| Une expérience pilote au congrès 2003 de l'Association des médecins de langue française du Canada |
Parution: janvier 2005
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| L’apprentissage en grand groupe | |
Jacques Étienne Des Marchais*, Cristine Lamoureux**, Omer Gagnon*, Carlos Brailovsky***, Wilhelm B. Pellemans* |
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Dans le Bulletin de juillet 2003, le président Wilhelm B. Pellemans annonçait que le congrès d’octobre 2003 de l’AMLFC serait encore plus innovateur, en proposant aux participants des prétests et post-tests pour chacune des quatre demi-journées d’activités de formation grâce à l’utilisation des blocs tactiles (touch pads). Il est intéressant de connaître les résultats préliminaires de cette étude visant à mesurer l’impact du congrès sur le degré d’apprentissage.
Lors des activités de grand groupe, on se contente habituellement d’une évaluation de processus, par exemple la qualité des présentations et la satisfaction générale des participants. Au congrès d’octobre 2003, l’AMLFC a voulu relever le défi de mesurer le degré d’apprentissage. L’utilisation des blocs tactiles devient utile non seulement pour donner de la rétroaction (feed-back) aux participants, mais surtout pour mesurer leurs connaissances. Ainsi, en présentant un test juste avant le début de l’activité de formation et en répétant le même test immédiatement à la fin d’une demi-journée de formation, on peut obtenir une mesure valide et fiable de l’apprentissage.
Méthode
Le contenu du congrès était divisé en quatre sous-thèmes d’une demijournée chacun : les céphalées, les douleurs thoraciques d’allure coronarienne, les lombalgies et les douleurs abdominales. Les objectifs de chacun des thèmes ont été précisés par les personnes-ressources et ensuite validés par les membres du comité de la formation médicale continue. Puis, chacune des personnesressources a été jumelée à un membre du comité pour spécifier à nouveau les objectifs en éléments précis à connaître, les besoins d’apprentissage pour chacun des thèmes.
Les personnes-ressources ont ensuite reçu le mandat d’élaborer une douzaine de questions à choix multiple reliées directement aux objectifs. Ces questions ont été révisées, modifiées, améliorées de nouveau par des membres du comité de la FMC. L’ensemble des tests regroupaient une soixantaine de questions pour les deux jours de formation.
Résultats
● « Combien de congressistes ont répondu aux pré-tests et aux posttests? » (tableau I)
Vous constatez que le taux de réponse au pré-test et au post-test pour chacun des sous-thèmes est à peu près le même et correspond en moyenne à 86 % des congressistes. Il s’agit d’un taux de réponse étonnamment élevé dans de telles circonstances.
● « Quel est le gain d’apprentissage obtenu éléments précis à connaître? » (tableau II)
Vous notez que le degré d’apprentissage varie selon les sous-thèmes, et probablement en fonction des personnes-ressources aussi. Ce degré semble plus marqué pour les demijournées sur les lombalgies et sur les douleurs abdominales, et moins pour les demi-journées sur les douleurs thoraciques d’allure coronarienne et les céphalées. Globalement, le gain d’apprentissage a été d’environ 15 %.

Interprétation
La plus grande difficulté de cette expérience a été la standardisation de la façon de procéder pour chacune des questions. En effet, le temps alloué pour répondre aux questions a été très variable selon les questions et selon les demi-journées (sousthèmes), et des participants n’ont pas eu le temps de répondre à certaines questions, d’où des données manquantes pour notre analyse. Il n’y a pas eu de standardisation rigoureuse de la durée des tests, surtout dans le cas du post-test. Si lors du pré-test, les participants avaient tendance à « courir le risque de la bonne réponse », ils étaient plus hésitants à le faire au moment du post-test. Certaines personnes-ressources, pour qui les réponses aux questions paraissaient évidentes, avaient tendance à « brûler » cette étape, privant ainsi les congressistes d’un temps précieux de réflexion, et donc aussi d’apprentissage, au moment du post-test.
Étant donné le fort taux de participation, les auteurs interprètent la question des données manquantes comme un indicateur probable de la difficulté de répondre à certaines questions, d’autant que des participants ont mentionné verbalement (entre les sessions) que les tests se déroulaient « trop rapidement ».
Conclusion
L’AMLFC et son comité de la formation médicale continue se félicitent d’avoir osé innover à l’occasion du congrès de 2003. Le très fort taux de participation confirme l’intérêt de la population cible pour un tel processus d’apprentissage.

Nos résultats nous invitent à penser que la croyance selon laquelle il n’y aurait pas, en formation médicale continue, d’apprentissage en grand groupe n’est pas fondée et confirment qu’au contraire, il y a eu un accroissement significatif d’apprentissage, surtout pour les séances traitant des lombalgies et des douleurs abdominales, alors que celles sur les céphalées et les douleurs thoraciques d’allure coronarienne ont présenté un gain moins marqué. À noter cependant que ceci pourrait s’expliquer par une meilleure connaissance de ces deux dernières pathologies, d’où un écart possiblement moins grand.
Ces résultats préliminaires encouragent l’Association à continuer d’innover lors de son congrès annuel, qui représente une occasion privilégiée de le faire. Nous remercions l’ensemble des participants qui se sont gentiment prêtés à cet exercice. Et nous avons fait la preuve qu’ils en ont profité. ]
P.-S. : L’utilisation de blocs tactiles a été rendue possible grâce à une subvention à visée éducative de Pfizer Canada.
* AMLFC
** Division médicale, Pfizer Canada
*** Faculté de médecine,Université Laval, Québec, Canada
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