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La nutrition : prévention au menu
Dr Elisabeth Rousseau, m.d.
À l'issue de cette présentation, le participant sera en mesure de:
On ne saurait trop rappeler l'importance des enjeux fondamentaux qui se jouent à ces âges.
Pour la plupart des jeunes d'âge scolaire, cette période de leur vie sera vécue de façon harmonieuse; mais d'autres, par leur comportement à risque compromettront leur santé, leur croissance et pourront présenter des problèmes nutritionnels spécifiques. BESOINS ÉNERGÉTIQUES Ceux-ci varient suivant le sexe des individus, la taille, le stade pubertaire et le niveau d'activité physique. Il est important de souligner que les besoins caloriques recommandés sont des moyennes pour des groupes particuliers. Comme les individus ont des besoins qui varient à + 30% des moyennes, il faut donc déterminer avec précaution les besoins particuliers de chaque individu. Quoiqu'il en soit, c'est durant la puberté que les besoins nutritionnels totaux pour tous ces jeunes seront les plus élevés, comparativement à toute autre période de la vie (tableaux 1 et 2, 3, 4). Besoins en macronutriments Les protéines constituent 12 à 14% des besoins caloriques journaliers. Leur augmentation va de pair avec les besoins caloriques totaux, surtout chez les garçons. Toute réduction de ces apports, qu'ils soient en terme de calorie et/ou de protéine, entravera le processus de croissance normale, donc est fortement déconseillée. Les graisses, dans une diète normale bien équilibrée, devraient correspondre à 30% des besoins caloriques, avec un pourcentage en graisses saturées n'excédant pas 10%. Les jeunes rencontrent très certainement les recommandations officielles. Par contre, la diète de l'adolescent typique contient approximativement 37% des calories sous forme de lipides, avec 13% sous forme de graisses saturées. Quand on sait l'importance des variations du lipidogramme sur la genèse de l'athéromatose, on peut être inquiet des facteurs de risque qu'encourent certains jeunes en mangeant très gras. A l'inverse, certain(e)s adolescent(e)s et préadolescent(e)s limitent à l'extrême leurs apports graisseux, réduisant par-là même leur apport énergétique, donc compromettant leur croissance ultime. Les glucides, eux, devraient représenter 55% des calories ingérées, sous forme d'aliments riches en hydrates de carbone, en fibres, provenant essentiellement des fruits, des légumes, des céréales et des graines. En réalité, la diète typique des jeunes est sous-représentée en ces aliments, avec par contre, une surconsommation de sucres simples (boissons et desserts sucrés, bonbons...). Quand on vise à promouvoir une bonne nutrition, cela implique en pratique d'augmenter dans la diète de tous les jours, l'apport en hydrates de carbone, de limiter les graisses et d'aller avec modération dans les portions alimentaires. Tableau 1 APPORTS JOURNALIERS RECOMMANDÉS À LA PRÉADOLESCENCE
Tableau 2 BESOINS VITAMINIQUES JOURNALIERS À LA PRÉADOLESCENCE
Tableau 3 APPORTS RECOMMANDÉS EN MACRONUTRIMENTS ET MINÉRAUX.
Tableau 4 APPORTS RECOMMANDÉS EN VITAMINES.
A=RE/équivalent rétinol; b=besoins augmentés de 50% chez les fumeurs; c=NE/équivalent niacine= Besoins en micronutriments : sels minéraux et vitamines Deux minéraux ont toute leur importance durant la croissance. Pour les autres (phosphore, zinc, iode...), si la diète est bien équilibrée, on ne devrait pas observer de déficiences quelconques. Le calcium Les recommandations officielles se situent entre 700 et 1300 mg de calcium / jour, à ces âges. Ceci représente en pratique, 3 à 4 portions à consommer par jour, de produits laitiers ou équivalents, tels que saumon, sardines, légumes verts, amandes, pour ne citer que les principales sources calciques. Les campagnes de publicité encourageant la consommation de produits laitiers ont eu incontestablement des retombées positives sur le comportement des jeunes principalement les garçons, les jeunes filles étant plus réticentes pour des questions de poids, donc d'esthétique. Le fer Chez tous les jeunes quel que soit leur sexe, les besoins martiaux sont majorés surtout à l'adolescence : pour les garçons, en raison de l'augmentation de la masse musculaire et de l'expansion du volume sanguin, pour les jeunes filles en rapport avec la croissance, les pertes menstruelles et pour certaines d'entre elles, en raison, des restrictions alimentaires qu'elles s'imposent. L'absorption du fer est influencée par différents facteurs, incluant l'âge, le status martial préexistant, l'état de santé, le niveau sportif. La biodisponibilité du fer ingéré est bien plus grande quand il s'agit de fer d'origine animale (23 à 35% de biodisponibilité pour la viande rouge, la volaille, les poissons), contre 2 à 10% pour le fer d'origine végétale (légumineuses, légumes verts, céréales enrichies ). Les études faites sur l'état nutritionnel des jeunes ont révélé que les apports en fer des jeunes filles sont souvent marginaux, 25% d'entre elles ayant des stocks bas en fer, même si la prévalence de l'anémie, en tant que telle, est faible. Ceci est particulièrement vrai pour les groupes socio-économiquement défavorisés. Les recommandations officielles encouragent la consommation de fer, 10 à 13 mg par jour, sachant qu'on retrouve dans une diète normale en moyenne 5 à 6 mg de fer pour 1000 calories ingérées. En pratique, de saines habitues alimentaires impliqueraient d'inculquer, très tôt chez les jeunes, le goût de prendre un bon petit déjeuner, représentant environ 25% des calories de toute la journée qui incluerait des céréales « fortifiées » (4 mg de fer sont fournis par portion prise), un fruit ou un jus de fruit, excellentes sources en vitamine C, qui est reconnue pour augmenter l'absorption du fer. Les vitamines Les besoins de la plupart des vitamines augmentent avec le pic de vélocité de croissance. Ainsi la croissance osseuse exige davantage des vitamines D, A et C, la maturation et le processus de synthèse tissulaire rapide demandant plus d'acide folique et de vitamine B12. Normalement toutes les vitamines sont bien représentées dans une diète normale, comprenant des produits laitiers, de la viande, des poissons, des légumes et des fruits. HABITUDES ALIMENTAIRES ET MODES DE VIE DES JEUNES Autant les garçons veulent grandir et prendre du poids et des muscles, autant les filles veulent quasi universellement maigrir. Comme médecin, on peut être soucieux du comportement alimentaire qu'adoptent bon nombre d'adolescentes. La pression sociale pour être mince est grande et l'insatisfaction de leur corps l'est également, avec comme résultante que bien des repas sont facilement sautés. Or, de plus en plus de repas sont pris à l'extérieur, les parents n'ayant plus leur mot à dire, dans des cafétérias d'école, fast-foods, restaurants..., ce qui en soit n'est pas une mauvaise chose, si les choix alimentaires sont adéquats. Il est donc du ressort du corps médical d'informer les jeunes sur la valeur d'une bonne nutrition pour leur santé. Dans les comportements alimentaires restrictifs qui touchent principalement les filles, on retrouve des adeptes d'un végétarisme strict. Mal équilibrés, ces régimes sont hasardeux pour la santé des jeunes et n'amèneront pas tous les nutriments nécessaires à une croissance optimale. Dans ces cas, on s'aideras des conseils d'une diététicienne pour supplémenter la diète. EN CONCLUSION Les besoins nutritionnels durant cette phase de la vie sont fonction du stade de croissance et de maturation où le jeune se trouve. A ces facteurs communs s'ajoutent des besoins particuliers qui varient grandement d'un individu à l'autre, suivant son bagage génétique, son état de santé, ses croyances culturelles, son implication sportive...Standardiser nos recommandations à tous les jeunes, nous ferait faire des erreurs d'appréciation comme clinicien. Il est donc important de personnaliser nos conseils, afin de promouvoir de saines habitudes alimentaires et de se faire le chantre du « poids-santé ». On diminuerait ainsi les risques de certaines maladies, dont on sait que les débuts commencent aux âges pédiatriques (obésité, diabète de type II, ostéoporose, certaines formes de cancer, de maladies dégénératives, l'artériosclérose), ou de déviances des comportements alimentaires, telles que l'anorexie, la boulimie. Nous devrions rappeler, si possible, à chacune des visites médicales les cinq commandements suivants, qui font partie de ce qu'on appelle la guidance anticipatoire:
Avec cela, nous devrions avoir des jeunes en bonne santé et une relève en forme et si possible heureuse, pour affronter les défis du XXIe siècle. |
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