Parution: juillet-août 2007

Parlez-vous franglais... en médecine ?

Par Serge Quérin, MD
Comité québécois d'étude du français médical


On ne peut pas tout contrôler

Un certain nombre de verbes bien français sont parfois employés en médecine dans un sens qu’ils n’ont, en réalité, qu’en anglais (anglicismes sémantiques ou faux amis). Dans le premier numéro de cette chronique, nous avions évoqué le cas de contrôler. Contrôler suppose l’idée d’une vérification, d’une surveillance; contrairement à l’anglais to control, ce verbe ne véhicule pas l’idée d’une influence dominante sur que lqu’un ou sur que lque chose.

On dit bien, par exemple, contrôler la radiographie pulmonaire d’un patient quand il s’agit de vérifier un examen précédent. Cependant, quand l’intervention va au-delà de la simple vérification ou surveillance (autrement dit, dans le cas d’un geste thérapeutique ou préventif, auprès d’un individu ou d’une population), il vaut mieux avoir recours à d’autres verbes : lutter contre la maladie; maîtriser, abaisser ou normaliser la pression artérielle, la fréquence cardiaque; soulager ou supprimer, ou encore enrayer, faire céder, soulager la douleur(ou tout autre symptôme); juguler une fièvre; traiter une infection; équilibrer un diabète.

Des remarques analogues s’appliquent à contrôle , que l’on peut souvent remplacer par l’un des substantifs qui correspondent aux verbes précédents (lutte , maîtrise , etc., bien que l’on dise correctement avoir le contrôle de soi-même), et à sous contrôle, expression calquée sur l’anglais under control, que l’on peut remplacer par maîtrisé(e) ou par une locution comme bien en main. ] 


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