| Le Dr Renée Turcotte |
Parution: août 2004
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| Elle a quitté son île | |
| Par Sylvie Poulin | |
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En 1953 naît un poupon « tout rose », que l'on prénomme Renée. C'est à l'Île d'Orléans qu'elle passera son enfance, sur une ferme, dans la municipalité de Sainte-Famille. Le futur Dr Turcotte s'inscrira donc tout naturellement à l'Université Laval pour y recevoir sa formation en médecine. « Mon père était enseignant, mais je crois qu'il aurait aimé être médecin. Quant à moi, je voulais une profession libérale, enrichissante, qui me permettrait d'être maître de moi-même. Disons que j'ai un peu déchanté depuis. » |
![]() Le Dr Renée Turcotte |
Durant son externat, elle devient membre de l'Association des médecins résidents et internes de Québec (AMRIQ). Elle y est nommée responsable de l'enseignement et assume la représentation de sa région à la Fédération des MRI du Québec (FMRIQ). C'est d'ailleurs au cours de cette période qu'elle rencontre l'homme qui partage encore aujourd'hui sa vie. Son conjoint (Daniel Beaudry) est pneumologue, et il exerce lui aussi à l'hôpital régional Georges-L. Dumont à Moncton, au Nouveau- Brunswick.
Le Dr Turcotte opte pour l'omnipratique et effectue sa résidence à l'hôpital Christ-Roi de Québec, puis à l'unité de médecine familiale (UMF) de l'hôpital Laval à Sainte-Foy. Elle commence ensuite sa pratique, en 1980, dans le petit village qui l'a vue grandir. Elle travaille avec une collègue et reçoit ses patients dans sa propre maison, quand elle ne les visite pas à domicile, « des gens de tous âges et de toutes conditions », préciset- elle.
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« On a évalué que dans la région de Moncton, environ 10 000 personnes n'ont pas de médecin de famille. » - Dr Renée Turcotte |
Pendant cette même première année, elle exerce à temps partiel à l'UMF de l'Hôtel-Dieu de Lévis, où elle s'occupe d'enseignement clinique, ce qui deviendra une constante dans sa vie de médecin. L'urgence de l'hôpital Laval puis celle de l'Hôtel-Dieu de Lévis l'accaparent aussi pendant quelques mois. Concurremment, le Dr Turcotte assume une charge d'enseignement à la faculté de médecine de l'Université Laval, auprès d'étudiants de premier cycle, sur le vaste sujet de la problématique de la santé. Finalement, elle réussit à caser dans un horaire déjà chargé la responsabilité du tutorat de stages de deuxième année portant sur les techniques d'entrevue et d'examen physique.
Partir pour mieux... repartir
Pendant près de deux ans, le Dr Turcotte continue de parfaire ses connaissances et d'améliorer son expertise. Ainsi, en 1981, elle décide de quitter Québec et de faire un fellowship en enseignement et recherche en médecine de première ligne au Centre Kellogg, qui relève de l'Hôpital général de Montréal. « J'avais l'impression que tout le monde en bénéficierait, autant les étudiants que moi-même. »
Au cours des deux années qui suivent, elle s'inscrit aussi au baccalauréat en psychologie de l'éducation et suit un cours en épidémiologie, dans les deux cas à l'Université McGill. Le Hertzl's Family Center, rattaché à l'Hôpital général juif de Montréal, l'accueille pour ses stages. Elle y travaille également à temps partiel comme enseignante à l'UMF, de même qu'au CLSC Côte-des-Neiges.
Son retour à Québec est de courte durée. Sollicitée par le Dr Aurel Schofield, qui procède alors à l'ouverture d'une unité d'enseignement en médecine familiale en collaboration avec le Dr Omer Doiron, elle accepte de déménager ses pénates en Acadie, plus précisément à l'UMF de l'hôpital régional Georges-L. Dumont. « Mon conjoint et moi avions d'abord envisagé de rester un minimum/maximum de cinq ans, mais "l'agrandissement de la famille" a contribué à la création de solides racines à Moncton. »
Au cours des mois suivants, le Dr Turcotte débute non seulement sa pratique à l'UMF, mais également celle en obstétrique. « Sans faire d'accouchements toutefois. La plupart de mes patientes choisissaient de cheminer avec moi jusqu'à la fin de leur grossesse, mais c'est l'un de mes collègues qui s'occupait d'aider à la naissance du bébé. »
Le Dr Turcotte accepte aussi la responsabilité du curriculum d'enseignement. « J'aime vraiment enseigner. Je ne crois pas pouvoir me passer de cet aspect de ma pratique. J'apprécie le contact avec les étudiants, les discussions, leurs questions. Bien sûr, il y a une obligation sous-jacente d'actualiser constamment ses connaissances, d'aller toujours plus loin. Mais pour moi, ce n'est pas une contrainte. »
Elle a par la suite été chargée de la formation sur la dynamique familiale. « J'aborde ici des thèmes tels que le fonctionnement d'une famille, l'impact de la maladie sur ses membres, de même que la relation du praticien avec ceux-ci. C'est un sujet très intéressant, en constante évolution. »
L'attrait de la diversité
« Mes journées sont bien remplies. Ma clientèle est variée et intéressante. Bien que je n'accepte pas souvent de nouveaux patients, ma clientèle continue d'augmenter du fait des mariages et des nouvelles naissances. J'ai donc le privilège de traiter des gens de tous âges, ce qui constitue un atout supplémentaire par rapport à ma charge d'enseignante clinique.
« Outre cette activité, je partage mon temps entre divers volets de la médecine. Bien sûr, il y a le bureau, où je reçois mes patients. Je travaille avec un résident de première ou de deuxième année en médecine familiale, de même qu'avec un externe de Sherbrooke, Montréal ou Québec.
« Je m'occupe aussi de l'hospitalisation et du suivi de ma clientèle. De temps en temps, je fais des visites à domicile. J'assume également, avec deux autres collègues, des gardes de deux semaines (consécutives) par mois aux soins palliatifs à l'hôpital. Et j'ai choisi d'assister des confrères au bloc opératoire en chirurgie générale et en orthopédie. Cela représente deux à trois jours de travail par mois. »
À quelques kilomètres seulement de l'hôpital se trouve Dieppe, là où est située l'UMF. On y compte une vingtaine de salles d'examen que se partagent une dizaine de médecins. « On a évalué que dans la région de Moncton, environ 10 000 personnes n'ont pas de médecin de famille. Mais heureusement, depuis que l'UMF est ouverte, on constate que les collègues s'installent ici, que les spécialistes reviennent. Le Nouveau- Brunswick arrive maintenant à garder ses médecins. »
Après avoir été secrétaire, puis chef du service de médecine générale, le Dr Turcotte est maintenant chef du département de médecine générale (depuis 2001). « C'est un domaine qui m'intéresse. Je crois sincèrement que chacun doit mettre l'épaule à la roue à un moment ou un autre, notamment en ce qui a trait aux tâches médicoadministratives. C'est un devoir moral que de faire sa part pour que les choses s'améliorent. »
Elle participe de plus à différents comités à l'hôpital, dans le réseau de l'Université de Sherbrooke et au niveau provincial. Enfin, elle accorde du temps au CMQ (ECOS) en tant qu'examinatrice, comme elle l'a fait pendant quelques années pour le CMFC.
Le sport ou « faites ce que je... fais »
Le Dr Turcotte est une personne qui bouge. « Je crois au sport comme élément essentiel favorisant une bonne santé et une diminution de la fatigue. Je pratique moi-même plusieurs activités physiques, dont la marche, seule ou en famille. J'aime aussi le golf, le ski alpin et le ski de fond. J'en constate les bienfaits, et je recommande à chacun de mes patients de s'y mettre. »
La médecine sportive présente un intérêt indéniable pour le Dr Turcotte. À preuve, elle a participé à plusieurs événements sportifs en tant que membre ou responsable de l'équipe médicale. Depuis 1998, elle a vu à quelques reprises les Jeux du Canada, ceux de l'Acadie, ou encore ceux de la Francophonie. Elle a également été présente lors de compétitions nationales ou internationales, et ce, dans des disciplines variées : le patinage artistique, le baseball, le cyclisme sur route, le volleyball de plage, le triathlon, de même que le judo et le karaté.
Depuis quelques années, le Dr Turcotte a acquis une bonne expertise dans le domaine de la nage synchronisée. « Accompagner ses enfants dans leur pratique sportive ouvre des horizons intéressants. J'ai eu le goût de suivre une formation pour devenir juge en nage synchronisée. J'agis aussi en tant qu'officiel lors de compétitions de nage au Nouveau-Brunswick : on me confie la tâche d'être juge de virage, ou de style, ou encore celle de chronométreur. »
De l'action au programme
Mère de quatre filles, âgées de 13 à 19 ans, le Dr Turcotte n'a pas une vie ennuyante. « J'ai appris à limiter mon horaire de travail, à ne pas dépasser 60 heures par semaine. Je tiens à être présente pour les membres de ma famille. Je veux prendre part aux événements qui tissent leur vie.
« Professionnellement, j'espère pouvoir parfaire ma formation en soins palliatifs. J'aimerais travailler à l'amélioration de ce programme d'enseignement aux résidents. Je ne sais pas si j'accroîtrai mes r e sponsabilités administratives, mais j'entends bien continuer à offrir ma participation aux divers comités existants.
« D'autre part, je souhaite profondément avoir la chance d'apporter ma contribution aux prochaines compétitions de nage, qui se tiendront au Yukon. C'est un travail bénévole, mais tellement enrichissant! Et ce serait une chance incroyable de découvrir cette partie du pays. » ]
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