|
Parution: septembre-octobre 2007
|
|
|
Ce mystérieux monde du placement... |
|
|
Par L. Conrad Pelletier |
|
|
Les obligations (suite). Les obligations corporatives peuvent comporter certaines conditions à l’émission. L’obligation peut être « rachetable » (redeemable) au gré de l’émetteur. Les entreprises sont généralement enclines à émettre de tels titres lorsque les taux d’intérêt sont élevés, de sorte qu’elles puissent racheter leur obligation au pair en cas de baisse des taux et faire une nouvelle émission à un coût d’intérêt inférieur. Votre risque, c’est de voir votre espoir déçu si vous comptiez sur un rendement élevé à long terme. L’obligation corporative peut aussi être « convertible » en actions ordinaires de la compagnie à un prix d’échange prédéterminé. Vous profitez alors de l’avantage de la croissance de la compagnie, qui se reflètera dans le prix de son action. Plus celui-ci augmentera, plus la valeur de votre obligation progressera également, générant un gain en capital équivalent. Toutefois, cet avantage a son pendant inverse si la croissance n’est pas au rendez-vous et que l’action baisse : la valeur de l’obligation baissera également, entraînant une perte en capital si vous devez la vendre en cours de route. Vous pourrez toujours la garder jusqu’à échéance pour recouvrer votre capital. |
|
Si les choses tournent mal et que la compagnie fait faillite, alors vous risquez de perdre votre capital au moins en partie sinon en totalité. L’avantage de l’obligation sur les actions, c’est qu’elle a préséance sur ces dernières à la liquidation. Cependant, il ne faut pas oublier que le remboursement des détenteurs d’obligations vient après celui des prêteurs privilégiés de premier rang, des impôts dus, des fournisseurs et sous-traitants et des sommes dues aux employés. D’où l’importance de choisir des entreprises solides financièrement, ayant une bonne cote d’évaluation, pour investir dans des obligations corporatives... Parce que c’est d’abord la sécurité du capital qui est visée dans ce type de placement.
Tous les titres d’emprunt obligataire procurent des revenus d’intérêts. Ils sont donc imposables à votre taux marginal d’imposition, qui en général est le taux le plus élevé, soit 48,25 %. Ceci est de beaucoup supérieur aux taux d’imposition des dividendes et des gains en capital. Il y a donc tout intérêt à placer ces titres dans des comptes à impôt différé, tels les régimes d’épargne-retraite et d’épargne-études, pour retarder le paiement des impôts et permettre aux revenus de s’accumuler à l’abri de l’impôt jusqu’à leur retrait. Ceci peut faire une différence énorme. Si, par exemple, vous achetez une obligation 10 ans de 10 000 $ à 5 % d’intérêt que vous capitalisez, alors à l’échéance vous aurez accumulé 16 386 $ dans un compte à impôt différé contre 12 820 $ si vous avez dû payer l’impôt marginal maximal chaque année. C'est une différence de près de 28 %! ]
L'auteur déclare qu'il n'a aucun conflit d'intérêts et qu'il ne participe à aucune commercialisation de produits financiers.
* Envoyez vos courriels adressés au Dr Pelletier à : diane@amlfc.ca
|
|
|||
| Article précédent dans ce Bulletin |
|
||