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Parution: janvier-février 2006
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MOT DU LAURÉAT |
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Monsieur le président, Je remercie les membres du comité de sélection de l'AMLFC de m'avoir choisi comme lauréat du Prix de l'oeuvre scientifique 2005. Un merci spécial à M. André de Sève pour son efficacité dans la préparation de cet événement et sa gentillesse envers ma famille. Permettez-moi de vous résumer mon parcours et d'offrir des suggestions pour les cliniciens intéressés à la recherche. Pendant mes études au Collège Sainte- Marie, j'ai choisi la médecine comme carrière. Le Père Bernard Tâché, surnommé « bibitte », a été une grande source d'inspiration pour moi. J'avais aussi pour exemple mon grand-père paternel, le Dr Wilfrid Tremblay, chef anesthésiste à l'hôpital Saint-Luc, et « l'oncle Gilles » (le Dr Gilles Tremblay), pathologiste, chercheur et professeur à l'Université de Montréal puis à l'Université McGill. Le fait que ma mère ait été atteinte de la sclérose en plaques a certainement influencé mon choix de carrière et de spécialité. |
![]() Le Dr Serge G. Gauthier |
Mon épouse Louise m'a toujours encouragé pendant mes années de formation et tout au long de ma pratique; j'ai d'ailleurs eu la chance de collaborer avec elle sur le plan professionnel : dans le traitement de la maladie de Parkinson (ergothérapie de groupe) et au niveau de l'évaluation fonctionnelle des personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer. Mon fils Éric m'a fait découvrir le monde de la danse classique, et j'ai publié avec ma fille Judith des lignes directrices sur l'aptitude à exécuter un mandat.
Les personnes les plus importantes dans ma formation médicale et post-graduée ont été les Drs Francis McNaughton et Theodore Sourkes. Mes collaborateurs principaux ont été les Drs Rémi Quirion, Judes Poirier et Michel Panisset. Les Drs Rémi Bouchard et Alain Robillard m'ont apporté une aide soutenue dans mes initiatives en recherche et en enseignement sur la maladie d'Alzheimer au Québec. Enfin, des projets sont en cours avec les Drs Bruno Dubois, Jacques Touchon et Bruno Vellas.
Mes recherches et ma pratique clinique ont porté sur la maladie de Parkinson puis sur la maladie d'Alzheimer et maladies apparentées. Les patients et leurs familles m'ont appris l'importance d'être à leur écoute pour identifier clairement leurs besoins et mieux évaluer les symptômes afin d'apporter des réponses thérapeutiques adéquates.
Par la suite, j'ai aussi compris l'importance de m'impliquer dans des recherches multicentriques et multidisciplinaires. Il a été nécessaire de créer le Consortium des centres canadiens sur la recherche clinique cognitive (C5R), qui regroupe aujourd'hui 33 cliniques spécialisées. Le Consortium permet de mettre à l'essai les meilleurs médicaments et d'influencer le choix des mesures d'efficacité. Il est maintenant possible d'envisager des études visant à modifier le risque de développer la maladie d'Alzheimer et la démence vasculaire. J'encourage fortement les cliniciens à s'intéresser à la prévention des maladies cardio et cérébrovasculaires comme moyen de diminuer l'incidence des démences d'ici une génération.
Enfin, je me suis impliqué comme membre et comme président de comités d'éthique en recherche pour veiller à ce que les besoins des malades et ceux de leurs familles soient bien entendus de même que ceux des chercheurs. Je suggère à toutes les personnes intéressées chercheurs ou représentants de la communauté de participer à ces comités, qui sont essentiels au progrès de la recherche clinique chez nous.
De nombreux défis nous attendent comme société : le dépistage génétique, l'utilisation de traitements dont l'efficacité aura d'abord été clairement établie, la cessation de traitements lorsque peu ou pas efficaces, etc. Les mandats d'inaptitude devraient aussi inclure des directives claires en ce qui a trait à la participation à la recherche et en ce qui concerne les décisions de fin de vie.
Je crois que la qualité de la prise en charge des personnes avec atteintes cognitives s'est grandement améliorée chez nous et ailleurs. Nous utilisons bien les nouvelles connaissances sur les traitements symptomatiques et nous nous dirigeons vers une approche préventive efficace. Merci de votre présence ici ce soir.
Serge G. Gauthier, MD, FRCPC
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