La détermination au service de la communauté
Entre Colette Julien, femme au parcours multiple, et Robert Hayes, avocat, la complicité se tisse depuis une dizaine d’années déjà. D’ailleurs, elle est palpable. Surtout lorsqu’ils évoquent avec humour leur rencontre. C’était à l’Accueil Bonneau, où tous deux servaient les repas en tant que bénévoles : « J’ai toujours eu du flair quand je rencontre les gens! » raconte Mme Julien, qui avait à ce moment-là l’idée d’un grand projet. Mais pour ce faire, il lui fallait un avocat. Elle a vite saisi l’occasion que le destin lui présentait. « Elle m’a parlé de son projet. Moi, j’ai dit oui tout bonnement, pour m’en débarrasser! Et voyez, elle me harcèle depuis dix ans! » ajoute Me Hayes en riant, un coup d’œil taquin vers sa collègue.
Cette idée de créer une maison de soins palliatifs à Laval, Colette Julien la couvait depuis un moment, depuis qu’un cancer du cerveau avait emporté sa sœur de 40 ans. « J’avais visité
la Maison Michel-Sarrazin
, à Québec. J’ai trouvé l’endroit tellement extraordinaire que je me suis dit qu’il nous fallait un endroit comme celui-là à Laval! » s’exclame cette citoyenne depuis toujours impliquée dans de nombreuses causes sociales.
Entre deux repas servis aux démunis, Robert Hayes suggère distraitement à Colette Julien de passer discuter à son bureau. « Elle y était la semaine suivante! Nous avons parlé et reparlé du projet, le dessinant tranquillement au rythme des étapes à franchir », se souvient l’avocat, aussi dévoué envers sa communauté que sa partenaire. De longues heures de bénévolat les attendaient.
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La Maison de soins palliatifs de Laval
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À la recherche du financement
Colette Julien et Robert Hayes ont d’abord fait la tournée des établissements de ce type, afin d’étudier l’offre existante et de peaufiner leur plan. Ils ont exploré les terrains disponibles, à l’affût d’un lieu qui saurait accueillir leur projet et offrir le calme désiré. Ils ont également dû rechercher le financement, une tâche difficile et lourde. « Nous n’avions aucun réseau, aucune ressource pour nous aider à faire une campagne de financement », confie M
e Hayes, « mais en 2003, grâce à un contact, nous avons rencontré Alain Bouchard, président et fondateur de l’entreprise Couche-Tard. » Les deux alliés ont réussi à le convaincre de participer à leur projet. Résultat : un don d’un million cent mille dollars avec lequel le terrain a pu être acheté.
Si
la Maison, avec ses coûts de quatre millions et demi, est aujourd’hui presque achevée l’ouverture est prévue pour la fin octobre , les questions d’argent sont loin d’être réglées. Selon les calculs, le coût annuel d’un lit s’élève à cent trente-cinq mille dollars, dont soixante mille seront assurés par des subventions. « Il nous reste donc soixante-quinze mille dollars par lit à trouver pour boucler le budget;
la Maison
comptera douze lits, faites le compte! » avance Robert Hayes, également président du conseil d’administration. Neuf cent cinquante mille dollars qui dépendront des campagnes de financement, afin d’offrir l’entière gratuité aux malades qui pourront bénéficier de ce dernier séjour à
la Maison
de soins palliatifs. Les fondateurs comptent sur plusieurs activités, dont de nombreuses simples et accessibles à tous, comme ce souper spaghetti qui aura lieu dans quelques semaines, afin de sensibiliser la population lavalloise. « Évidemment, tous les dons sont bienvenus! » clame Me Hayes, le regard bienveillant.
La chaleur humaine avant tout
Parce que le sens même de soins palliatifs est de soulager la douleur, et non de guérir une maladie, les fondateurs de
la Maison
de Laval se sont donné comme principe fondamental la création d’une atmosphère paisible, d’un lieu qui saurait dégager la sérénité d’une fin de vie apprivoisée. D’une voix posée, Robert Hayes expose le contexte : « C’est le malade lui-même qui doit faire la demande pour venir chez nous, il doit donc être conscient de sa situation, être résigné à mourir. » L’équipe soignante est présente pour l’accompagner sur ce chemin qu’il lui reste à parcourir, intense et bouleversant.
C’est pour répondre à cette philosophie que la construction a été pensée, de sorte à se distinguer d’un hôpital. « On ne voulait pas de grands corridors froids et impersonnels. C’est une maison de type familial, avec quatre sections qui donnent chacune sur des chambres orientées en direction de
la Rivière-des
-Prairies et équipées de divans-lits pour accommoder les proches. Les malades peuvent décorer leur chambre de leurs effets personnels, apporter leurs couvertures ou égayer le lieu de photos », détaille avec sensibilité Colette Julien, qui a elle-même combattu un cancer avec succès il y a peu de temps. Il s’agit, de toutes les manières possibles, de créer une chaleur humaine.
La Maison
de soins palliatifs de Laval se veut un complément aux services déjà offerts, choix entre l’hôpital et la résidence du malade.
À quelques semaines de l’aboutissement de ce projet de longue haleine, les deux partenaires avouent leur fébrilité. Ils souhaitent surtout trouver les fonds qui permettront à
la Maison
de bien vivre et espèrent également l’engagement d’autres âmes bénévoles qui continueront de dynamiser cette œuvre humanitaire. Une invitation à la relève...