| Mot du président Population vieillisante : les soins de longue durée 2e partie |
Parution: janvier 2008
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![]() |
![]() Le Dr Jean-Marie Martel |
Dans la première partie de cette série de deux articles, publiée en décembre 2007, je vous présentais brièvement les problématiques vécues par les médecins et les services médicaux auprès des clientèles soignées en CHSLD. Étant donné l’urgence de trouver des solutions concrètes, ce deuxième article présentera le cas du centre Saint-Georges, où je travaille en collaboration avec les Drs Louis Beaudoin, Raymonde Dupras et Johanne Plante. Le CHSLD Saint-Georges a décidé de remédier à une situation devenue presque intenable. Nous avons rencontré M. Alain Coulombe, directeur adjoint clinique aux soins infirmiers, pour faire le point. En plein cœur de Montréal, la cafétéria du CHSLD Saint-Georges s’ouvre sur un jardin intérieur magnifiquement entretenu. Ses 260 résidants, tout comme son personnel soignant, y trouvent sûrement là une inspiration à l’harmonie. Pourtant, comme tous les CHSLD, Saint-Georges fait face à de nombreux défis qu’entraînent inévitablement les soins de fin de vie, mais aussi le manque de ressources, les relations difficiles avec les collègues des soins de courte durée et les inquiétudes que vivent les familles des parents malades. Un CHSLD est un substitut de milieu de vie, comme le souligne Alain Coulombe. En ce sens, il implique une certaine liberté de décision du patient, ce qui peut engendrer des défis supplémentaires pour les équipes médicale et infirmière. |
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Dans les institutions de soins de longue durée du Québec, le malaise est grand. Alain Coulombe se rappelle qu’à son arrivée à Saint-Georges, il a rapidement aspiré à changer les choses. Il fallait apporter des solutions aux gestes concrets du quotidien : comment éviter des incidents catastrophiques causés par un manque de personnel infirmier durant la nuit, comment structurer efficacement l’équipe déjà en place et bénéficier d’aide supplémentaire, comment gérer l’approche particulière d’un personnel soignant teintée des mœurs de différentes collectivités tout en respectant les besoins des patients peu familiers avec ces coutumes... Un autre scénario courant vécu par le personnel des CHSLD met en scène une famille qui, épuisée par des semaines de présence régulière au chevet d’un parent mourant, demande d’accélérer le processus. Ne pouvant acquiescer à une telle requête, le personnel voit alors se rompre le délicat lien de confiance entre lui et la famille. Un lien pourtant primordial puisque la famille détient un grand pouvoir qui, lorsqu’il est mal orienté, nuit à tous les rouages de la prise en charge. La plupart de ces situations ont été facilitées par les mesures mises en place par le CHSLD Saint-Georges. En effet, la mise sur pied d’un comité d’éthique permet à l’équipe de Saint-Georges une organisation efficiente basée sur le travail en interdisciplinarité. L’équipe interdisciplinaire se rencontre régulièrement et assure désormais une collaboration qui permet à chacun une marge de manœuvre beaucoup plus large. La réussite de ce nouveau mode de fonctionnement est attribuable en grande partie au corps médical, qui a applaudi à cette initiative et accepté de déléguer de nombreuses tâches. Cette ouverture et ce soutien devraient servir d’exemple. Une fois enclenché, le processus en plus d’augmenter considérablement le niveau de qualité et la rapidité des soins, ce qui était l'objectif visé a entraîné une revalorisation du rôle des infirmières et infirmiers et de celui des gestionnaires. Reste le malaise lors des transferts en soins de courte durée, la pierre angulaire de la problématique, insiste Alain Coulombe. C’est là que le bât blesse. En plus d’être confronté à cette perception d’incompétence de la part des collègues des urgences, le personnel soignant des CHSLD doit affronter le manque de volonté évident de la part des directions d’hôpitaux. Le message est clair : on ne désire pas de cas de gériatrie. Comment engager une communication qui inciterait des alliances entre ces institutions aux vocations différentes et complémentaires? Le temps est venu de se rencontrer, de réfléchir ensemble à un réaménagement des structures qui permettrait enfin de synchroniser les services de soins de fin de vie. Une piste de solution serait, par la force d’une volonté politique claire de, définir une vocation gériatrique à un certain nombre d’hôpitaux du Québec. Si on y pense un peu, tout le monde en sortirait gagnant. |
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