| Le Dr Wilhelm B. Pellemans |
Parution: octobre 2004
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Le tour du jardin... et quelques primeurs |
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| Par Sylvie Poulin | |

Le Dr Wilhelm B. Pellemans
Les grands dossiers
Fin 2002, l'AMLFC commence à faire circuler auprès des membres du conseil général et du conseil d'administration (CA) un questionnaire sur ses règlements, ses structures et sa mission. Un travail d'envergure s'annonçait. Voici un aperçu des résultats :
La refonte des règlements se terminera avec le congrès annuel, au mois d'octobre. Il ne s'agira pas de changements majeurs, semble-t-il, mais plutôt d'une modernisation des règles et des procédures de façon que l'AMLFC demeure à la fine pointe de la demande des membres, à savoir l'accès à certains services haut de gamme et l'appartenance à une association qui a des idées et qui les exprime.
Les structures ne seront que légèrement touchées (par exemple, le nombre de conseillers généraux, la répartition géographique, la définition des responsabilités, etc.). Quant à la mission de l'AMLFC, qui est de promouvoir la médecine d'expression française dans ses dimensions scientifique, culturelle et sociale, les membres ont décidé qu'elle resterait inchangée.
La demande de renouvellement de l'agrément en formation médicale continue (FMC), entreprise un peu avant 2004, va bon train. Une réponse sera donnée d'ici l'automne. Pour diverses raisons, le Dr Pellemans aura pondu ce dossier-ci pratiquement tout seul. Une tâche imposante, mais réalisable, d'autant qu'il connaît les questions de formation sous toutes leurs coutures (il préside le comité de la FMC depuis 1987 et est directeur du programme scientifique des congrès depuis 17 ans).
« J'ai dû y investir plus d'une centaine d'heures. C'est un dossier énorme, l'agrément... Il y a quinze critères fixés par le Collège des médecins du Québec. Il faut expliquer comment vous collez à ces critères, ce que vous avez fait pour améliorer les choses et ce que vous faites pour suivre la bonne voie. L'agrément que nous demandons est de cinq ans. Nous n'avons pas eu de difficulté à l'obtenir par le passé. En fait, faire reconnaître la qualité de la formation continue à l'AMLFC ne pose pas de problème. Parce qu'elle est excellente. D'ailleurs, nous avons tous les témoignages nécessaires à l'appui. »
Sur le front du «marketing» de l'Association, les résultats sont positifs, assure le Dr Pellemans, qui a lui-même contribué au recrutement de centaines de nouveaux membres (des médecins en exercice) au fil des ans. «Chaque année, on en voit quelques-uns ne pas renouveler leur adhésion. Et avec la baisse du nombre d'étudiants, on avait aussi un peu moins de membres de ce côté-là. Mais nous avons maintenant des mécanismes de rappel beaucoup plus précis. Au total, on perd moins de membres qu'on en perdait, et on en gagne plus qu'on en gagnait.»
Autre constante, mais d'un ordre différent : la vingtaine d'heures par semaine qu'un président de l'AMLFC doit consacrer à ses fonctions. « J'ai remarqué, depuis presque vingt ans que je siège au CA, que les gens ne se rendent pas compte, avant d'y être, de ce que cela représente comme "investissement personnel". J'ai maintes fois expliqué à mes successeurs - j'ai fait quatre mandats à la présidence - que ce poste demande du temps. Mais souvent, ce n'est que six mois après leur entrée en fonction qu'ils réalisent pleinement de quoi il en retourne. »
Rien pour encourager la relève... (rires) « L'accès aux postes du CA et de l'exécutif est ouvert à tous les membres. Et personne n'y arrive "inexpérimenté". Nos structures sont telles qu'elles donnent de l'expérience. Avant de devenir président, sauf exception, il faut siéger au conseil général au moins deux ans, puis deux années au CA, et ensuite deux années à la viceprésidence. C'est largement suffisant pour se plonger dans les dossiers et le déroulement des choses. À toutes les élections, il y a des candidats!»
Mais pas de jeunes. « Effectivement, on en retrouve peu dans nos instances. Mais certains, séduits par la philosophie de l'AMLFC, par les débats, sont prêts à y mettre le temps qu'il faut.» Et les femmes? « Malheureusement, elles ont déjà une double carrière. Au début de mon second mandat, en particulier, j'avais réussi à réunir des femmes au sein du CA. Elles ont toutes quitté, souvent pour des motifs familiaux. Dans les comités, elles sont un peu plus présentes, mais il est difficile d'attirer nos consoeurs "plus loin". »
D'opinions et d'opiniâtreté
Devenu membre de l'AMLFC en 1971, alors qu'il était étudiant, le Dr Pellemans entrera au conseil général en 1980, puis au CA en 1984. « J'ai eu de petites (lire vigoureuses) discussions avec les présidents de l'époque. Je trouvais qu'avec un budget qui pouvait durer à peu près trois mois et la moitié moins de membres qu'aujourd'hui, "ça n'allait pas bien". Il fallait vraiment donner un bon coup de barre à l'Association. »
Il finit donc par se présenter à la présidence. Sous le thème de la stabilité, le Dr Pellemans se fera fort d'aller chercher du financement et de revoir les règlements de fond en comble. « Nous devions nous donner les moyens de réaliser nos objectifs, et nous avons mis la barre très haute. » Quelques années plus tard (1995-96), il décide de reprendre le collier pour parachever ce qui avait été entrepris sur le plan de l'organisation interne, du marketing de l'Association et aussi du règlement efficace et rapide des dossiers.
Il en attrape au passage une réputation d'homme à la poigne de fer - il sait qu'on l'appelle souvent le dictateur. « Évidemment, quand on est un vieux cheval de bataille comme moi, on fait peur. (rires) Mais dictateur, c'est tout à fait faux. J'ai toujours eu l'appui de la grande majorité des gens, au CA ou au conseil général. Bien sûr, j'ai eu des oppositions parcellaires, mais dans un milieu extrêmement conservateur, être progressiste, ça bouscule des habitudes et c'est souvent dérangeant... »
Les médecins, explique-t-il, sont plus conservateurs que la moyenne des gens par la force des choses. « Ils doivent s'appuyer sur des éléments éprouvés pour diagnostiquer, traiter des maladies, etc. Ce n'est pas quelque chose de volatil, ou qui se fait sur un coup de tête. Il faut avoir des bases, et cela favorise le conservatisme. »
Et de déplorer du même souffle les chasses gardées des divers regroupements de médecins. « La formation médicale continue, c'est ce que l'AMLFC a fait de mieux tout au long de son histoire. Si l'Association y a ajouté certains services, c'était pour répondre à une demande en quelque sorte créée par l'apparition d'autres groupes, comme les fédérations et d'autres associations. La table de la compétition était mise... Or, je pense depuis longtemps que réunir l'ensemble de l'offre de services aux médecins du Québec aurait été une bien meilleure idée que de les offrir de façon morcelée, groupe par groupe, ne serait-ce que sur le plan du pouvoir d'achat. »
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« À mon successeur, cela tient en deux mots : disponibilité et collégialité.» - Dr Wilhelm B. Pellemans |
Le Dr Pellemans a la même conviction en ce qui a trait à la FMC. « Si on regroupait tout le beau monde qui s'en occupe (facultés de médecine, fédérations et autres sources), on ferait un meilleur travail. Et je crois que tout le corps médical en bénéficierait. » Cette union des forces, le Dr Pellemans la prêche depuis plus de vingt ans, notamment au nom de l'AMLFC, au sein du Conseil de l'éducation médicale continue du Québec. « Mais les gens ne sont tout simplement pas intéressés... Les médecins sont des individualistes, et cela se reflète jusque dans leurs regroupements. Personne ne veut se départir de ses prérogatives; chacun fait donc sa petite affaire dans son coin. »
Le citoyen Pellemans
La continuité et la rigueur auront marqué ses deux dernières présidences. « La continuité renvoie à la consolidation des changements amorcés lors de ma première présidence. Et la rigueur, c'est le maintien d'un esprit critique qui permet d'évaluer ses activités, de les perpétuer si on fait des bons coups, ou de les corriger si on fait des mauvais coups. C'est comme ça qu'on progresse. »
Au terme du présent mandat, le Dr Pellemans commencera à tirer sa révérence. « Je veux reprendre mon titre de "simple citoyen". Je vais assumer mes deux années de président sortant, mais aucune autre tâche. Ni pour la FMC, ni pour le congrès annuel. Je vais m'asseoir et regarder comment font les autres, simplement dans l'esprit de les aider à faire leur chemin le plus positivement possible. »
C'est que le Dr Pellemans estime avoir assez donné. « J'ai décidé de devenir un peu égoïste, de penser à moi. Du côté professionnel, il y a quatre ans, j'ai quitté le milieu hospitalier pour le privé et j'ai réduit de moitié ma pratique (de chirurgien plasticien). Vouloir maintenant me départir de mes responsabilités à l'AMLFC pour avoir plus de temps à moi s'inscrit dans cette même logique. » Du temps qu'il consacrera désormais à la lecture et aux voyages.
Le Dr Pellemans formule quelques souhaits pour l'avenir immédiat. « À mon successeur, cela tient en deux mots : disponibilité et collégialité. Toutes deux sont indispensables pour que l'AMLFC fonctionne bien, d'autant que les gens qui en font partie sont tous différents. C'est leur adhésion à une idée, leur conviction qui les rassemble. Il n'y a pas d'avantage financier à devenir officier de l'AMLFC.
« Que les gens qui travaillent à l'Association y soient purement par bonne volonté, sans désir de salaire ni de se bâtir un capital politique ou obtenir des avantages. C'est à la fois un atout et un inconvénient : à prendre en considération. Alors, il faut impérativement savoir convaincre.
« À l'AMLFC, je souhaite de poursuivre sa route. En ce moment, c'est un bateau solide (en très bonne santé financière) et bien organisé. Il n'y a donc pas de raison que l'Association cesse de voguer si elle maintient le cap et la manoeuvre. Je ne peux qu'encourager les membres à lui rester fidèles, parce qu'en l'absence de subventions et de cotisations obligatoires, ce sont eux qui nous permettent de continuer à faire notre travail, entrepris il y a 102 ans déjà... Il me semble qu'on pourrait le poursuivre encore un petit bout de temps! Elles sont rarissimes, les organisations qui ont cette belle longévité et l'expérience qui vient avec.»
Et à lui-même, le Dr Pellemans souhaite « deux années tranquilles comme président sortant » (rires), ce qui ne devrait pas manquer de se réaliser étant donné sa profonde connaissance des dossiers. Après quoi il prendra une paisible mais totale retraite de l'AMLFC, suivie - deux ans plus tard - d'une retraite professionnelle également totale.
Pour lui, l'AMLFC aura été... « une expérience fantastique. Je pense avoir apporté quelques petites choses à l'Association, mais elle m'a aussi apporté beaucoup. J'y ai rencontré bien des gens, j'ai eu l'occasion d'avoir des discussions extraordinaires. Ça m'a beaucoup aidé personnellement dans bien des domaines, surtout sur le plan intellectuel. »
Sa dernière prestation à vie de président sera de passer le flambeau. « Avec plaisir, dit-il en riant, et, sans prétention aucune, avec le sentiment du devoir accompli. » ]
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