Emploi combiné d'allogreffes et d'autogreffes cutanées
dans le traitement des brûlures profondes et étendues :
mécanisme du rejet modifié

SHI, Ji-xiang(1) ; HSU, Wei-shia(1) ;
SHEN, Chuan-lai(2) ; CAO, Ying-ping(2)
(1) Centre des brûlés, Hôpital Ruijin, (2) Institut d'immunologie, Université médicale II de Shanghai

Nous présentons d'abord la technique combinée d'allogreffes et d'autogreffes cutanées employée au Centre des brûlés à 1'Hôpital Ruijin, affilié à 1'Université médicale II de Shanghai. Cette technique consiste à recouvrir la plaie de brûlure, après 1'excision des escarres, avec de larges feuilles d'allogreffe (peau de cadavre) percées de nombreux petits trous dans lesquels on insère de petits fragments de la propre peau du blessé prélevés sur le cuir chevelu et la plante des pieds. Dans ces conditions, la guérison se fait par la prolifération des cellules d'autogreffe et 1'élargissement progressif des pastilles d'autogreffe, tandis que 1'allogreffe rétrécit progressivement avec desquamations répétées. L'épiderme d'allogreffe et celui d'autogreffe sont alors fusionnés. Les deux phénomènes s'adaptent harmonieusement, si bien qu'à aucun moment, on ne voit de plaies granuleuses exposées. C'est le creeping replacement ou rejet modifié. Les aspects histologiques de telles greffes ont été étudiés en détail et les résultats ont été publiés. Mais quelle est la cause de la modification d'un tel rejet? Ce phénomène intéressant n'a pas encore été bien compris. On a pensé à divers aspects du système immunitaire. L'évidence récente indiquerait qu'une dysfonction des cellules T pourrait modifier le rejet des allogreffes après la greffe combinée.

Pour étudier la cause immunologique du rejet modifié après les greffes combinées, une recherche expérimentale in vitro utilisant un modèle de culture mixte d'autolymphocytes et de cellules d'allo-épiderme a été effectuée. Pour imiter la greffe combinée en clinique, nous ajoutons les cellules d'auto-épiderme dans la culture mixte. Nous avons obtenu trois résultats principaux :

  1. La prolifération d'autolymphocytes en réponse à la stimulation des cellules d'allo-épiderme a été remarquablement diminuée lorsque les cellules d'auto-épiderme ont été ajoutées à la culture mixte (MELR). Le fait suggère que les cellules d'auto-épiderme jouent le rôle de « down » dans 1'alloréaction. L'activité d'inhibition a été réduite lorsqu'on a traité les cellules d'auto-épiderme avec la chloroquine. Cela signifie que 1'effet inhibiteur des cellules d'auto-épiderme était la conséquence d'un processus de reconnaissance et de présentation indirecte d'antigènes allogéniques.
  2. En analysant les deux types d'APC présents dans les cellules d'épiderme, on a découvert des kératinocytes à la place des cellules de Langerhans, provoquant cet effet inhibiteur immunitaire local.
  3. L'étude de certaines cytokaines sécrétées par TH1 et TH2 dans la culture mixte (MELR) indique que 1'activité des cellules TH2, en sécretant IL-4 et IL-10, supprimerait celle des cellules TH1.