Mot du président
Parler mieux, une responsabilité individuelle ?
Parution: mars 2006


À nous entendre utiliser des anglicismes, on peut se demander si nous sommes conscients de l’importance de rehausser collectivement le niveau de notre langue parlée.

  • La première fois où je me suis fait rabrouer publiquement pour l’utilisation excessive de mots anglais, c’était à l’occasion d’un séminaire pédagogique à Sherbrooke, auquel participaient une vingtaine de hauts dirigeants de l’UQAM. Ces belles notions conceptualisées dans la langue de Shakespeare me semblaient tellement mieux exprimées in English!
  • À un autre moment, un collègue orthopédiste présidait une conférence internationale au sud de la France. Il a reproché à ses collègues français l’emploi abusif de la terminologie anglophone.
Nous connaissons tous le contexte particulier dans lequel nous vivons, baignés dans une mer anglo-saxone, obligés de publier en anglais, appelés à nous exprimer correctement dans la seule langue anglaise lors des réunions du Collège royal, de diverses associations pancanadiennes, du Conseil médical du Canada, de l’Association médicale canadienne, etc.

Pourtant, nous avons décidé de vivre ici, en français, dans ce coin de l’Amérique.

J’ai remarqué que depuis trente ans, l’usage du français s’est nettement amélioré dans de multiples secteurs de notre société.

Je continue d’être étonné par ce souci, chez certains, de mieux parler sa langue.

Personnellement, comment chacun de nous peut-il contribuer à l’amélioration de sa langue parlée?

Si noblesse oblige, la responsabilité d’un poste exige aussi. Comme président de l’AMLFC, je me fais un devoir particulier d’éliminer de mon langage les si nombreuses expressions anglaises. Je réprimande d’ailleurs les jeunes professionnels de ma famille qui en font de multiples usages! Quant aux collègues à l’Association, je m’amuse à reprendre l’expression anglaise suivie de l’expression française ou encore je leur demande de traduire…

La question vous est posée : 

N’avons-nous pas la responsabilité individuelle de veiller à utiliser le mot juste et spécifique pour exprimer clairement notre pensée?

Le monde évolue, les attitudes changent. À une certaine époque, face aux Anglais à la langue gutturale qui dominaient le paysage socio-politico-financier, plusieurs avaient presque honte d’utiliser cette autre langue plus chantante, plus douce à l’oreille et teintée d’accent québécois ou acadien.

Les temps ont changé. Aujourd’hui, jeunes et moins jeunes sont fiers de leur langue française et veulent la transmettre en héritage à leurs petits-enfants. Conséquemment, on ne peut laisser au pouvoir public ni aux commissions scolaires la responsabilité de veiller à l’amélioration de la langue. Nous sommes tous partenaires dans cette entreprise.

Je vous invite, en 2006, à contribuer à cet effort collectif.

Je vous propose deux tests :

Test no 1 :

Pendant une journée entière, bannissez de votre conversation tout mot anglais. Essayez… Vous verrez, ce n’est pas si facile!

Quand vous aurez réussi, passez au test suivant.

Test no 2 :

Cette fois-ci, allez-y pour une semaine complète… C’est possible!

Dès que vous aurez réussi, faites-le-moi savoir : JEDMpresident@amlfc.ca

P.-S. : Si ces tests sont trop difficiles, commencez par une heure seulement.