Recommandations du Comité québécois d'étude du français médical (Liste des membres du CQEFM)
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En français, la compliance désigne le rapport entre le volume d'un réservoir élastique et la pression du fluide qu'il contient : compliance pulmonaire, compliance ventriculaire. Bien que le dictionnaire de Manuila1 admette l'emploi du mot compliance dans le sens d'observance, c.-à-d. le respect de la prescription médicale par le malade, la plupart des auteurs considèrent qu'il s'agit là d'un anglicisme. On peut employer le mot fidélité et son adjectif fidèle (au traitement), ou encore persévérance (persévérant), respect voire observation de la prescription dans certains cas. Observance (tout comme son contraire inobservance ou non-observance) demeure acceptable et largement employé dans la francophonie, mais certains reprochent à ce terme sa connotation religieuse. Adhérence, adhésion, assiduité et docilité renvoient à des notions différentes.
1 Manuila L, Manuila A, Lewalle P, Nicoulin M. (2001) Dictionnaire médical. 9e édition, Masson, Paris, 736 p.
Si un malade à qui l'on propose de participer à une étude peut et doit être informé, son consentement, lui, ne peut être qu'éclairé. Informé ne se dit que d'une personne ou d'un groupe de personnes : bien informé de la situation, le patient a donné un consentement éclairé.
Ce terme se rapporte, tout comme relative risk (risque relatif), à des mesures de dépendance entre des variables aléatoires qualitatives. Toutefois, les deux notions sont distinctes. Ainsi, si l'on veut évaluer l'association existant entre le fait de décéder en unité de soins intensifs et le fait d'être infecté au moment de l'admission, le risque relatif « estimera le rapport de la probabilité de mourir quand on est infecté sur la probabilité de mourir quand on ne l'est pas »1 (RR = % de décès chez les infectés/% de décès chez les non-infectés). Le terme qui nous intéresse, odds ratio, réfère, lui, au rapport [morts chez les infectés/vivants chez les infectés] / [morts chez les non-infectés/vivants chez les non-infectés]. Bien que la notion semble complexe, son succès provient du fait « qu'il est calculable à la fois dans une étude où les patients constituent un échantillon représentatif d'une population générale (enquête de "cohorte"), et dans une étude où l'on fixe le quota de malades par rapport aux non-malades (enquête "cas-témoins") »1. Il est donc impropre, en français, d'utiliser le terme risque relatif pour traduire odds ratio. Certains auteurs traduisent odds ratio par rapport des rapports1, ou encore par rapport des cotes1,2. L'usage de l'indéfini de (rapport de cotes) paraît moins heureux, car le mot cotes réfère à des valeurs explicitement calculées. Enfin, les termes ratio d'incidence approché et risque relatif approché ont aussi été proposés3. Bien qu'ils soient peu usités, ces termes ont le mérite d'être plus explicites que rapport des cotes. En dernière analyse, le comité estime que le terme risque relatif approché est, de toutes les traductions qui ont été proposées jusqu'à présent pour odds ratio, celle qui évoque le mieux la parenté qui existe entre la quantité désignée et un risque relatif. Son emploi est donc recommandé.
1 Falissard, B. (1996) Comprendre et utiliser les statistiques dans les sciences de la vie. Masson, Paris, p. 24.
2 Bernard, P.-M. et Lapointe, C. (1995) Mesures statistiques en épidémiologie. Presses de l'Université du Québec, Sainte-Foy, p. 89.
3 Jammal, A., Loslier, G., Allard, R. (1988) Dictionnaire d'épidémiologie. Edisem/Maloine, St-Hyacinthe/Paris, p. 124-125