| Mot du président Communiquer avec le pharmacien : perspective pratique |
Parution: mars 2005
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Nous avons récemment tenu une table ronde, à laquelle participaient quatre médecins et quatre pharmaciennes. L’objectif était de discuter des façons d’améliorer nos relations entre professionnels. L’opposition initiale des collègues médecins et la confrontation des perceptions des participants à cette table ronde ont permis de mieux identifier les écueils qui surviennent au-delà de la zone de tolérance. Les quatre pharmaciennes, versées en communication, ont guidé les discussions vers des bases communes de rapprochement. Le modèle à deux parties médecin-patient (avec collaboration, parallèlement, d’autres intervenants) est maintenant révolu. Les pharmaciens feront désormais davantage pour l’évolution et le suivi thérapeutique, nouveaux pouvoirs que leur confère la loi 90. La table ronde portait justement sur cette problémaique. |
· Définir les champs professionnels
Plusieurs médecins demeurent ou deviennent résistants aux modifications de la mouvance professionnelle. On craint que le champ spécifique de pratique ne soit phagocyté par l’intervention de nouveaux intervenants. Le médecin perdra-t-il, avec le temps, son rôle de chef d’orchestre dans le diagnostic et le suivi des problèmes cliniques du patient?
Un premier point commun se dessine : la nécessité de mieux définir les rôles des médecins face aux pharmaciens et ceux des pharmaciens face aux médecins. Une évidence incontournable.
· Impact sur les coûts de la santé
Nous savons que le coût des médicaments ne cesse d’augmenter. Nos prescriptions ont donc un impact définitif sur les coûts de la santé. Mais ce n’est pas le seul facteur. La fidélité au traitement, le stockage préventif de médicaments, l’association d’autres thérapies au traitement prescrit ont aussi une influence déterminante. Toutes choses qui sont la responsabilité du patient.
· Dossier pharmaceutique
Le dossier pharmaceutique semble être l’outil indispensable pour contrôler le coût croissant des médicaments. Mais quand sera-t-il disponible?
· Éducation du patient
Un deuxième consensus s’établit rapidement : dans ce triangle à trois partenaires, l’éducation du patient semble prioritaire. Le patient se doit de préparer sa visite chez son médecin. Il doit avoir en main son profil thérapeutique, lequel est mis à jour régulièrement. L’éducation du patient passe par sa prise en charge de sa santé, selon son profil thérapeutique, et le respect des prescriptions de son médecin, ce qui évitera le gaspillage des ressources.
· Outils de communication
Actuellement, il n’existe pas de moyens concrets pour faciliter la communication médecin-pharmacien, seule l’initiative personnelle ayant préséance hors des lieux privilégiés que sont les unités spécialisées ou certains CLSC.
Les deux ordres professionnels concernés le Collège des médecins du Québec et l’Ordre des pharmaciens du Québec ont la responsabilité commune de favoriser le développement d’outils pour faciliter les intercommunications et améliorer les conditions de pratique. L’optimisation des interventions et le contrôle de la perte de temps devraient guider l’élaboration de ces outils qui déboucheront sur un plus grand bien-être du patient.
Dans un premier temps, de manière unanime, les participants proposent le développement de capsules de communication destinées à la fois au médecin, au pharmacien et au patient.
Cette table ronde aura permis de constater que médecins et pharmaciens partagent davantage de connivence que d’opposition face au patient.
Dr Jacques Étienne Des Marchais
Président de l’AMLFC
Le 1er décembre 2004, un article Médecin et pharmacien : partenaires pour le patient rendait compte du 76e Congrès de l’AMLFC, qui portait sur ce thème. Le 12 janvier 2005, un deuxième article Dialoguer avec les pharmaciens : Nouvel enjeu? Obligation? faisait part des messages retenus à l’occasion d’une session sur le sujet.