Parution : septembre-octobre 2009

Ce mystérieux monde du placement... 

Par L. Conrad Pelletier, M.D., MBA


Constituer un portefeuille de placement (suite)
Outre le contexte économique, plusieurs facteurs individuels entrent en ligne de compte pour établir un portefeuille qui réponde aux besoins et à la situation d’un individu et dont devrait tenir compte tout conseiller financier. On peut définir cinq critères personnels de placement qui influencent la nature du portefeuille.

Le Dr L. Conrad Pelletier
La tolérance au risque – Probablement le critère personnel le plus important, il exige de l’investisseur de bien connaître ses réactions émotives quant au risque. Si votre portefeuille vous empêche de dormir, si vous craignez de faire face à la moindre perte de capital, si les oscillations des marchés boursiers vous insécurisent, vous n’êtes pas fait pour le marché des actions. Tenez-vous-en à des placements plus sécuritaires et acceptez un rendement moindre pour jouir d’une plus grande paix de l’esprit. Par contre, si votre goût du risque ne connaît point de limite et que vous vous sentez toujours invincible… alors méfiez-vous de vous-même : vous êtes un danger pour votre propre sécurité financière.

L’âge et l’horizon temporel – Ces deux facteurs sont intimement reliés. Évidemment, le contenu du portefeuille variera en fonction de l’âge : plus on est jeune, plus on peut se permettre un niveau de risque élevé parce que le temps jouera en notre faveur, ce qui n’est plus le cas lorsqu’on approche de la retraite, les besoins de décaissement étant alors plus immédiats. Comme les placements boursiers doivent toujours être envisagés dans un horizon de long terme (de cinq ans et plus) pour en réduire le risque, il faut donc tenir compte de ses besoins financiers futurs. Par exemple, il serait mal avisé de placer dans des actions le capital accumulé pour effectuer ses versements provisionnels d’impôts, puisque le décaissement se fera dans les trois à quatre mois. Un tel placement comporterait un niveau de risque trop élevé.

Les besoins de liquidités actuels et futurs – Il faut tenir compte de ses besoins en liquidités à court et moyen terme avant de décider du type de placement à effectuer. Pour rencontrer de tels besoins, il vaut mieux utiliser des véhicules de placement qui protègent le capital, même si le rendement est moindre, comme des bons du Trésor, des certificats de dépôt ou des comptes bancaires à taux élevé devenus de plus en plus courants dans les institutions financières. Bien souvent, ces derniers offrent un taux supérieur au rendement des bons du Trésor et la plupart sont accessibles sans frais par transactions sur Internet. Pour des besoins de liquidités dans les douze à dix-huit mois, une alternative serait une obligation venant à échéance entre un an et un an et demi.

Les objectifs de placement et le rendement espéré – Avant de constituer son portefeuille, il faut aussi préciser ses objectifs de placement et évaluer le rendement requis pour les atteindre. Est-ce en vue d’une retraite anticipée, disons à 55 ans, ou pour l’achat éventuel d’une propriété dans 5 à 10 ans ? Ou encore est-ce pour arrêter progressivement de travailler entre 65 et 70 ans, tout en maintenant le même rythme de vie que présentement ? En déterminant ainsi les objectifs, on peut alors calculer le montant de capital nécessaire et le rendement requis pour y parvenir. Les deux erreurs les plus fréquentes consistent à sous-évaluer le capital nécessaire et à surévaluer le rendement envisagé, avec comme résultat que l’objectif ne peut être réalisé. Un taux de rendement moyen raisonnable pour le marché boursier se situe autour de 7 % par année, sur un horizon de quelques années.

La capacité d’épargne – La plupart des investisseurs insistent beaucoup sur le rendement de leurs placements pour l’atteinte de leur objectif, alors que l’élément le plus important pour y arriver est la capacité d’épargner et la discipline pour le faire régulièrement, et ce, tôt pendant la vie active. C’est la meilleure garantie de parvenir à l’indépendance financière et à la réalisation des objectifs envisagés, bien avant le rendement des placements.