Parution: janvier-février 2007

Nouvelles orientations du président

Par Jean-Marie Martel
Président de l'AMLFC


Depuis plus d’un siècle, l’AMLFC offre aux médecins francophones à travers le monde des outils qui facilitent leurs tâches. Association dont le dynamisme cherche toujours à se renouveler, elle vit, ces dernières années, une époque charnière. Ainsi, afin de rester compétitive et de continuer à servir ses membres de manière efficiente, l’AMLFC a entrepris, sous la présidence du Dr Jacques Étienne Des Marchais, une réflexion sur son mode de fonctionnement. Le résultat : une analyse approfondie qui a mené à l’élaboration d’un plan stratégique. Il me sera fort utile dans l’exercice de mes fonctions à la présidence de l’Association.

D’ailleurs, c’est durant cette démarche de réflexion, à laquelle j’ai participé en tant que viceprésident, que j’ai pu définir une vision claire de ce que devait être l’Association des médecins de langue française du Canada en ce début de 21e siècle. Voici, en quelques mots, les grands objectifs qui guideront mon mandat.

Consolider la structure organisationnelle

Cette priorité, vitale au bon fonctionnement de l’Association, englobe, d’une certaine manière parfois indirecte, la réussite des objectifs subséquents : consolider la structure organisationnelle par des politiques et procédures clairement définies.

En effet, depuis plusieurs décennies, l’AMLFC a été dirigée par des membres bien ancrés dans l’organisation qui en connaissaient les rouages presque intuitivement. Ces manières de faire sont à répertorier. Tant pour l’autonomie des nouveaux membres qu’elles guideront que pour l’économie de temps qu’elles permettront à tous, des politiques de base favoriseront l’uniformité au sein de la gestion de l’Association.


Le Dr Jean-Marie Martel

Déjà, j’ai entrepris de développer ce genre d’outils : un recueil officiel de la politique administrative et procédure de l’organisation de colloques internationaux et un document concernant les prix et bourses seront prochainement présentés aux membres du conseil d’administration. Ces outils, s’ils encouragent la cohésion et augmentent le taux de réussite des projets mis sur pied, ne sont toutefois pas immuables. Ils restent une référence.

Pour compléter la consolidation de la structure organisationnelle, je mettrai un effort particulier au développement des services aux membres. En fait, il s’agit ici d’entretenir nos relations avec des partenaires qui ont déjà fait leurs preuves, tels que Sogemec ou Malavoy, et de rechercher de nouveaux partenaires tout aussi solides et fiables.

Restructurer et stabiliser la permanence

Du premier objectif découle le suivant. En effet, les procédures établies nécessitent une équipe stable et compétente qui saura les appliquer. Avec le départ de M. André de Sève, directeur général de l’AMLFC, ainsi que celui d’un autre membre du personnel, je crois qu’il faut rétablir les bases de la permanence tout en apportant du sang neuf à notre Association.

C’est en outre l’occasion de mieux définir les tâches de chacun afin de rendre notre organisme performant et concurrentiel. Le recrutement de la nouvelle direction, entre autres, exige une réflexion sur les besoins réels de l’Association. Le nouveau directeur général, ou la nouvelle directrice générale, doit être ce promoteur au tempérament d’entrepreneur capable d’initier le développement. Entre autres compétences recherchées, la personne choisie à ce poste devra posséder le leadership rassembleur nécessaire pour mobiliser les forces du personnel en place.

Dernièrement, le poste de directeur ou directrice de l’unité de la formation professionnelle continue (FPC) a été créé. Ses tâches ont été définies avec le souci de répondre adéquatement aux attentes de l’AMLFC. Le futur candidat, ou la future candidate, aura comme principal mandat de planifier, d’organiser, d’évaluer, de stimuler et d’administrer le développement de l’unité de la formation professionnelle continue.

Dans cet espace de bon fonctionnement, j’inclus également une attention particulière à l’équilibre budgétaire de l’AMLFC, un équilibre qu’il faut préserver compte tenu de la contribution volontaire des membres. À ce chapitre, il y a toujours place à amélioration.

Assurer et soutenir la formation professionnelle continue

L’Association des médecins de langue française du Canada a toujours été soucieuse de diffuser le savoir. À ce titre, elle a publié de nombreux textes, organisé divers événements tout en agissant directement sur le terrain afin de favoriser l’échange de connaissances.

Plusieurs projets sont déjà en cours d’élaboration ou de réflexion qui poursuivent ce mandat de formation professionnelle continue. Ainsi, l’AMLFC doit évaluer certaines activités afin de les améliorer – l’aspect publicitaire du Symposium d’octobre devra être revu – et prévoir d’autres projets prometteurs, dont la mise sur pied de colloques mobiles, dans lesquels je suis largement impliqué, par exemple un colloque en collaboration avec le réseau de médecine sexuelle et un autre avec Promosanté, également en collaboration avec des entreprises pharmaceutiques. Ici comme ailleurs, le partenariat est à l’honneur.

Afin de se positionner favorablement dans un univers associatif de plus en plus concurrentiel, l’AMLFC doit continuer de miser sur l’essence même de son identité : sa valeur francophone. En ce sens, elle assure la vigie de la langue française en pratique médicale. Pourtant, rien n’est jamais gagné et nous devrons nous pencher sur l’élaboration d’outils dans le but d’accroître notre efficience auprès de la communauté francophone hors Québec.

Exploiter les pouvoirs informatiques

Nous vivons une ère technologique qui offre des possibilités formidables. Je suis convaincu que nous aurions tout intérêt à les exploiter davantage. Comme le suggère le rapport de la planification stratégique, nous devons concrétiser les cibles mentionnées avec des gestes définis. Un de ceux-là sera d’évaluer le dossier informatique de l’Association pour en faire un outil d’avantgarde efficace.


« Afin de se positionner favorablement dans un univers associatif de plus en plus concurrentiel, l’AMLFC doit continuer de miser sur l’essence même de son identité : sa valeur francophone. En ce sens, elle assure la vigie de la langue française en pratique médicale.»

– Dr Jean-Marie Martel


Par exemple, le site de l’AMLFC doit être revu et amélioré. En étant plus interactif, nous pourrions l’utiliser pour rejoindre les membres, recevoir les mises en candidature pour les prix et bourses, rendre disponibles certains items de nos procédures... Les possibilités sont multiples et il est urgent d’en faire un examen minutieux.

Développer un mandat médico-social

Cet objectif me tient particulièrement à coeur. Développer un mandat médico-social rassembleur est un défi stimulant et, paradoxalement, tout à fait pertinent dans une société aux tendances individualistes marquées. Je souhaite éveiller le sens de la compassion des médecins en mettant sur pied un projet concret. S’agira-t-il, par exemple, d’une fondation à même l’AMLFC, de notre participation à l’émergence de maisons de soins en fin de vie ou de cliniques multidisciplinaires de la douleur chronique? Le conseil d’administration et le conseil général auront à y voir, et le temps nous apprendra la voie que suivra cette vision. En attendant, j’entends former des groupes consultatifs.

L’essentiel réside en ces trois mots: donner, recevoir et partager. Un projet rassembleur centré sur la solidarité et la vocation du médecin. Et puis, avantage non négligeable qui s’aligne avec la planification stratégique : il permettra à l’Association de se distinguer!

Favoriser un climat de confiance

Le dernier objectif en est un de synthèse en quelque sorte. Une manière de stimuler la réussite des autres et de rendre l’AMLFC un lieu de confiance réciproque.

En effet, l’exercice de planification stratégique ne s’est pas fait sans heurts. Certains événements se sont précipités, laissant derrière eux une tension palpable. Si l’on sait utiliser les balises mises en place à travers ces bouleversements, il en résultera de grandes réussites. Pour ce faire, pourtant, il est essentiel de favoriser un climat de confiance. Ceux qui seront porteurs de dossiers concrets doivent ressentir l’appui des membres de l’AMLFC et obtenir leur coopération. C’est vital, car au bout du compte, il y va de tout le processus décisionnel de notre Association.

Les dernières annés de l’AMLFC ont été une période de défrichage. Une manière de faire le point sur un siècle d’existence et de dégager l’horizon à l’aube d’un nouveau millénaire. Il s’agira désormais de stabiliser le terrain et de concrétiser les projets constructifs formulés. Une étape charnière, s’il en est, et combien prometteuse ! ]


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