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Parution : septembre-octobre 2009
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L'École de médecine du Nord de l'Ontario |
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Par Claudine Auger |
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« Une école du Nord, par le Nord et pour le Nord », un slogan concis et clair. Ce slogan décrit à la fois d’où est parti le projet et à qui il s’adresse. Lorsque l’on vit une pénurie aussi importante de médecins généralistes il en manquait environ 400 lors de l’inauguration du projet en 2004 , des solutions radicales s’imposent. Cette communauté du nord de l’Ontario, avec ses caractéristiques distinctes, a choisi de créer une école de médecine à part entière, en partenariat avec l’Université Lakehead et l’Université Laurentienne, en visant un cours spécifiquement adapté aux réalités des différentes collectivités qui se partagent le territoire. Bref, une médecine de terrain. Et la mise sur pied du projet a été confiée au Dr Roger Strasser, doyen fondateur de l’École, un Australien expert de la médecine rurale. Pionnière en son genre, l’École de médecine du Nord de l’Ontario (EMNO), qui a accueilli ses premiers étudiants en 2005, s’est donné la mission particulière de former des médecins qualifiés pour pratiquer en région. Selon les explications du Dr Strasser, la médecine rurale est adaptée à certaines conditions bien distinctes : des services moins spécialisés et un accès restreint aux collègues spécialistes, une technologie moins accessible, un territoire géographique plus vaste à couvrir. Bref, comme le souligne le doyen de l’EMNO : « Les médecins ruraux doivent faire plus avec moins de ressources et démontrer une grande autonomie, puisqu’ils ne sont pas entourés d’une équipe. » Le généraliste qui pratique dans cette situation suit ses patients de la clinique à l’hôpital, seul responsable ou presque des soins. Un spectre culturel unique En effet, dans cette région éloignée de l’Ontario, où se côtoient communautés anglophones, francophones et autochtones, les professionnels de la santé doivent s’adapter aux différences culturelles propres à chacune, les approcher dans leur langue, apprivoiser et respecter leurs codes et leurs besoins particuliers. Plus encore, les communautés francophones et autochtones du nord de l’Ontario sont en général en moins bonne santé : par son programme d’études, l’EMNO outille ses étudiants en médecine pour faire face à cette situation et y répondre avec les meilleures ressources disponibles. Un des objectifs consiste à prodiguer des soins dans leur langue aux communautés francophones : l’EMNO offre certains cours en français afin que les étudiants puissent développer le vocabulaire approprié. À l’EMNO, 9 étudiants sur 10 sont originaires du nord de l’Ontario. L’École favorise également les étudiants franco-ontariens et accueille environ 20 % de francophones. Au total, près des deux tiers des étudiants parlent le français, mais tous doivent rédiger leurs examens en anglais. De plus en plus, l’institution cherche à offrir des cours et des stages en français. Un passage formateur à l’EMNO « Puisque nous étions les premiers étudiants accueillis par l’EMNO, le cursus se dessinait au fur et à mesure, selon nos besoins. Nous avions un grand pouvoir d’influence et j’ai été surpris de constater à quel point l’École a écouté nos commentaires en ajustant son programme », déclare sans plus de détour le jeune résident, qualifiant son expérience d’incroyable. M. Roy a évidemment apprécié la chance d’étudier la médecine partiellement en français, sans quitter ses racines ni ses proches. « Quel avantage d’être si rapidement intégré à une équipe clinique dans la communauté! Et quel apprentissage que celui de travailler dans un centre sans spécialistes, sans ressources abondantes! On développe la débrouillardise... » confie Marc-André Roy, fort d’une bonne expérience sur le terrain et de nombreuses heures d’analyse et de discussion entre étudiants à propos de cas propres à un environnement rural. « Si j’avais choisi la médecine familiale, je me serais senti prêt pour la pratique rurale, j’aurais dit oui sans hésiter! » Mais M. Roy opte pour l’anesthésie, une spécialité pour laquelle l’EMNO l’a également très bien préparé, selon ses dires, même si elle s’ajuste moins bien à ce type de pratique vu la nécessité d’une équipe chirurgicale. Quelle que soit la voie qu’il choisira, une évidence s’impose : le Dr Roy, désormais entièrement conscient des conditions de pratique en région, saura d’une manière ou d’une autre en faire profiter sa communauté. |