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Parution: mars-avril 2008
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La santé en francophonie canadienne |
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|
![]() Le Dr Aurel Schofield |
L’établissement du Centre de formation médicale du Nouveau-Brunswick (CFMNB) est la suite logique d’une série d’évènements et de circonstances favorables à sa création. Il représente l’aboutissement de plusieurs années d’efforts collectifs visant à répondre aux besoins en matière de santé des communautés francophones du Nouveau-Brunswick vivant en milieu minoritaire.
Il y a plus de 25 ans, les gouvernements du Québec et du Nouveau-Brunswick ont convenu d'une entente en vertu de laquelle le Québec s'engageait à assurer la formation de professionnels de la santé en langue française. L’entente comprenait entre autres la formation de médecins qui, après obtention de leur diplôme, reviendraient pratiquer au Nouveau-Brunswick. Or, depuis 1996, l'Université de Sherbrooke accueille 75 % des étudiants en médecine du Nouveau-Brunswick. Ce pourcentage représente (depuis 2003) 24 des 30 étudiants prévus dans l'entente, les 6 autres étant accueillis par les facultés de médecine de l'Université Laval et de l'Université de Montréal.
La formation en médecine aux niveaux prédoctoral et postdoctoral, offerte au départ entièrement dans les locaux de la faculté de médecine et des sciences de la santé (FMSS) de l'Université de Sherbrooke et de son réseau d'établissements affiliés, a été progressivement implantée au Nouveau-Brunswick. En ce qui a trait aux stages de formation clinique, la délocalisation a été possible grâce à la mise en place du Programme de formation médicale francophone du Nouveau-Brunswick qui a agi comme structure de développement et de coordination locale.
Dès 1981, la formation en médecine de famille s’est mise en place. L’implantation des stages de formation clinique dans les établissements de santé du Nouveau-Brunswick a permis aux étudiants de compléter l'ensemble de leur formation de deux ans au Nouveau-Brunswick, et ce, depuis 2001.
Au niveau prédoctoral, les étudiants du Nouveau-Brunswick inscrits à la FMSS de Sherbrooke peuvent faire leurs stages de formation clinique de 1re et de 2e année, des stages d'externat en médecine de famille (1990), en gynécologie-obstétrique (1999), et en psychiatrie et pédiatrie (2005) dans leur province, et ce, dans plusieurs régions du Nouveau-Brunswick.
En 1980, les médecins francophones constituaient 18 % (n = 132) des effectifs de l’ensemble des médecins du Nouveau-Brunswick. En 1999, cette proportion a augmenté à 30 % (n = 299). Le ratio médecins francophones par population francophone est passé de 1 médecin pour 1 742 personnes à 1 médecin pour 791 personnes. La distribution et la rétention des médecins de famille se sont nettement améliorées pour l’ensemble de la province. En 1994, une étude révélait que parmi la cohorte des étudiants inscrits au programme, 90 % des diplômés en médecine de famille et 75 % de ceux en spécialités revenaient pratiquer au Nouveau-Brunswick. Une étude présentement en cours dévoilera les données récentes concernant les ressources humaines médicales francophones.
En termes de pertinence, le programme de formation médicale vise l’amélioration de l’état de santé de la population du Nouveau-Brunswick. En 1981, l’état de santé des francophones était moindre que celui de la population anglophone; cependant, une étude réalisée en 2005 a démontré qu'il est maintenant égal pour l’ensemble de la population. Somme toute, l’augmentation du nombre de médecins francophones et une meilleure distribution de ceux-ci ont amélioré l’équité des services de santé. Le taux de recrutement et de rétention élevé lié au programme, l’augmentation des pratiques de groupe ainsi que la formation de médecins polyvalents améliorent l’efficience. La qualité des soins s’est aussi nettement améliorée ainsi que la satisfaction des patients d’être adéquatement servis dans leur langue.
Malgré ces avancées majeures en matière de ressources humaines médicales, beaucoup reste à accomplir. La pénurie de médecins persiste, les soins de santé en français doivent être mieux orientés vers les besoins et certaines régions, comprenant les villes de Fredericton et de Saint-Jean, attendent toujours l’établissement de services de santé en français adéquats.
C'est dans ce contexte que s'inscrit la création du CFMNB en 2006. Tout compte fait, c’est grâce au partenariat entre l'Université de Sherbrooke et sa faculté de médecine et des sciences de la santé, le Programme de formation médicale francophone du Nouveau-Brunswick, l'Université de Moncton et les régies régionales de la santé à prédominance francophone (principalement la Régie régionale de la santé Beauséjour de Moncton) que l’on peut offrir le programme prédoctoral complet au Nouveau-Brunswick. Le programme est conçu pour 24 nouveaux étudiants par année.
La contribution des médecins francophones a été déterminante pour le succès de ce projet. La délocalisation a été motivée, d'une part, par l'augmentation du nombre des étudiants du Québec et, d'autre part, par la volonté de l’Université de Sherbrooke de maintenir et de poursuivre ses engagements envers le Nouveau-Brunswick afin de mieux répondre aux besoins de ce dernier en ressources médicales. Enfin, grâce à la vision, à la persévérance et au travail acharné de plusieurs personnes, la formation médicale pour les francophones au Nouveau-Brunswick a connu une évolution positive pour prendre la forme qu’on lui connaît aujourd’hui. En terminant, mentionnons que le Centre de formation médicale du Nouveau-Brunswick s’est mérité en 2007 le prix AcadieQuébec.]
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