Parution: décembre 2004
76e CONGRÈS DE L’AMLFC
EN PARTENARIAT AVEC L’ORDRE DES PHARMACIENS DU QUÉBEC

L’art médical et l’art pharmaceutique : un rapprochement plus actif et plus prometteur

TEXTE: JEAN MICHEL TAUB
PHOTOS: PIERRE ROUSSEL

Dans l'esprit de continuité comme de fidélité à ses objectifs, l’AMLFC a réuni à l'hôtel Delta Centre-Ville de Montréal, les 28 et 29 octobre derniers, les participants à un congrès placé sous le signe de l'actualité. Il s'agissait cette année de rechercher les meilleurs moyens de favoriser l'amélioration des soins par le développement du partenariat médecin-pharmacien. Très réussi, ce congrès a permis d'explorer et de favoriser le rapprochement, l’entente et la communication entre les médecins et les pharmaciens qui exercent ces professions complémentaires et cherchent à mieux collaborer dans l'esprit de la nouvelle loi 90. Des études de cas, des mises en situation, des échanges vivants et des périodes de questions animées ont permis à tous les membres de retirer information et sujets de réflexion favorables à leur exercice quotidien.


JEUDI 28 OCTOBRE

ALLOCUTIONS D’OUVERTURE


Le Dr Wilhelm B. Pellemans



M. Jean-Yves Julien

LE PATIENT ENFIN AU
CENTRE DU SYSTÈME OU
LE RETOUR DU FUTUR?


Le Dr Jacques Gagné


POINT DE PRESSE DU JEUDI


M. Jean-Yves Julien, le Dr Jean-Louis Brazier, M. Jean-Philippe Lambert
et le Dr Mark Steven Berner


COMMUNICATION INTERPROFESSIONNELLE EFFICACE


Le Dr Claude Thibeault, M. Claude Richard, le Dr Marie-Thérèse Lussier et Mme Christiane Mayer


Personne ne doute qu'un tel rapprochement soit fécond et productif d'idées, de gain de temps et de qualité des soins, comme cela devrait se confirmer lors de leur mise en pratique. Audelà des grands thèmes évoqués, ce 76e Congrès a également été l'occasion de la traditionnelle remise de la Médaille du mérite et des prix attribués aux lauréats de cette année.

L'hôtel Delta Centre-Ville de Montréal a donc accueilli un congrès centré sur l'esprit de collaboration. Développés sur deux jours, les différents aspects du thème choisi ont été explorés de façon pratique et ont successivement permis d’examiner l'efficacité de la communication interprofessionnelle, l'interaction du duo que constitue le médecin avec le pharmacien et les aspects du travail en équipe. Les cas pratiques ont abordé des sujets aussi variés que l'interaction des produits de santé dits naturels, le traitement du diabète et le suivi de l'asthme.

Un jeudi centré autour du patient

Le congrès a débuté avec le mot d’ouverture du président de l’AMLFC alors en poste, le Dr Wilhelm B. Pe llemans, et du président de l’Ordre des pharmaciens du Québec, M. Jean-Yves Julien.

Le Dr Claude Thibeault a assuré le rôle de modérateur pour la première matinée, pour laquelle le Dr Jacques Gagné, expert-conseil en biopharmaceutique, avait intitulé sa conférence : « Le patient enfin au centre du système ou le retour du futur? ».


VOUS AVEZ DIT INTERACTIONS?
UN DUO MÉDECIN-PHARMACIEN
LES PRODUITS DE SANTÉ NATURELS
ET LES MÉDICAMENTS: COMBINAISON DANGEREUSE?

Le Dr François Croteau

Le Dr Jean-Louis Brazier


Le Dr Mark Steven Berner


M. Jean-Philippe Lambert

Le Dr Marie-Thérèse Lussier, directrice de l’équipe de recherche en soins de première ligne à la Cité de la santé de Laval, Mme Christiane Mayer, pharmacienne à l'Université de Montréal et M. Claude Richard, chercheur à la Cité de la santé de Laval, se sont chargés de la présentation des histoires de cas qui ont suivi. Il s'agissait essentiellement de fournir les outils qui permettraient aux participants de reconnaître et d'appliquer les principes essentiels à une communication efficace entre médecins et pharmaciens, mais aussi de reconnaître les situations potentiellement conflictuelles et de définir les stratégies permettant de les éviter. C'est toujours en gardant en tête l'objectif d'un meilleur partenariat médecinpharmacien que le post-test, avec les résultats corrigés, les commentaires et les réponses aux questions ont encore enrichi le débat.

Avec sa présence et son humour « pince-sans-rire », le Dr François Croteau était le modérateur idéal de l’après-midi. Dans la première partie de celui-ci, le Dr Jean-Louis Brazier, professeur titulaire à la faculté de pharmacie de l'Université de Montréal, a donné une conférence passionnante sur les interactions médicamenteuses. À l’aide d’exemples imagés et de vivantes histoires de cas, il a mis en lumière le pourquoi et le comment des mécanismes présidant aux interactions médicamenteuses; il a défini les buts à poursuivre pour mieux gérer les dossiers relevant de ces problèmes. Sur des principes et avec des raisonnements éprouvés, il a mis en évidence les méthodes d'évitement des interactions et leur adaptation à la personnalité unique de chacun des patients. L’assistance a pu de la sorte mieux cerner les interactions cachées, pouvant provenir à la fois des produits « naturels » et de l’usage des « drogues de rue ».

Par la suite, l'après-midi a été consacré à une présentation du Dr Mark Steven Berner, de la Clinique soleil des tanneries, qui s’est joint à M. Jean-Philippe Lambert, pharmacien, pour se pencher sur la question des combinaisons potentiellement risquées entre les produits de santé naturels et les médicaments. Les éléments présentés avaient pour but d'aider les participants dans la détermination et l’approche des risques potentiels afin de développer leur capacité de questionner le patient sur sa consommation de produits naturels. Éviter les interactions dangereuses avec des médicaments couramment prescrits et travailler en équipe sont quelquesunes des préoccupations qui ont alimenté les thèmes abordés, toujours dans une optique essentiellement pratique.


HOMMAGE ET RECONNAISSANCE POUR LEUR CONTRIBUTION AU 76E CONGRÈS


Le Dr Wilhelm B. Pellemans, M. Jean Fortin, qui représentait M. Mohammad Mohsen de Merck Frosst,
Mme Christiane Mayer et le Dr Jacques Gagné. M. Jean-Yves Julien et Mme Hélène Blanchette,
de l’Ordre des pharmaciens, ne pouvaient être présents.


Entre les conférences, à la pause-café et à la fin de cette première journée de travail, les congressistes ont largement profité des occasions qui leur étaient données de procéder à ces échanges d'opinions et d'information qui complètent toujours de façon pratique les présentations plus formelles.


VENDREDI 29 OCTOBRE
L’APPROCHE EN ÉQUIPE DANS LE TRAITEMENT DU DIABÈTE


Le Dr Marie-Françoise Mégie


Le Dr Hélène Long

M. Patrick Levasseur

POINT DE PRESSE DU VENDREDI


Au centre : M. Michel Tassé et le Dr Alain Desjardins


POUR LE SUIVI DE L’ASTHME: UN INTERVENANT, C’EST BIEN…
MAIS DEUX, C’EST MIEUX!

Le Dr Alain Desjardins

M. Michel Tassé

L’ÉQUIPE MÉDECIN-PHARMACIEN: PARTENAIRES POUR DE MEILLEURS SOINS AU PATIENT

Le Dr Roger Ladouceur

Mme Diane Lamarre

Une forte interaction des participants... sur le thème des interactions médicamenteuses

Le vendredi matin a vu l'arrivée du Dr Marie-Françoise Mégie au siège de modératrice tandis que des préoccupations plus ciblées sur des ensembles définis de pathologies faisaient l'objet des conférences. Ainsi, le Dr Hélène Long, endocrinologue à la Cité de la santé de Laval, accompagnée de M. Patrick Levasseur, pharmacien à la clinique du diabète de la Cité de la santé de Laval, se sont associés pour la présentation de l'histoire de cas relative à l'approche en équipe dans le traitement du diabète. C'est ainsi que l'on a pu apprécier les attitudes à adopter pour mieux assumer le rôle de médecin ou celui de pharmacien dans l'amélioration de la fidélité du patient à sa thérapie. Qu'il s’agisse du contrôle de la glycémie, du respect de la médication prescrite ou de la surveillance des interactions et des contre-indications, le public a pu bénéficier de l'expérience des deux présentateurs. L'apparition d'effets indésirables a été analysée dans le cadre et l’esprit d'une plus grande participation à l'interdisciplinarité pour réussir à atteindre l’objectif, soit une gestion globale du diabète et de ses complications. L'occasion et la manière de référer ses patients, la façon et le souci de communiquer ont fait l'objet de questions et de réponses qui ont largement enrichi le débat.

Les exigences du suivi des patients asthmatiques et les corollaires qui s’ensuivent ont fait l'objet de la conférence du Dr Alain Desjardins, pneumologue à l'hôpital du Sacré-Coeur de Montréal, et de M. Michel Tassé, pharmacien au même établissement. La conférence a permis aux participants de savoir mieux utiliser les critères du Consensus canadien dans l'évaluation adéquate de la maîtrise de cette affection. Elle a mis en évidence la complémentarité des rôles du médecin et du pharmacien dans le suivi du patient asthmatique et la manière la plus performante de communiquer les informations pertinentes à l'optimisation et à la maîtrise du traitement. Enfin, elle a permis de faire la promotion de l'enseignement et du recours à un plan d'action qui soit à même d'aider le patient asthmatique à prendre en charge sa maladie plus efficacement.

Le Dr Wilhelm B. Pellemans a pris le relais en tant que modérateur pour l'après-midi du vendredi. L'équipe médecin-pharmacien était là encore la vedette, avec comme sous-titre : « Partenaires pour de meilleurs soins au patient ». Ce sont le Dr Roger Ladouceur, omnipraticien au centre hospitalier de Verdun, et Mme Diane Lamarre, pharmacienne à l'Université de Montréal, qui ont assuré la présentation de l’histoire de cas. Ils ont tous deux illustré de façon pratique le sujet même de leur conférence par la collaboration dont ils ont fait preuve dans leur exposé. Les participants auront ainsi trouvé des moyens supplémentaires de prévoir l'intégration d'échanges entre leurs deux professions. Les sujets débattus, tant pendant l'exposé que lors de la période de questions, ont permis d’identifier clairement le rôle respectif de chaque profession et de savoir utiliser les outils de communication existants. Les participants ont mentionné que la description clinique et le tableau des cas concrets leur seraient d’une aide substantielle dans le cadre de leur pratique. Ils y ont trouvé les moyens de faciliter la gestion des ordonnances et le suivi de leur observance. Ils ont été sensibilisés davantage à la pertinence de l’opinion pharmaceutique et nombre d'éléments évoqués ont précisé en quoi consistent pour eux les changements apportés par la loi 90.

Après la pause, le Dr Yves Lamontagne, président du Collège des médecins du Québec, s'est retrouvé en compagnie de M. Jean-Yves Julien, président de l'Ordre des pharmaciens du Québec, du Dr Claude Ménard, adjoint médical à la direction générale du Collège des médecins du Québec et de M. Pierre Ducharme, secrétaire général de l'Ordre des pharmaciens du Québec, pour débattre de la loi 90.


TABLE RONDE SUR LA LOI 90


Le Dr Wilhelm B. Pellemans, le Dr Jacques Ménard, M. Jean-Yves
Julien, le Dr Yves Lamontagne et M. Pierre Ducharme


Comme chaque année, l’industrie pharmaceutique et les collaborateurs de l’AMLFC étaient sur place pour rencontrer les congressistes. Bien sûr, l’Association a à nouveau procédé au tirage de prix de présence, un moment toujours fort apprécié. Ainsi, le Dr Sylvie Cadet (de Varennes) s’est mérité une fin de semaine pour deux personnes au Delta Centre-Ville, M. Pierre Marchand (de La Pocatière) a remporté un chèque-cadeau de la Librairie médicale et scientifique, tandis que M. Charles Milliard (de Montréal) et Mme Odette De Grandpré (de Verdun) recevaient chacun un panier de livres offert par Sélection du Reader’s Digest.


FIN DE SEMAINE POUR DEUX PERSONNES
AU DELTA CENTRE-VILLE DE MONTRÉAL
CHÈQUE-CADEAU DE LA LIBRAIRIE
MÉDICALE ET SCIENTIFIQUE

M. Daniel Fortin, directeur adjoint des
services banquets et congrès et le
Dr Sylvie Cadet (gagnante), de Varennes

M. Claude Paré et
M. Pierre Marchand (gagnant), de Montréal

PANIERS DE LIVRES OFFERTS PAR SÉLECTION DU READER’S DIGEST

Le Dr Wilhelm B. Pellemans et
Mme Odette De Grandpré (gagnante), de Verdun

Le Dr Wilhelm B. Pellemans et
M. Charles Milliard (gagnant), de Montréal

SOIRÉE DE GALA
Une soirée chaleureuse et émouvante

C'est beaucoup plus que la médecine qui était à l'honneur lors de ce 76e Congrès. C'était aussi le dévouement, la persévérance, la famille et même l'amour. Au-delà de l’art médical et de la science pharmaceutique, ce sont les efforts continus et les qualités de ceux et celles qui se sont distingués qui ont été mis en lumière.


DÎNER-GALA


Plus de 300 personnes participaient au dîner-gala


Tout d’abord, il y a eu – le jeudi soir – la remise de certificats à diverses personnes dont on souhaitait souligner la contribution à l’élaboration du congrès. Le lendemain avait lieu le dîner-gala annuel de l’Association, activité très courue. Déjà lors du cocktail qui précède le dîner-gala, offert à titre gracieux par le Groupe L'actualité médicale, les sourires et la chaleur des conversations présageaient agréablement la convivialité qui allait teinter cette soirée, à laquelle participaient quelque trois cents convives, dont quelques-uns venaient d'aussi loin que le Manitoba ou le Nouveau- Brunswick.

L’orchestre de Denis Ménard, gracieusement convié par la Banque Nationale, a donné le ton dès le début de la soirée en apportant l’ambiance musicale discrète et enjouée qui s’est installée dès l’entrée des invités.

Le directeur général de l’AMLFC et maître de cérémonie, M. André de Sève, a commencé la soirée en souhaitant la bienvenue à tous et toutes. Il est ensuite entré dans le vif du sujet, soit la remise des prix.


M. André de Sève,
directeur général de l’AMLFC,
maître de cérémonie
de la soirée de gala
PRIX D’EXCELLENCE

Les Drs Wilhelm B. Pellemans, Nicolas Drouin-Bérubé
(Université Laval), Caroline Chartrand (Université de Montréal),
Mme Catherine Besner (venue chercher le prix du
Dr Anne-Marie Therrien, de l’Université d’Ottawa)
et le Dr Mireille Nolet (Université de Sherbrooke)

PRIX DE RECONNAISSANCE

Le Dr Wilhelm B. Pellemans, Mme Martine Coulombe
(Banque Nationale), les Drs Simon Turcotte et
Véronique Godbout (Université de Montréal – ex æquo)
et le Dr Dominique Deschênes (Université Laval)

La distribution des prix attribués pour l'année 2004 a commencé avec la remise du Prix d’excellence, accompagné d'une bourse de 500 $, traditionnellement décerné aux jeunes médecins pour souligner leur accomplissement au niveau académique. Ont été ainsi félicités pour l'ensemble de leurs travaux et de leurs résultats au cours de leurs études universitaires : le Dr Caroline Chartrand de l’Université d e Montréal, le Dr Nicolas Drouin-Bérubé de l'Université Laval, le Dr Mireille Nolet d e l’Université de Sherbrooke et le Dr Anne-Marie Therrien de l’Université d’Ottawa. Le Dr Therrien ne pouvant être présente, c’est Mme Catherine Besner qui est venue chercher son prix. Quant au Dr Stéphanie Héon de l’Université McGill, elle poursuit sa résidence à Boston et s'était excusée de ne pouvoir assister au dîner-gala.

Le temps fut ensuite arrivé de rendre les honneurs à nos médecins résidents. Pour leur engagement, le travail au sein de leur milieu et les contributions particulières que chacun apporte à l'environnement hospitalier, quatre d'entre eux se sont particulièrement distingués. Les lauréats du Prix de reconnaissance, remis conjointement avec la Banque Nationale, se sont succédés sur l'estrade pour recevoir leur prix, assorti d’une bourse de 1 000 $ offerte par la Banque Nationale. Il s'agissait cette année du Dr Marianne Breton- Thibodeau de l’Université de Sherbrooke (qui ne pouvait être présente à cette soirée), du Dr Dominique Deschênes de l’Université Laval et des Drs Véronique Godbout et Simon Turcotte, tous deux de l’Université de Montréal (ex æquo).

Puis on est passé à la présentation principale de la soirée avec, en quelque sorte, l'officialisation de la reconnaissance de la vie et du travail d'une grande doctoresse. L'assistance attendait avec une curiosité palpable et un plaisir non dissimulé les surprises qu’allait apporter cette consécration publique. Et cela commença par du cinéma. C'est en effet un film superbe qui a mis en évidence les immenses qualités de tolérance, d'ouverture, de persévérance et de travail dont a fait montre tout au cours de sa vie le Dr Vania Jimenez, lauréate de la Médaille du mérite de l’AMLFC et de la bourse Banque Nationale de l’excellence (bourse de 5 000 $). Outre ses obligations de médecin, la doctoresse assure également les fonctions de directrice de la division Recherche en médecine familiale de l'Université McGill. Elle y est aussi professeure.

MÉDAILLE DU MÉRITE DE L’AMLFC ET
BOURSE BANQUE NATIONALE DE L’EXCELLENCE

Le Dr Wilhelm B. Pellemans remet la Médaille du mérite au
Dr Vania Jimenez et Mme Martine Coulombe, de la Banque Nationale,
lui remet la bourse Banque Nationale de l’excellence (5 000 $)

Le Dr Vania Jimenez se voit remettre par Mme Martine Coulombe,
de la Banque Nationale, un magnifique tableau de l’artiste peintre
Richard Lacroix

M. Isidore Sigouin

Itinéraire d’une enfant volontaire

Que ce soit sur les photos de son enfance au Caire, où elle était inscrite au lycée français, que ce soit lorsqu’elle nous parle des paysages de Saint-Ours et de la vallée du Richelieu, où elle a exercé pendant de nombreuses années, que ce soit sur les images de son bureau à l'Université McGill ou lorsqu’elle nous livre ses réflexions, entourée de sa grande famille, le Dr Jimenez ne se départit pas une seconde de ce sourire à l'écoute de l'autre et de ce regard volontaire qu'elle a mis au service du soulagement des autres.

Directrice de l'unité de médecine familiale et des services médicaux au CLSC Côte-des-Neiges, médecin à l'Hôpital général juif de Montréal, passionnée d'obstétrique et de périnatalité, le Dr Jimenez est loin d'avoir livré tous ses secrets lorsque le film se termine sur les félicitations personnelles du ministre de la Santé du Québec, le Dr Philippe Couillard. C'est en effet un mystère plein de charme qui ne peut qu'intriguer le spectateur que de savoir comment on peut faire coexister une famille de sept enfants avec une vie occupée par un si grand nombre d'obligations professionnelles.

Le secret viendra près d'être révélé lorsque, à la grande surprise du Dr Jimenez, son mari sera invité par M. de Sève à monter sur la scène pour livrer quelques mots, dans lesquels transparaîtra son émotion. Isidore Sigouin viendra témoigner qu’après toutes ces années, lui non plus n'est pas certain de bien comprendre comment son épouse Vania arrive à s'occuper des devoirs des enfants, à aller aux réunions de parents et à s’impliquer activement dans sa pratique médicale. Bien sûr, nous livre-t-il, « un homme à la maison qui fait tout, cela peut aider. Mais j'ai quand même l'impression que c'est elle qui fait tout! Pour le reste, je ne vous parlerai pas de notre intimité, car ma femme est un trésor… et lorsque l'on a un trésor, on n'en parle pas, on le garde pour soi-même! »

Mais avant cet « appel-surprise » de son mari sur la scène, appel qui lui fera quitter une table partagée avec cinq de leurs enfants, le Dr Jimenez vient elle-même remercier l'Association à la tribune. À cette occasion, elle retrace en quelques mots son parcours, de l’enfance à l'immigration, de l’Égypte au Québec et de la pratique à l’enseignement, en nous faisant partager le fil conducteur qu'elle a toujours suivi sans jamais l’avoir cherché. C'est la langue française qui semble toujours l'avoir guidée, même si cette dernière : « n'était pas ma première langue, qui était l'arménien, ni même la seconde, qui était l'arabe... » La langue de son premier lycée, la langue du Québec où elle émigra, la langue de la vallée du Richelieu où elle exercera pendant plus de dix ans et, encore aujourd'hui, la langue qui lui sert peut-être de trait d'union lorsqu'elle prodigue ses soins aux représentants des 150 nationalités qui lui rendent visite au coeur de Montréal, au CLSC du quartier Côte-des-Neiges.

Elle aura encore quelques mots pour la richesse qu'elle tire précisément de cette fréquentation quotidienne d'une multiplicité de cultures et d'approches de la vie, particulièrement lors de ces moments cruciaux que seront toujours la maladie et la naissance. En quelques mots, le Dr Jimenez met en évidence par l'exemple de quelle manière la différence de l'autre est quelque chose qui vous apporte beaucoup, et jamais quelque chose qui vous retire quoi que ce soit. Car, nous dit-elle, « ce sont les patients et toutes leurs histoires qui forment l'un des trois brins de cette tresse que constitue ma vie! »


AMIS, COLLABORATEURS ET FAMILLE


Assis: le Dr Gilles Julien, M. Isidore Sigouin, le Dr Vania Jimenez, M. Jacques Lorion et le Dr Hélène Rousseau.
Debout: Mmes Christel Benoît, Emmanuelle Jimenez, M. Dominic Mélasco, Mmes Judith Sigouin,
Catherine Sigouin, Elizabeth Sigouin, M. Thomas Adams, Mme Amélie Sigouin et M. Thomas Ouellette


C'est avec grâce que cette femme, dont le psychiatre et ethnologue Carlo Sterlin dit – et c’est un compliment – qu’il a enfin rencontré quelqu'un qui accepte d'être déstabilisé, a reçu en hommage un magnifique tableau de Lacroix, dont les fleurs lumineuses pourraient évoquer les flammes d'enthousiasme qui animent sa propre vie.

Pour conclure, le Dr Jimenez ne manque pas d'adresser un grand merci à M. de Sève pour « les grandes qualités de communicateur grâce auxquelles il a réussi à convaincre mon mari de venir ce soir. C'est lui qui a réussi à me faire accepter de laisser ce prix entrer dans ma vie familiale. Et c'est à lui que je dois d'être dans ce film avec ma famille et à cette table, ce soir, avec cinq de mes enfants! »

Le coeur et l’action chaudement applaudis

Les suivants à être appelés, vers la fin du repas, étaient les lauréats du Prix des médecins de coeur et d’action, remis conjointement avec le Groupe L’actualité médicale. Les médecins ainsi désignés comme « exemplaires » pour leur communauté étaient au nombre de dix. Qu'il s'agisse de leur implication sociale, de leurs engagements divers au niveau communautaire, dans leur institution hospitalière ou ailleurs dans le réseau de la santé, ces médecins ont mérité d'être ainsi honorés en reconnaissance du dévouement qu’ils ont montré dans la poursuite de leur action.


PRIX DES MÉDECINS DE COEUR ET D’ACTION


Première rangée: les Drs Jean-Marie Ékoé, Wilhelm B. Pellemans, Céline Bouchard,
Hélène Berlinguet et M. Marc Thibodeau.
Deuxième rangée: les Drs Serge Dulude, Stanley Vollant, André-H. Dandavino, Gilles Julien,
Michel A. Bureau, Marc Dionne et Nagy Charles Bedwani


Ils ont été vivement applaudis après avoir reçu chacun une sérigraphie des mains du Dr Wilhelm B. Pellemans, alors président de l’AMLFC, et de M. Marc Thibodeau, vice-président senior et éditeur aux Éditions Santé et Finance de Rogers. Les heureux élus ont été les Drs Nagy Charles Bedwani, de Montréal, médecin oeuvrant dans le domaine de la santé mentale; Hélène Berlinguet, de Saint-Ubalde, omnipraticienne en milieu non urbain; Céline Bouchard, de Québec, médecin en gynécologie et soins mère/enfant ; Michel A. Bureau, de Sherbrooke, médecin gestionnaire; André-H. Dandavino, de Saint-Jean-sur-Richelieu, médecin en formation médicale continue et en promotion de la santé auprès du grand public; Marc Dionne, de Québec, médecin oeuvrant en santé communautaire; Serge Dulude, de Montréal, omnipraticien en milieu urbain; Jean-Marie Ékoé, de Montréal, spécialiste en médecine spécialisée; Gilles Julien, de Montréal, médecin du domaine humanitaire et Stanley Vollant, de Baie-Comeau, spécialiste en chirurgie.

Le dernier des honneurs de la soirée a été le prix Abbott-Pelland- Brissette que l’AMLFC a remis conjointement avec le Collège des médecins du Québec, comme elle le fait chaque année, à un médecin qui s'est particulièrement distingué par son travail dans le domaine de la santé des femmes. Le lauréat de cette année, le Dr Claude A. Fortin, a été, lui aussi, chaleureusement accueilli par l'assemblée à l'occasion de cet hommage.


PRIX ABBOTT-PELLAND-BRISSETTE


Les Drs Suzanne Michalk, représentante du Collège des médecins
du Québec, Claude A. Fortin et Wilhelm B. Pellemans


C'est avec plaisir qu'il a souligné dans sa courte allocution qu'il était d'autant plus flatté de cet honneur qu'il y avait assez longtemps que celui-ci n'avait pas été accordé à quelqu'un de sexe masculin. Et c’est avec un clin d’oeil sympathique qu’il a ajouté : « En rafraîchissant mon curriculum vitæ, j'ai pris conscience de mon implication auprès des femmes. Je sais aussi que ce travail n'aurait pas été possible sans le soutien permanent et l'appui de mes collègues et – bien évidemment – de mon épouse, qui a montré suffisamment de patience pour supporter mon hyperactivité médical

Un au revoir ovationné

La soirée ne devait pas pour autant se terminer sans un hommage particulier dédié par M. de Sève, au nom de l'assistance, au Dr Wilhelm B. Pellemans, président sortant de l’AMLFC, pour les trois mandats qu'il a remplis au service de l'Association. Prenant le micro à cette occasion, le Dr Jacques Étienne Des Marchais a rappelé aux personnes présentes le dévouement, l'omniprésence et l'implication « viscérale » du Dr Pellemans. Il a souligné les qualités qui le caractérisent en insistant sur le dynamisme et le charisme que ce dernier a démontré alors qu’il tenait la barre de l'AMLFC. « Son sens de la discipline comme sa fluidité verbale ont marqué la façon dont il a mis en pratique le courage de ses opinions. L'énergie, la disponibilité et le sens de l'organisation qu'il a apportés au conseil d'administration de l’Association en font l'auteur d'un style qui marquera la fin du 20e et le début du 21e siècle. Au nom de tous nos collègues, de la permanence et des membres de l’AMLFC, je vous dis merci. »


HOMMAGE AU PRÉSIDENT SORTANT


Les Drs Wilhelm B. Pellemans et Jacques Étienne Des Marchais


Un superbe bronze d'Antonio Grediaga, intitulé « Othello », a été remis au Dr Pellemans en remerciement et en souvenir de son dévouement à la cause de l'Association. Ce bronze, qui représente Placido Domingo, avait une couleur affective, rappelant la prédilection du Dr Pellemans pour l'art lyrique. Un cadeau qui semble avoir su trouver le chemin de son coeur. C’est lui, bien sûr, qui a mis un point d'orgue à cette soirée avec, fidèle à sa manière, quelques mots à la fois directs, chaleureux et enthousiastes.

« J'ai éprouvé énormément de plaisir à assumer ces fonctions. Je vous dis un grand merci à tous. Une association, c'est avant tout la réunion d'un groupe de gens qui travaillent au bénéfice d'une idée. Et c'est le cas de la nôtre, c’est le cas de celle-ci. C'est un engagement bénévole au service de chacun. Mais je tiens aussi à joindre à mes remerciements une pensée particulière pour MM. André de Sève et Gilles Lapierre et le reste de l’équipe, qui n'ont jamais compté leur temps ni leurs efforts. À eux aussi, nous devons une grande partie de tous nos succès. Cent deux ans déjà et, je l'espère, de nombreuses années devant nous! » ]


PLACE À LA DANSE

Le Dr Vania Jimenez entraînant son mari sur la piste de danse


Le Dr Jacques Étienne Des Marchais et son épouse,
Mme Denise Lemay-Des Marchais