| Parution: mars-avril 2008 |
| Ce mystérieux monde du placement... |
| Par L. Conrad Pelletier, MD, MBA |
![]() Le Dr L. Conrad Pelletier |
Les actions. Après les titres de dette que sont les obligations, examinons maintenant les titres de participation que sont les actions. Débutons avec les actions privilégiées, qui s’apparentent d'une part aux obligations en ce qu’elles procurent un revenu annuel fixe (dividendes) sans comporter de droit de vote, et d'autre part aux actions ordinaires en ce que le défaut de paiement du dividende n’entraîne pas la faillite de l’entreprise.
L’action privilégiée est comme une perpétuité dans la plupart des cas, parce qu’elle n’a pas de fin déterminée. Son prix est influencé par l’évolution des taux d’intérêt et, comme pour les obligations, évolue inversement au changement de taux. Le dividende est payable quatre fois par année; pour le recevoir, l’investisseur doit détenir l’action jusqu’à une date prédéterminée avant celle du versement du dividende : la « date ex-dividende ». Entre cette date et celle du versement, l’action peut être vendue et le dividende sera quand même versé au vendeur.
Les actions privilégiées peuvent comporter des conditions. Le dividende peut être cumulatif s’il n’est pas versé à la date où il est dû. L’action peut aussi être rachetable, ce qui lui donne une durée de vie déterminée, ou convertible en actions ordinaires à un taux de conversion prédéterminé. L’action privilégiée peut également comporter un rang de priorité de remboursement en cas de difficulté financière de l’entreprise : ce sera l’action privilégiée de premier rang.
L’avantage du dividende sur les intérêts, c’est qu’il bénéficie d’un taux d’imposition inférieur. Le dividende est imposé au taux marginal de 29,7 % au lieu de 48,25 % pour les intérêts. Le taux du dividende multiplié par 1,36 donne son équivalent en intérêts; un dividende de 5 % équivaut donc à un taux d'intérêt de 6,80 %. Ce traitement fiscal avantageux vise à éviter la double imposition du revenu étant donné que l’entreprise qui verse le dividende a déjà payé un impôt sur ses revenus auparavant.
L’action ordinaire est une participation à la propriété de l’entreprise et de ce fait comporte un droit de vote. Ce droit peut être subalterne, c’est-à-dire inférieur à d’autres actions ayant un droit de votes multiples. Ces dernières ont été imaginées pour protéger la propriété de l’entreprise en donnant aux actionnaires principaux un contrôle majoritaire sur les actions votantes.
La valeur des actions ordinaires représente la valeur boursière de l’entreprise en fonction de ses bénéfices, ses actifs et son encaisse. Que fait l’entreprise avec ses profits? Elle paie des dividendes à ses actionnaires ou bien elle conserve son capital pour assurer sa croissance. Ce sont donc les bénéfices qui déterminent en bonne partie l’évaluation du coût de l’action. Comment estimer celui-ci? On utilise le rapport cours de l’action/bénéfices par action (C/B). Une action dont le prix est de 5 fois le bénéfice par action (rapport C/B = 5/1) est moins chère que lorsque son prix a un rapport de 7/1. À l'inverse, le rapport B/C donne le rendement de l’action, qui serait alors de 1/5 ou 1/7, soit 20 % et 14,29 % respectivement.]