La prise en charge de la MPOC par la médecine ambulatoire

Dr Tam Le Duc, MD
Pneumologue, Clinique médicale 425, Longueuil
Objectifs

Recommandations de la SCT pour le traitement de la MPOC
Message clé 1

« La maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC) est une maladie respiratoire imputable la plupart du temps au tabagisme et qui se caractérise par une obstruction évolutive et partiellement réversible des voies respiratoires, par des manifestations systémiques et par la fréquence et la gravité croissantes des exacerbations. »




Causes de la MPOC

Message clé 2

« Les médecins de famille occupent un rôle primordial dans la prise en charge de la MPOC. »


Rôle du médecin de famille dans la MPOC


Message clé 3

« Le diagnostic de la MPOC repose sur la démonstration de l’obstruction des voies aériennes par la spirométrie. »


Définition de l’obstruction des voies respiratoires

Un volume expiratoire maximal en une seconde (VEMS) post-bronchodilatateur inférieur à 80 % de la valeur normale prédite et un rapport VEMS/CVF inférieur à 0,7 sont tous deux requis pour poser un diagnostic de MPOC.


Spirométrie - Courbe volume/temps


Spirométrie – Courbe débit-volume


Classification selon la fonction pulmonaire


Message clé 4

« Chez la plupart des patients atteints de la MPOC, le diagnostic n’est pas posé avant que la maladie ne soit très avancée. Une spirométrie pratiquée chez les personnes à risque permettra un diagnostic précoce. »


Dépistage d’une MPOC éventuelle

Fumeur ou ex-fumeur, ≥ 40 ans

Et oui à l’une des questions suivantes :

  1. Toux ou crachats persistants?        
  2. Essoufflement lié aux activités?
  3. Infections respiratoires fréquentes?

SPIROMÉTRIE RECOMMANDÉE


Mortalité par MPOC au Canada (actuelle et prévue)


Pourcentage de différence du taux de mortalité corrigé pour l’âge (É.-U. 1965-1998  - Proportion des taux de 1965)


Message clé 5

« L’échelle de dyspnée du Conseil de recherche médicale est une échelle fonctionnelle utile pour évaluer l’essoufflement et l’incapacité, et elle peut contribuer à évaluer la sévérité de la maladie. »


Évaluation de l’incapacité dans la MPOC - échelle de dyspnée du CRM


Survie à la MPOC


Classification de la MPOC selon l’évaluation de l’incapacité


Message clé 6

« La MPOC et l’asthme sont fondamentalement différentes; il faut différencier ces deux maladies chez chaque patient symptomatique. »


Message clé 7

« Savoir quand penser référer à un spécialiste. »


Quand consulter un spécialiste
Message clé 8

« La MPOC est une maladie traitable. Une stratégie de prise en charge comprenant une pharmacothérapie et des interventions non pharmaceutiques peut soulager les symptômes, accroître la capacité à l’effort et améliorer la qualité de vie, même chez les patients atteints d’une MPOC sévère. »


Traitement de la MPOC idéal vs actuel


Message clé 9

« L’abandon du tabac représente la seule intervention pouvant réduire le risque d’apparition d’une MPOC, et la seule intervention pouvant en ralentir l’évolution. »


L’importance d’un diagnostic précoce


Message clé 10

« L’éducation du patient et de sa famille, associée à une supervision et un soutien basés sur des principes d’auto-prise en charge propres à la maladie, s’avère précieuse. »


Effets bénéfiques de l’auto-prise en charge dans la MPOC


Message clé 11

« Les vaccins préviennent les exacerbations de la MPOC. »


Message clé 12

«  Les bronchodilatateurs sont les piliers de la pharmacothérapie de la MPOC. Ils réduisent l’hyperinflation pulmonaire et la dyspnée et améliorent la qualité de vie même si la spirométrie ne démontre pas d’amélioration. »


Pharmacothérapie de la MPOC


ß-agonistes à longue durée d’action :  VEMS


Anticholinergiques à courte ou longue durée d’action : dyspnée


Anticholinergiques : longue vs courte d’action : qualité de vie


Bronchodilatateurs :  résumé de la preuve

Can Respir J 2003;10(Suppl A):11A-33A.


BALA-CSI : VEMS


Corticostéroïdes en inhalation

Can Respir J 2003;10(Suppl A):11A-33A.


Corticostéroïdes en inhalation

Can Respir J 2003;10(Suppl A):11A-33A.


Corticothérapie orale

La corticothérapie orale prolongée est déconseillée dans la MPOC, car elle ne procure aucun bénéfice et risque d’avoir des effets systémiques graves.

Can Respir J 2003;10(Suppl A):11A-33A.


Message clé 13

« Tous les patients atteints de MPOC devraient être encouragés à demeurer actifs. »


Réadaptation pulmonaire :  recommandations

Can Respir J 2003;10(Suppl A):11A-33A.


Oxygénothérapie à long terme


Message clé 14

« Les exacerbations aiguës de la MPOC sont la principale cause de consultations médicales, d’hospitalisations et de décès  chez les patients atteints de MPOC. »


EAMPOC : définition

Aggravation soutenue de la dyspnée, de la toux ou des expectorations entraînant une utilisation accrue des médicaments d’entretien ou l’ajout d’autres médicaments.  

Classifiée comme purulente ou non purulente.

Can Respir J 2003;10(Suppl A):11A-33A.
Exacerbations aiguës : classification selon les critères d’Anthonisen
Type 1
Type 2
Type 3
Le patient présente les 3 symptômes cardinaux suivants :
  • aggravation de la dyspnée
  • augmentation du volume des expectorations
  • augmentation de la purulence des expectorations
Le patient présente 2 des symptômes cardinaux suivants :
  • aggravation de la dyspnée
  • augmentation du volume des expectorations
  • augmentation de la purulence des expectorations
Présence de 1 des symptômes cardinaux suivants :
  • aggravation de la dyspnée
  • augmentation du volume des expectorations
  • augmentation de la purulence des expectorations

Et au moins 1 des symptômes suivants :

  • IVRS dans les 5 jours
  • fièvre de cause non respiratoire
  • aggravation de la respiration sifflante
  • aggravation de la toux
  • accélération de la fréquence respiratoire ou de la fréquence cardiaque de  20 %

Traitement des EABC : taux de réussite des antimicrobiens vs placebo


EABC : symptômes et facteurs de risque
Groupe 0 :
  • toux et expectorations
  • absence d’antécédents de trouble pulmonaire
Groupe I :
  • toux et expectorations accrues
  • purulence des expectorations
  • dyspnée accrue
Groupe II :
Voir groupe I plus (au moins l’un des éléments suivants) :
  • VEMS < 50 % des valeurs prévues
  • > 4 exacerbations/an
  • maladie cardiaque
  • utilisation d’oxygène à domicile
  • utilisation prolongée des corticostéroïdes oraux
  • utilisation d’antibiotiques au cours des 3 mois précédents
Groupe III :
  • voir groupe II plus expectorations toujours purulentes
  • bronchiectasies chez certains
  • VEMS habituellement < 35 % des valeurs prévues
  • plusieurs facteurs de risque (exacerbations fréquentes, VEMS < 50 %, etc.)

EABC : recommandations canadiennes pour l’antibiothérapie


EAMPOC : corticostéroïdes Can Respir J 2003;10(Suppl A):11A-33A.
Message clé 15

« LA MPOC est une maladie débilitante qui évolue vers l’insuffisance respiratoire et la mort. Il incombe aux médecins de soutenir les patients atteints de MPOC et leurs soignants en fin de vie. »


Soins de fin de vie de la MPOC

Profil du patient MPOC à risque de mourir d’IRA :


Traitements à venir
•     Inhibiteurs de la phosphodiestérase (inhibiteur PDE IV)

Cilomilast*

Roflumilast*

Mécanismes d’action :
  • Bronchodilatation
  • Inhibition du recrutement, de l’activation et du relâchement des médiateurs chimiques des cellules inflammatoires
  • Atténuation de la prolifération du muscle lisse
  • Diminution des exacerbations

Traitements à venir
Traitements à venir
L’acide rétinoïde renverse l’emphysème induit par élastase chez le rat


Traitements à venir


Traitements à venir