Mot du président
Éthique et déontologie
Parution: mars 2004

  • Éthique médicale : ensemble des règles morales qui s'imposent aux différentes activités des médecins.
  • Déontologie : ensemble des règles et des devoirs qui régissent une profession, la conduite de ceux qui l'exercent, les rapports entre ceux-ci et leurs clients ou le public. (Le Petit Larousse illustré 2002.)

Récemment, nous avons assisté à un autre cirque médiatique qui a inutilement suscité de l'angoisse et provoqué du ressentiment au sein de la population. Il est un peu frustrant de constater l'importance que l'on accorde à certains événements lorsqu'ils visent la profession médicale, alors que des problèmes de même nature laissent indifférent lorsqu'il s'agit d'autres corps professionnels. On n'a qu'à songer au domaine de l'ingénierie (ponts, routes, etc.) ou, encore, à tout ce qui touche à l'avenir de nos enfants (éducation, dettes, etc.).

Il nous faut évaluer l'importance pour notre profession de donner en tout temps un portrait réel de ses membres qui montre bien leurs compétences, la mise à jour de leurs connaissances médicales et la poursuite d'objectifs de haut niveau pour maintenir la santé de la population. Les moyens mis en oeuvre par le Collège des médecins du Québec, les divers organismes médicaux et les membres de la profession - à titre individuel - pour atteindre ces objectifs semblent adéquats.

Par contre, il est évident que la profession (comme les autres groupes professionnels, d'ailleurs) montre une grande discrétion quant à l'application de ces moyens. Or, cette soi-disant loi du silence ou omerta - ainsi que d'aucuns la nomment - nous dessert auprès de la population et cela bat en brèche le degré de confiance indispensable à la pratique d'une médecine de qualité.

La divulgation, voire la publication des règles établies légalement (lois) ou acceptées en tant que groupe (code de déontologie) devrait rassurer une population qui saurait ainsi que la profession prend tous les moyens à sa disposition pour exercer une médecine de haut niveau. Il est également de mise d'expliquer le rôle du Collège des médecins du Québec non seulement à ses membres, mais aussi à la population.

Trop souvent, le Collège ne se fait pas entendre au moment opportun, perdant beaucoup de temps à «réfléchir » à une action et à sa divulgation plutôt que d'être présent au moment où l'on attend « à chaud » sa réaction.

De même, les organisations médicales - tant sur les plans local, régional et provincial - devraient soutenir les instances médicales dans leurs efforts pour créer des comités d'éthique et s'assurer de leur bonne marche, montrer l'importance de leurs règles, des cas d'études (en termes de cas et non d'individus), et ce, pour tout ce qui touche aux soins quotidiens, de même qu'à la recherche et aux nouvelles technologies.

Lorsque l'habitude d'« en parler» sera prise, c'est-à-dire une fois que chacun de nous saisira la nécessité de le faire dans l'optique d'offrir de meilleurs soins aux patients, les individus éprouveront moins de réticences à dévoiler certains problèmes qui pourraient avoir des répercussions.

Une telle attitude nous permettrait d'éviter l'arrivée de certains vautours profitant de situations médiatisées, se posant en défenseurs de la veuve et de l'orphelin, et suggérant poursuites et recours, dont ils seront, bien sûr, les premiers bénéficiaires.]

Wilhelm B. Pellemans, MD
Président de l'AMLFC