Parution: juillet-août 2007

Ce mystérieux monde du placement...

Par L. Conrad Pelletier
MD, MBA


Les obligations (suite). Revenons brièvement sur les taux d’intérêt. Généralement, le risque étant plus grand, les taux des obligations à long terme sont plus élevés que ceux des obligations à court ou à moyen terme, de sorte que la courbe de taux est ascendante. Il arrive parfois que cette courbe soit aplatie ou descendante, comme c’est le cas actuellement. Ceci signifie que le marché évalue le risque d’inflation à long terme comme minime ou absent. C’est en général un signe de ralentissement économique ou même de récession à venir.

Les obligations gouvernementales ou paragouvernementales sont toujours à terme, allant de plus d’un an à 30 ans. Plus les taux d’intérêt sont élevés, plus il y a avantage à opter pour des termes longs (de 10, 20 ou parfois même 30 ans) parce que si les taux viennent à baisser, le gain en valeur sera d'autant important que le terme est long. À l’inverse, si, comme maintenant, les taux sont bas, il faut choisir des obligations à moyen ou à court terme (5 ans ou moins) parce que la probabilité d'une baisse des taux est bien moindre que celle d’une augmentation éventuelle, auquel cas l’obligation perdra de sa valeur en cours de vie. Il vous faudra alors la garder jusqu’à échéance pour recouvrer votre capital en entier, c’est-à-dire y aller pour un rachat au pair (au prix d’émission). Mais ce faisant, il y a un coût d’opportunité que vous devrez assumer considérant qu’avec un autre placement vous obtiendriez un taux d’intérêt plus élevé.


Le Dr L. Conrad Pelletier

Certaines obligations sont dites à « taux réel de rendement ». Elles sont émises à un taux nominal d’intérêt auquel s’ajoute annuellement un ajustement en fonction du taux d’inflation. Elles vous protègent contre l’érosion de votre capital due à l’inflation et sont donc plus intéressantes si on anticipe un niveau d’inflation significatif.

Un autre mode de placement, qui a déjà été très populaire par le passé mais qui offre toujours un certain intérêt, est l’obligation à coupons détachés. Voici comment fonctionne ce placement. Le courtier achète une obligation gouvernementale et en détache les coupons d’intérêt. Il revend ensuite à ses clients l’obligation elle-même, sans coupons, et – séparément – la série de coupons d’intérêt. Le client achète ce produit avec un escompte sur sa valeur finale à terme. La différence entre le prix payé et la valeur perçue à l’échéance est le rendement obtenu. Par exemple : vous achetez une obligation fédérale 10 ans de 10 000 $ portant un intérêt de 5 % payable semestriellement dont les coupons sont détachés. Vous paierez cette obligation environ 6 200 $ maintenant pour la revendre 10 000 $ à l’échéance sans toucher de revenus dans l’intervalle. La différence constitue votre rendement en intérêts. Même chose pour celui qui achètera les coupons.

 L’avantage de ce placement, c’est de déterminer dès maintenant le montant que vous aurez dans 10 ans et de l’obtenir avec un déboursement initial moindre. Son inconvénient, c’est que vous devrez payer les impôts annuellement sur le rendement escompté, même si de fait vous ne touchez aucun versement d’intérêts en cours d’année. Ce placement est donc particulièrement bien adapté aux comptes à impôt différé, tels les régimes enregistrés d’épargne-retraite ou d’épargne-études. ] 


L'auteur déclare qu'il n'a aucun conflit d'intérêts et qu'il ne participe à aucune commercialisation de produits financiers.


* Envoyez vos courriels adressés au Dr Pelletier à : diane@amlfc.ca



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