Parution: mai-juin 2006

SE DÉVÊTIR POUR L’EXAMEN PHYSIQUE
Demande légitime ou requête dépassée ?

Par Jacques Étienne Des Marchais, MD
Président de l'AMLFC


À l’invitation du Dr Jean-Marie Martel, vice-président de l’AMLFC, sept médecins de famille (qui pratiquent depuis 25 ans en moyenne) se sont joints à lui le vendredi 26 août 2005 pour discuter de la nécessité ou non de se dévêtir pour l’examen physique. Il s’agit des Drs Luc Bouthillier, Lise Chalut, Jacques Charbonneau, Munir Habra, Gontran Larose, Van- Hoi Nguyen et Sylvie Therrien. Cette rencontre a été rendue possible grâce au soutien de la compagnie Abbott, représentée par M. Charles Dorris. Personnellement, j’agissais à titre de personneressource, ayant publié un article sur le sujet dans le Bulletin de la Société des médecins experts du Québec*.


Le Dr Jacques Étienne Des Marchais   

Le patient doit-il se dévêtir pour l’examen physique ? Au cours des dernières années, la relation médecin-patient a profondément changé; l’attitude autoritaire des professeurs des années 1950 n’est plus acceptable. Aujourd’hui, les médecins sont plus à l’écoute de leurs patients et ces derniers sont davantage conscients de leurs droits. D’ailleurs, dans un contexte d’évaluation médico-légale, il n’est pas rare de constater que des patients contestent l’exigence de se dévêtir pour un examen physique. Est-ce parce que le patient n’est plus habitué à un tel standard de pratique ? Voici la question posée aux participants à cette table ronde.

La pratique médicale contemporaine est rapide. Le temps est compté et souvent les médecins ne s’attardent pas à la totalité des standards de pratique émis par le Collège des médecins. En voici quelques exemples:

Les « traditions » des médecins qui nous ont précédé sont-elles périmées ? Sûrement pas si l’on se fie aux standards de pratique recommandés par le Collège des médecins : les patients doivent être examinés dans des conditions adéquates et on doit veiller à préserver leur intimité. Toutefois, nombreux sont les cabinets de médecins où il n’y a pas de rideaux d’isolement et où on n’utilise pas de jaquettes. Face à une médecine plus technique, la tendance est grande de se fier surtout aux examens de laboratoire. Pourtant, on nous a appris à n’examiner que ce qu’on voit bien.

La problématique de se dévêtir ne se pose pas vraiment dans les salles d’urgence ni ailleurs dans le milieu hospitalier. Elle demeure surtout l’apanage des bureaux privés et des cliniques sans rendezvous. On y est aussi confronté dans le cas d’examens spécialisés. En fait, cette problématique existe parce que les patients d’aujourd’hui réagissent différemment des patients d’autrefois sur ce point. Qu’on en juge à la lumière de ces deux situations cocasses:

Recommandations des participants à la table ronde

Après discussion, les participants à la table ronde reconnaissent les points suivants:

Conclusion

Les participants à la table ronde en sont arrivés à la conclusion que oui, il arrive qu’il soit nécessaire pour le patient de se dévêtir pour l’examen physique, quoique pas entièrement et toujours dans le respect de son intimité, comme mentionné précédemment.

Bien sûr, il peut y avoir des comportements stéréotypés. L’examen physique représente une portion sensible de la relation médecinpatient et nécessite obligatoirement le respect des différences culturelles, d’âge et de sexe, tant pour le médecin que pour le patient. Malgré les contraintes, il faut prendre le temps requis. Certains examens sont plus délicats, comme c’est le cas de l’examen gynécologique. La majorité des médecins préféreront ne pas être seuls au moment de faire cet examen et demanderont la présence d’une secrétaire ou d’une infirmière.

De l’avis des médecins qui ont accepté notre invitation, le respect du patient est primordial. C’est dans cet ordre d’idée que plusieurs ne souhaitent pas tutoyer leurs patients afin d’éviter toutes familiarités, même si cela est de plus en plus courant dans le milieu de la santé, qui a tendance à considérer maintenant le patient comme un client. On retrouve chez chacun des participants à cette table ronde une conscience remarquable de la nécessité de respecter l’intimité de chaque patient lors de l’examen physique. ]  

* Vol. 22, no 1 – Janvier 2005


Et vous, qu’en pensez-vous ?

Faites-nous part de vos réflexions par courriel : JEDMpresident@amlfc.ca ou par la poste : AMLFC 8355, boul. Saint-Laurent Montréal (QC) H2P 2Z6  


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