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Parution: janvier-février 2006
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MOT DU LAURÉAT |
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Bonsoir, Je voudrais d'abord remercier le Collège des médecins du Québec et l'Association des médecins de langue française du Canada pour m'avoir octroyé le prix Abbott-Pelland-Brissette 2005. Je suis très fier et honoré de cette reconnaissance, ayant consacré la plus grande partie de ma vie professionnelle à tenter d'améliorer la santé des femmes, notamment celle des adolescentes. En 1973, alors que je commençais ma pratique, j'ai reçu un jour à mon cabinet une jeune fille de 14 ans enceinte de 13 semaines. Elle était étudiante et il était inconcevable pour elle d'avoir un enfant à cette période de sa vie. L'avortement était très tabou, et c'était la première fois que j'étais confronté à cette situation dans ma pratique. En consultant un de mes confrères plus âgé, j'appris que dans ces situations, on envoyait les femmes à Plattsburgh pour y subir leur avortement. Plattsburgh, ce n'est pas très loin de Montréal; mais quand tu ne parles pas anglais, que tu vis en Gaspésie et que, par surcroît, tu dois t'y rendre en autobus, c'est très loin… Vous vous imaginez le traumatisme et l'état dans lequel on récupérait ces filles. |
![]() Le Dr Jocelyn Bérubé |
Cette histoire m'avait beaucoup marqué et j'était révolté de voir que l'on ne pouvait pas s'occuper plus décemment de ces jeunes femmes. Après en avoir référé quelques-unes à Plattsburgh, je me suis dit que je consacrerais ma carrière à tenter d'améliorer la condition des femmes en leur permettant notamment d'avoir des enfants au bon moment et de les supporter dans leur choix de poursuivre ou d'interrompre leur grossesse. J'ai ainsi fait de l'obstétrique pendant plusieurs années, j'ai travaillé en planification des naissances, j'ai travaillé en prévention et en organisation de services pour améliorer les services de santé offerts aux femmes.
Denis Arcand, dans son film Les invasions barbares, fait dire à Rémi Girard que l'histoire de l'humanité est une histoire d'horreur. Les femmes dans cette histoire ont eu droit à leur lot d'horreur, et ce n'est pas terminé. On n'a qu'à regarder la condition des femmes et les sévices subis par ces dernières dans plusieurs pays du monde, pour ne pas dire la majorité. Même chez nous, la violence faite aux femmes est très présente. Pensez à la drogue du viol et à ses conséquences, à la violence sexuelle chez les adolescentes avec l'apprentissage de la sexualité par Internet et les films pornos, etc. Je profite donc de l'occasion pour vous demander d'être attentifs aux conditions qui peuvent améliorer la santé des femmes, notamment des jeunes filles en devenir, afin qu'elles grandissent en bonne santé physique et mentale.
Je vous remercie encore et vous souhaite une bonne soirée.
Jocelyn Bérubé, MD
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