d'étude du français médical (Liste des membres du CQEFM)

No 4
Greffe et transplantation



La distinction classique entre greffe (transfert de tissu [p. ex., de peau]) et transplantation (transfert d’organe [p. ex., d’un rein] comportant le rétablissement d’une continuité vasculaire [anastomose]), n’est plus guère respectée de nos jours. Toutefois, bien que les deux termes soient devenus pratiquement synonymes, ils ne sont pas toujours interchangeables. Ainsi, si l’on parle volontiers d’une greffe de rein, il est rare que l’on entende parler d’une transplantation de peau : c’est de greffe de peau ou de greffe cutanée dont il sera question. Le sens du mot greffe tend donc à englober celui de transplantation sans que l’inverse ne soit vrai.

Le glissement de sens est analogue quand il s’agit de désigner le tissu ou l’organe transplanté lui-même : on dit indifféremment greffon ou transplant rénal, mais toujours greffon cutané, à moins qu’il ne s’agisse d’un transplant cutané avec anastomose, syntagme consacré désignant un type de lambeau cutané.

Quant au malade, on dit couramment de lui ou d’elle qu’il s’agit d’un(e) greffé(e) plutôt que d’un(e) « transplanté(e) ». Un insuffisant rénal peut ainsi devenir un greffé rénal ou d’un greffé du rein, n’en déplaise à ceux qui préféreraient que l’on dise, plus correctement, un malade atteint d’insuffisance rénale devenu un receveur d’une greffe rénale


L'AMLFC publie périodiquement les conclusions des délibérations du Comité québécois
d'étude du français médical au sujet de termes médicaux souvent mal employés ou mal traduits.