| Le Dr Jean-Jacques Dallaire |
Parution: août 2002
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Le chef des « guerriers de Jonquière » |
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Le Dr Jean-Jacques Dallaire se caractérise par son dynamisme, son esprit combatif et sa perspicacité. Ses expériences l'ont amené à développer une ténacité exceptionnelle, à ne pas lâcher prise, même quand la situation paraît totalement désespérée. Si ce n'avait été le cas, il n'est pas certain que l'Hôpital de Jonquière existerait toujours. Cela remonte à 1998. Cette institution étant alors menacée de fermeture, les médecins de Jonquière ont décidé de démissionner en bloc. Cet événement mémorable est arrivé alors que Lucien Bouchard se présentait pour devenir député de Jonquière. Cette démission arrivait au pire moment. « Nous n'avions pas le choix, soutient le Dr Dallaire. Le gouvernement ne voulait pas reculer. Cette solution a été entérinée en désespoir de cause; c'était la seule façon de faire bouger le Ministère. |
![]() Le Dr Jean-Jacques Dallaire |
« Rétrospectivement, je pense qu'il a été positif de démissionner en bloc, dit le Dr Dallaire. C'est ce qui a sauvé l'Hôpital de Jonquière. Les médecins sont sortis dans la rue. Nous avons expliqué à la population qu'on se préparait à fermer subrepticement l'hôpital. La population était derrière nous, ce qui a fait mal aux politiciens. C'est au niveau politique qu'a été créée de toutes pièces cette crise qui a entraîné l'Hôpital de Jonquière et celui de Chicoutimi dans une spirale destructrice. Les gens du Ministère sont venus nous rencontrer pour que nous retournions au travail. Supplications et promesses nous ont amenés à faire acte de confiance malgré de profondes réticences. Les médecins ont signé une entente. Ils sont rentrés. Pour être aussitôt oubliés. Nous avions tous un goût amer de trahison dans la bouche. Nous avons relancé nos interlocuteurs au Ministère. Les mesures promises lors de nos discussions avec le Ministère, nous devons aujourd'hui les arracher à la pièce. » Par la suite, Jonquière a obtenu des primes d'établissement pour les médecins qui veulent y pratiquer. Des mesures ponctuelles de ressourcement ont aussi été accordées. « À Jonquière, dit le Dr Dallaire, nous avons eu l'assurance d'obtenir des bourses pour de jeunes médecins. Cela faisait partie des mesures Bouchard qui devaient nous être accordées au départ. Mais chaque fois qu'un boursier se montre intéressé, il faut à nouveau s'adresser au Ministère pour obtenir ladite bourse, et ce, de haute lutte. »
Conséquence dramatique de cette lutte historique : sur la quarantaine de médecins qui oeuvraient à l'Hôpital de Jonquière, quatorze n'ont jamais réintégré les rangs. Ceux qui sont restés doivent assumer le fardeau de tous ces patients orphelins. « Nous sommes encore en crise actuellement, déplore le Dr Dallaire. Nos trois pédiatres et nos trois orthopédistes sont partis. De plus, le manque d'orthopédistes sévit dans toute la région. Nous avons aussi perdu trois spécialistes en médecine interne. Nous nous battons pour que des médecins viennent nous prêter main-forte ponctuellement. L'été dernier, nous avons sauvé l'urgence. Mais pour combien de temps tout cela? »
Le Dr Dallaire se dit prêt à poursuivre son travail comme président du CMDP à Jonquière jusqu'à ce que l'hôpital soit « remis sur ses rails ». En bout de ligne, c'est la population qui souffre le plus cruellement de la situation qui prévaut à Jonquière, et cela touche beaucoup le Dr Dallaire. « Idéalement, pour répondre aux besoins de la population, il faudrait que l'Hôpital de Jonquière offre les services de première ligne et dispose d'une urgence et de cliniques ambulatoires. Il faudrait aussi développer des cliniques externes : santé des femmes, maladies pulmonaires obstructives chroniques, santé des adolescents (en lien avec les CLSC). Si les chirurgiens de Chicoutimi acceptaient d'opérer en clinique externe d'ORL à Jonquière, ce serait merveilleux. Si l'on pouvait reprendre notre essor en orthopédie, en ORL et éventuellement en ophtalmologie, en réadaptation aussi; si l'on pouvait poursuivre notre action pour ce qui a trait à la toxicomanie et à l'alcoolisme, je pense que la population aurait alors des services adéquats. C'est ainsi que je vois l'avenir de l'Hôpital de Jonquière », résume le Dr Dallaire.
Tout jeune, il savait déjà ce qu'il voulait
Jean-Jacques Dallaire fait son cours scientifique lorsqu'il apprend qu'il doit s'inscrire au cours classique pour pouvoir appliquer en médecine. Il débute ses démarches pour s'inscrire au cours classique, mais entre-temps, ce dernier est aboli, dans le cadre de la réforme de l'Éducation des années 1970. Il s'inscrit donc en sciences de la santé au cégep de Jonquière. N'ayant pas été admis en médecine à l'université dans un premier temps, il s'inscrit en biologie à l'Université de Montréal, dans l'espoir d'être admis en médecine par la suite. Alors qu'il termine sa première année en biologie, il se marie à une amie d'enfance. « Lorraine savait que j'entretenais un amour inconditionnel pour la médecine, dit le Dr Dallaire, et que je voulais y arriver à tout prix. Elle m'a toujours appuyé, moralement et financièrement, afin que je puisse atteindre cet idéal. » Le Dr Dallaire complète son baccalauréat, fait une deuxième demande et... n'est pas admis encore une fois.
Dépité, il s'inscrit au programme de maîtrise en sciences cliniques à l'hôpital Sainte-Justine, considérant qu'il aurait alors l'opportunité de travailler avec des chercheurs médecins. Et il a effectivement eu l'occasion de rencontrer des médecins qui l'ont aidé. « C'est grâce au Dr Jean Gonthier, originaire de la France, que j'ai rencontré le Dr Jean-Claude Fouron, cet être extraordinaire, cardiologue-pédiatre à l'hôpital Sainte-Justine. Cet homme, un chercheur spécialiste de haut niveau, à l'horaire extrêmement chargé, a pris le temps de m'écouter, tout simplement, et s'est intéressé à mon sort, s'étonne encore le Dr Dallaire. Il m'a embauché dans son laboratoire, non comme chercheur - parce qu'il n'avait pas de budget de recherche -, mais comme appariteur. » Le Dr Dallaire pouvait enfin débuter son projet de recherche et côtoyer les médecins de l'hôpital.
Au laboratoire, le Dr Dallaire a travaillé avec le Dr Corcaz, qui venait de Lyon et qui complétait une maîtrise en recherches cliniques. « Nous avons dialogué sur l'Europe, se souvient le Dr Dallaire, la France, la médecine là-bas, sur le fait qu'en France, il n'y a pas de contingentement à l'admission en médecine. » Et de fil en aiguille, l'idée prend forme de se rendre en France pour y débuter des études de médecine puisqu'ici, au Québec, l'horizon était complètement fermé. De là, le Dr Dallaire fait parvenir des demandes à Grenoble, Lyon, Paris et Strasbourg. Il est admis à Strasbourg. « J'avais maintenant la possibilité d'entrer en médecine. Une ouverture s'était créée, et c'était magnifique! » Mais il n'était pas au bout de ses peines.
Lorraine abandonne son travail en esthétique à Montréal, et le jeune couple quitte Montréal (en 1975) à destination de Strasbourg. C'était la grande aventure. Comme étudiant étranger, Jean-Jacques Dallaire a dû passer un examen de français dès l'entrée. Ce sont 1 200 étudiants qui étaient inscrits en première année de médecine à Strasbourg. « On se retrouvait dans des amphithéâtres de 600 personnes, mentionne le Dr Dallaire. Un groupe s'y rendait le matin alors que l'autre groupe faisait des travaux pratiques l'avant-midi et assistait aux cours l'après-midi. Au début, je me présentais à la Faculté à 8 h 20 puisque les cours commençaient à 8 h 30. Je n'ai jamais été capable d'entrer dans l'amphithéâtre à cette heure. Nous n'étions pas seulement 600 le matin, mais bien 700 et parfois même 800. C'est que les gens qui suivaient leurs cours l'après-midi, s'ils n'avaient pas de travaux pratiques le matin, se rendaient aux cours du matin pour prendre de l'avance. J'ai vite compris que pour réussir dans ce capharnaüm, il me fallait procéder autrement. »
Un jeune homme perspicace
Désormais, lever à 4 h. Départ de Neudorf, petite banlieue de Strasbourg, et vingt minutes de marche pour se rendre à l'université. Arrivée à 5 h. Aussi matinal qu'il ait pu être, le Dr Dallaire n'a jamais réussi à être le premier arrivé. La faculté de médecine de l'Université Louis-Pasteur fait partie intégrante des hospices civils de Strasbourg, dont l'origine remonte aux 12e et 13e siècles.
Tous les matins, le Dr Dallaire faisait le pied de grue devant cette enceinte jusqu'à 7 h 45. « Les portes à peine entrouvertes, dit-il, les gens s'engouffraient dans la salle comme des souris affamées qui veulent dévorer un fromage. Il fallait monter deux étages pour atteindre le haut de l'amphithéâtre et ensuite redescendre vers l'avant dans la pénombre. Les gens avaient des lampes de poche. Si tu titubais et tombais, tu pouvais te faire piétiner. » Mais qu'à cela ne tienne, le Dr Dallaire était déterminé à réussir. Seulement 400 étudiants étaient admis en deuxième année.
À la Faculté, Jean-Jacques Dallaire avait pour compagnon d'armes le Dr Pierre Plante, aujourd'hui physiatre à Montréal. « Avec sa grosse barbe, dit-il, Pierre était impressionnant. Nous avons dû jouer du coude pour faire notre place et Pierre a largement contribué à ce que les jeunes Québécois que nous étions se fassent respecter. Je me suis également lié d'amitié avec un jeune Allemand, le Dr Ernst W. Braëchle, devenu chirurgien traumatologue, dont le cheminement était semblable au mien. » Ernst esquissait les dessins et Jean-Jacques prenait les notes. Lorraine reprenait les dessins le soir. Elle les reproduisait pour les autres étudiants québécois. Elle a accumulé des connaissances ainsi. « Elle mériterait un doctorat honoris causa », soutient son époux. À la fin de cette année de guerre de tranchées, Jean-Jacques Dallaire était admis en deuxième année de médecine. « J'ai su que j'allais terminer ma médecine à ce moment-là », dit-il. Doucement, il prend goût à la vieille Europe. « C'était merveilleux. Nous avions des amis français, allemands, algériens, etc. Nous voyagions quelque peu. » Le Dr Dallaire revenait travailler à Chicoutimi l'été et repartait pour Strasbourg à la fin de septembre. La Faculté ouvre ses portes en octobre, car ce sont les vendanges en septembre.
Puis vinrent les stages. Dans certaines spécialités, cela relevait de l'exploit. « Avec 400 étudiants stagiaires en chirurgie, il était impossible d'entrer tous dans le bloc opératoire, dit le Dr Dallaire. La formation se donnait en circuit fermé, sur vidéo. » Heureusement pour lui, les Québécois sont bien aimés en Europe. Une infirmière avait fait en sorte qu'il puisse assister à une intervention chirurgicale dans la salle même où se déroulait l'intervention.
Il veut revenir dans son Saguenay natal
Après cinq années d'études en médecine, il fallait penser à revenir au Québec. « J'avais presque 30 ans, mentionne le Dr Dallaire. Comme je n'avais pas droit aux prêts et bourses, j'étais criblé de dettes. Mon frère avait accepté d'être endosseur pour que je puisse emprunter. » Sa femme Lorraine était enceinte. Comble de tout, le diplôme français de médecine accordé aux médecins étrangers ne leur permet pas de pratiquer en France.
Au Québec : même chose. Au Collège des médecins du Québec, on lui a bien expliqué qu'il était considéré comme un médecin étranger et qu'il lui fallait réussir les examens d'entrée. Il fallait aussi qu'il obtienne sa licence du Conseil médical du Canada (LMCC), ce qui n'était pas obligatoire pour les étudiants québécois. La vis se resserrait encore une fois...
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"Rétrospectivement, je pense qu'il a été positif de démissionner en bloc. C'est ce qui a sauvé l'Hôpital de Jonquière." - Dr Jean-Jacques Dallaire |
Le Dr Dallaire rencontre le registraire à l'université. On lui explique qu'effectivement, des médecins étrangers sont admis, mais que tout le monde est sur le même pied, peu importe son niveau de formation. « Je me suis présenté en même temps que Pierre Plante et André Behamdouni, un Canadien d'origine égyptienne qui était en troisième année de médecine, alors que Pierre et moi-même étions en cinquième année, dit le Dr Dallaire. Nous avons fait de la pige tout l'été. Pierre Plante est admis en quatrième année de médecine. André Behamdouni est lui aussi admis. Je suis seul laissé en plan. Le mauvais sort s'acharne. Je retourne chez le registraire. Je tente d'expliquer ma situation, qui était - à proprement parler - désespérée. L'idée me vient de leur offrir de débuter en troisième année de médecine puisqu'il n'y avait pas d'autre alternative. Finalement, deux semaines plus tard, j'apprends que je suis admis en troisième année. Le vent avait enfin tourné. C'était la fête. Je repars pour l'Europe afin de rapatrier mes bagages et vendre les meubles que je ne pouvais ramener au pays. » Le 4 septembre au soir, son épouse donne naissance à son premier enfant, un garçon qui sera prénommé Alexandre. Le Dr Dallaire débute ses cours le 5 septembre, à l'Université de Montréal. À l'heure du dîner, il se rend à l'hôpital pour y visiter la nouvelle maman. Les étudiants offrent à l'aîné de la classe une magnifique gerbe de fleurs.
De retour au Saguenay
Au terme de ses études, le Dr Dallaire avait l'intention de retourner dans sa région natale pour y pratiquer la médecine. À l'internat rotatoire, il demande à être transféré dans la région de Québec. À l'hôpital de l'Enfant-Jésus, il développe peu à peu un intérêt pour la traumatologie et, de là, pour la médecine d'urgence. Ses études terminées, fin 1983, il décide de s'installer à La Baie, située à 12 kilomètres de Chicoutimi, où il ouvre une clinique. Il y pratique la médecine générale et l'obstétrique. Peu après, il commence à faire de la médecine d'urgence à l'Hôpital de Jonquière, situé à une trentaine de kilomètres.
En 1984, il s'intéresse également à Jonquière-Médic, un service de médecine d'urgence à domicile. Il voyage constamment entre La Baie et Jonquière et il s'essouffle à ce rythme. Joanie naît. La famille s'agrandissant, le Dr Dallaire décide de modifier un peu sa pratique : il pouvait travailler jusqu'à 90 heures par semaine. Il déménage à Jonquière et se consacre alors exclusivement à la médecine d'urgence. Il s'intéresse à l'aspect médico-administratif de Jonquière-Médic et accepte même d'en assumer la présidence, au moment où l'organisme est en sérieuse difficulté financière. Il réussit à remettre sur pied cet organisme à but non lucratif.
La vocation médico-administrative hospitalière
Lorsqu'il a accepté d'assumer la présidence du CMDP de l'Hôpital de Jonquière, en 1997, à l'invitation de ses collègues, le Dr Dallaire n'avait aucune idée de la tornade qui se dissimulait à l'horizon. « À l'époque, tout semblait bien aller, dit-il. Je considérais ce poste comme une opportunité d'ajouter à mon expérience en travail médico-administratif. Nous avions un bel hôpital qui offrait à la population des soins complets. On y retrouvait de l'obstétrique, de la pédiatrie, de l'orthopédie et de la chirurgie générale. Nous étions un centre de traumatologie secondaire. »
C'était avant que ne se manifestent les visées gouvernementales de la complémentarité entre l'Hôpital de Jonquière et celui de Chicoutimi. « Du jour au lendemain, j'étais sur la place publique à défendre ce dossier, dit le Dr Dallaire. Nous avions perdu l'obstétrique et l'orthopédie. Plus question de centre de traumatologie. On voulait nous fusionner avec Chicoutimi. Jonquière semblait destiné à devenir un centre de soins de longue durée. C'était la crise et le débat culminait dans les médias.
« Nous avons sauvé notre hôpital de justesse. Aujourd'hui, je veux apporter mon concours afin que l'hôpital s'inscrive dans la dynamique des années 2000. Nos administrateurs ont réussi à obtenir le centre de réadaptation et les unités fonctionnelles de réadaptation intensive. Une construction de 12 millions de dollars est en cours, sur le modèle du centre François-Charron à Québec. Nous offrirons également des services pour le traitement de la toxicomanie et de l'alcoolisme. Nous avons aussi des unités de soins de courte durée en gériatrie, dans un contexte de réadaptation. L'hôpital s'est vu reconnaître sa mission en soins aigus. Actuellement, nous nous battons pour réimplanter la chirurgie », mentionne le Dr Dallaire.
Alors que les conseils d'administration des hôpitaux de Jonquière et de Chicoutimi avait été fusionnés, M. Claude Desjardins, nommé par le Ministère afin d'évaluer la situation, a constaté que cette fusion constituait un échec. On a donc redonné leur indépendance à chacun de ces deux conseils d'administration. « La situation s'est nettement améliorée depuis, dit le Dr Dallaire. Jonquière a retrouvé son entité administrative, mais n'a jamais pu retrouver les ressources qu'il a perdues alors. L'obstétrique est demeurée à Chicoutimi, ainsi que l'orthopédie. L'an dernier, Mme Marois nous avait autorisés, le temps que s'établisse une certaine accalmie, à avoir quelques lits en chirurgie. Nous sommes à remettre sur pied la chirurgie à Jonquière et développons notre mission ambulatoire. Nous nous sommes fusionnés avec le CLSC. Une fusion avait déjà eu lieu avec les centres d'accueil et d'hébergement de la ville. L'Hôpital de Jonquière se nomme maintenant le Carrefour de santé de Jonquière. Il offre des soins de courte et de longue durée. Si l'on considère l'ensemble de nos ressources, nous avons 400 lits en tout. Mais nous n'avons que 70 lits actifs en médecine au centre hospitalier, comparativement à 200 lits auparavant.
« Il y a trêve en ce moment entre l'Hôpital de Jonquière et celui de Chicoutimi. Quand la poussière est retombée, nous avons décidé de dialoguer. Nous avons créé un mouvement saguenéen afin de détenir une meilleure force de frappe auprès de la Régie régionale. Il faut savoir que nous sommes défavorisés face au Lac-Saint-Jean, qui est une zone désignée. Les médecins qui veulent s'installer au Saguenay ont droit à une rémunération de 100 % tandis que celle des médecins du Lac-Saint-Jean est de 115 %. Notre population médicale a donc migré vers le Lac-Saint-Jean. Comme nous sommes situés à 20 minutes seulement d'Alma et qu'il y a une autoroute qui nous relie maintenant, cela favorise cet exode. »
La médecine du travail
« J'ai 52 ans, dit le Dr Dallaire. Éventuellement, je vais mettre un terme à ma pratique en médecine d'urgence pour opter pour la médecine du travail. En médecine, nous avons la possibilité d'adapter notre travail en fonction de notre âge, de nos capacités physiques et de nos goûts. C'est merveilleux. D'ici cinq ans, je devrais avoir effectué ce changement et remis les armes comme président du CMDP de Jonquière. »]