Parution: mars-avril 2007

Parlez-vous franglais... en médecine ?

Par Serge Quérin, MD
Comité québécois d'étude du français médical


L'anglais exerce une forte influence sur le français médical, particulièrement au Québec. Cette nouvelle chronique, dont le titre est inspiré du célèbre essai de René Étiemble, a pour but de vous aider à identifier et à corriger les anglicismes qui parsèment la langue médicale. Pas de chasse aux sorcières ici: seuls le respect et l'amour de la langue française sous-tendront notre propos.

Les anglicismes les plus évidents sont des mots anglais employés tels quels en français, alors qu'il existe pourtant un équivalent dans notre langue: followup, pattern et training en sont quelques exemples. Parfois, un terme peut paraître français alors qu'il est employé avec une terminaison anglaise : c'est le cas, par exemple, de céfazolin. Le nom français de cet antibiotique se termine en -ine: céfazoline. Il en va de même des noms de la plupart des autres céphalosporines, de digoxine et d'autres noms de médicaments. Les « faux amis » constituent une troisième variété d'anglicismes. Ils sont plus insidieux

que les anglicismes déjà mentionnés : contrôler dans le sens de maîtriser, référer dans celui d'adresser ou de diriger (un malade) et beaucoup d'autres. Les anglicismes graphiques ne sont apparents qu'à l'écrit : ibuprofen au lieu de ibuprofène, gallop au lieu de galop, par exemple. Enfin, il existe des anglicismes syntaxiques: être sur un médicament, voici docteur Untel (sans article devant docteur).

Il faut cependant distinguer des anglicismes d'une part les emprunts de commodité et les emprunts de nécessité à l'anglais, qui sont rares; et d'autre part les québécismes d'emprunt, dont on peut dénombrer aisément une quarantaine d'exemples en médecine.

Nous reviendrons sur ces diverses catégories de termes dans les prochains numéros de cette chronique en discutant plus en détail d'exemples précis. ] 


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