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Parution : mai-juin 2009
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Le Dr Claude Hémond et le Centre de réadaptation Estrie |
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Par Claudine Auger |
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Le Dr Hémond, jeune omnipraticien, partagera son temps entre la Clinique médicale de Bromptonville, à laquelle il est encore associé, et le centre hospitalier Hôtel-Dieu de Sherbrooke, aujourd’hui le Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS*) où il fait de tout sauf des accouchements. En outre, il se joint aux équipes du Centre Estriade ainsi que de l’Institut universitaire gériatrique de Sherbrooke, où il se familiarise avec les soins de longue durée. Il assume également de nombreuses fonctions administratives. Au milieu des années 1990, la fusion de différents établissements hospitaliers de Sherbrooke crée une période tumultueuse. L’intégration des différentes cultures est intense et particulièrement difficile. Le Dr Hémond, alors chef de département de médecine hospitalière et qui est à ce titre le seul à ne pas enseigner, un détail qui pouvait chatouiller dans un nouveau contexte universitaire, essaie tant bien que mal d’harmoniser des missions privées et d’enseignement. Mais au bout de trois ans, usé par ces visions qui semblent inconciliables, il quitte le CHUS. À cette même époque, par l’intermédiaire d’un collègue, il propose ses services au Centre de réadaptation Estrie (CRE) où il pratique encore actuellement, animé par un enthousiasme contagieux. Président du conseil des médecins, dentistes et pharmaciens (CMDP) de l’établissement et médecin responsable de l’unité de réadaptation fonctionnelle, il participera à l’accréditation Planetree du CRE. Homme de cœur et médecin d’une grande générosité, il est devenu un ambassadeur de la philosophie d’humanisation des soins prônée par Planetree, organisme encore peu connu au Québec. Le Dr Hémond a reçu, en octobre 2008, l’un des Physician Champion Awards de Planetree, prix remis aux personnes qui se distinguent par leur dévouement à offrir des soins et des services de santé personnalisés et par leur autorité à transmettre une telle philosophie.
Avant de se joindre à l’équipe du CRE, le Dr Hémond avait toujours travaillé dans un monde majoritairement masculin, entre collègues médecins. Là, l’homme particulièrement timide qu’il est fondamentalement a peu à peu pris de l’assurance, devenant même un véritable combattant. « Jeune, jamais je n’aurais cru pouvoir travailler ainsi auprès des gens. Je me voyais plutôt dans un laboratoire de recherche! Je suis gêné mais aussi très passionné par mon travail. Alors, je suis direct, et parfois incisif! J’ai développé une sorte d’armure qui empêchait les autres de me rentrer dedans! » confie Claude Hémond. Puis, il est arrivé au CRE, géré et habité par un personnel féminin. Le choc culturel fut immense. « J’étais estomaqué de constater que je faisais peur! L’adaptation a été longue et pénible. Je devais m’approprier un nouveau mode de fonctionnement. Cela m’a pris cinq ans! » avoue-t-il en riant. Il concède que si ce nouveau milieu, une fois apprivoisé, est plus facile, car moins agressif, les mesquineries plus courantes engendrent souvent un climat malsain. D’ailleurs, il n’était pas le seul à souffrir de ces tensions subtiles, peu favorables à la rétention des employés du CRE. Heureusement, la direction, soucieuse de revitaliser l’atmosphère de travail de l’organisme, a réagi avec efficacité. Quant au Dr Hémond, s’il est toujours prêt à défendre avec la même intensité ses valeurs et les projets qui lui tiennent à cœur, il a appris à nuancer les situations, à tirer profit d’une attitude pondérée et à adapter ses stratégies selon l’univers qu’il côtoie. Changement de cap au Centre de réadaptation Estrie La philosophie de l’organisme américain Planetree, dont elle avait vaguement entendu parler, a instantanément piqué la curiosité de la direction du CRE. Assez pour qu’elle assiste au congrès annuel, en 2003. Une curiosité qui s’est rapidement transformée en intérêt réel et enthousiaste, en désir concret de s’intégrer au mouvement. Heureux de voir s’ouvrir la voie au Québec, Planetree a même facilité l’accès du CRE à son regroupement en minimisant les coûts annuels d’adhésion, exorbitants pour une petite entreprise. Ayant trouvé la semence d’une nouvelle approche qui dynamiserait son contexte de travail, la direction, et à sa suite les employés du CRE, s’est mise au travail avec acharnement. Les valeurs de l’organisation ont été analysées, scrutées et revues avec minutie. Un long travail de réflexion et de réaménagement qui, au bout de trois années, a permis au CRE d’être accrédité par Planetree en 2008. « Devenir Planetree est un processus en soi. C’est la réflexion qui compte, le désir de changer les choses, de faire autrement », explique le Dr Hémond en soulignant que la philosophie Planetree est très peu connue du milieu médical. D’ailleurs, ajoute l’ambassadeur, ses collègues se moquent encore régulièrement de lui. « L’humanisation des soins, c’est quoi ça ? me demandent-ils, un sourire en coin », rapporte le Dr Hémond, pour qui la taquinerie confirme l’importance de faire connaître Planetree. Depuis qu’elle a été adoptée par le conseil d’administration du CRE le 13 avril 2005, la philosophie de gestion du centre de réadaptation guide chaque geste, chaque projet, incrustée comme une seconde peau : « Investir son cœur et son esprit pour faire la différence auprès de la personne dans son individualité et sa globalité ». Et pour soutenir cette approche, cinq principes directeurs encadrent les actions des employés du CRE :
Ces principes s’incarnent dans une variété étonnante de gestes concrets au quotidien dont le plus ambitieux demeure un délai d’attente zéro. « C’est le défi que nous nous sommes donnés et nous tenons le pari! Vous nous appelez, nous avons une place pour vous le lendemain! » clame avec fierté le Dr Hémond.
*Le CHUS actuel est le fruit du regroupement, en 1995, du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke, de l’Hôtel-Dieu de Sherbrooke, de l’Hôpital Saint-Vincent-de-Paul de Sherbrooke et des soins de courte durée du Sherbrooke Hospital. |