| Le Dr Luc Valiquette |
Parution: juin 2002
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Augustin Roy lui avait dit de s'engager... |
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Alors qu'il n'avait que 4 ou 5 ans, Luc Valiquette suivait son père (médecin de famille) à l'hôpital et au domicile des gens. Son père a été gouverneur au Collège des médecins pendant une trentaine d'années. Tout comme lui, Luc Valiquette aime non seulement la médecine clinique, mais également tout ce qui a trait à la gestion en médecine. Le parcours du Dr Luc Valiquette en est un d'engagement, de décisions et de réussite, que ce soit en clinique, en enseignement, en recherche ou en gestion. Il a reçu le prix Norwich-Eaton et le prix Schering de l'Association des urologues du Québec pour la qualité de ses présentations scientifiques. Il a été nommé auteur du meilleur texte publié dans le Cahier de formation médicale continue de L'Actualité médicale en 1992 et a été corécipiendaire, en 1994, du trophée Agora remis par le Club des ambassadeurs du Palais des congrès de Montréal (pour la tenue à Montréal du congrès de la Société internationale d'urologie). |
![]() Le Dr Luc Valiquette |
Le Dr Valiquette a été un des membres fondateurs de l'Association des professeurs cliniciens de la faculté de médecine de l'Université de Montréal. Successivement, il en a assumé la fonction de secrétaire, vice-président et président. Le mode de rémunération des professeurs cliniciens était l'un des dossiers importants de l'Association, un dossier qui tient toujours à coeur au Dr Valiquette, et dont il s'est occupé pendant plusieurs années. Il s'est fait élire également au conseil de la faculté de médecine de l'Université de Montréal et a siégé à l'exécutif. Il connaît bien aussi le Collège des médecins du Québec. Il y a rédigé des expertises pour le bureau du syndic. Il a été membre substitut au comité d'examen de spécialité en urologie et a agi comme examinateur. Au Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada, il a été vice-président du comité d'épreuves en urologie et examinateur aux examens de spécialité en urologie. Au niveau de l'Association des urologues du Québec, il a été président du comité d'éducation médicale continue, membre de l'exécutif et président (pendant deux ans).
Durant la même période, à la Fédération des médecins spécialistes du Québec, il a été membre de la commission des présidents et a participé activement à la révision des statuts et règlements de la FMSQ. Il a par la suite représenté les médecins au comité de négociation FMSQ-MAS. Au niveau de l'Association canadienne d'urologie, il a été membre de l'exécutif et président de la fondation boursière de cette association. Il est aussi membre de l'Association américaine d'urologie.
Le Dr Valiquette a été arbitre externe au Conseil d'évaluation des technologies de la santé du Québec. Il a également assumé la présidence des Professionnels canadiens de l'urodynamique. À la Société internationale d'urologie, il a occupé entre autres le poste d'adjoint au secrétaire général. Il est délégué de la section cana-dienne de la Société internationale d'urologie en plus d'être président du comité d'organisation du prochain congrès de la Société, qui aura lieu à Stockholm en septembre 2002. De plus, malgré ses lourdes responsabilités, il n'a pas hésité à accepter de devenir consultant pour l'Association des paraplégiques du Québec et membre du conseil d'administration de la Fondation canadienne d'aide aux personnes incontinentes.
Membre actif du CMDP de l'hôpital Saint-Luc depuis 1984, le Dr Valiquette - à la création du CHUM - a été membre du comité du plan de pratique et du conseil d'administration de la Société des médecins du CHUM. Il entame sa troisième année à la présidence de l'exécutif du CMDP du CHUM et est membre du conseil d'administration du CHUM. Si Luc Valiquette avait un souhait, ce serait celui d'entreprendre une maîtrise en administration de la santé, maintenant qu'il a acquis une expérience précieuse sur le terrain.
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"J'ai toujours aimé la gestion et l'administration. J'aime comprendre et mettre de l'ordre dans les dossiers. Il y en a qui pensent parfois que je sème le désordre, mais peu importe. Mettre des systèmes en place m'intéresse." - Dr Luc Valiquette |
« J'ai toujours aimé la gestion et l'administration, dit le Dr Valiquette. J'aime comprendre et mettre de l'ordre dans les dossiers. Il y en a qui pensent parfois que je sème le désordre, mais peu importe. Mettre des systèmes en place m'intéresse. » Le Dr Valiquette se retrouve au coeur de l'action, au CHUM, il va sans dire. Il se fait le défenseur de l'hôpital neuf promis par le Ministère. « La population et les travailleurs de la santé méritent ce nouvel hôpital, dit-il. Je participe à des congrès à travers le monde et je visite de nombreux hôpitaux. Ici, on travaille dans des conditions difficiles et on n'a pas besoin d'aller loin pour s'en rendre compte. Que l'on songe à Toronto, Halifax ou Vancouver : en comparaison, la qualité de nos hôpitaux est déplorable. Les Québécois méritent mieux que cela. Je suis convaincu que cet hôpital neuf sera construit suffisamment tôt pour que je puisse y travailler. Je ne suis pas sceptique en ce qui concerne le projet, mais je le suis quant aux échéanciers.
« Les gens n'ont pas le choix : ou ils se cantonnent dans de vieilles bâtisses, ou ils adhèrent à un projet qui s'ancre dans la modernité et permet de nous positionner à l'avant-garde de la médecine nord-américaine. Nous aurons ainsi un hôpital qui est à la hauteur de ce qui se fait en médecine dans nos sociétés occidentales. Certaines personnes sont encore réticentes face à ce projet, mais je suis convaincu que d'ici dix ans, elles sauront en reconnaître le bénéfice. On ne peut pas conserver les mêmes vieilles bâtisses pendant encore cent ans. Il y a des limites à retaper du vieux. S'ils avaient été situés ailleurs dans le monde, l'Hôtel-Dieu et l'hôpital Royal Victoria auraient déjà été transformés en lieux historiques. »
Ce que le Dr Valiquette craint, eu égard à ce projet de construction, c'est l'inertie bureaucratique. « Quand on veut bâtir quelque chose dans un hôpital actuellement, dit-il, on doit franchir une vingtaine d'étapes comprenant différents niveaux décisionnels. Et ça, c'est lorsqu'il s'agit de la procédure accélérée! On doit apprendre à sauter des étapes. » Le Dr Valiquette considère que les médecins devraient avoir davantage de droits décisionnels dans l'organisation de la santé. La pénurie d'infirmières illustre bien, à son avis, le degré de compétence de certains fonctionnaires qui, malgré les conséquences catastrophiques découlant des décisions qu'ils ont prises, demeurent parfaitement anonymes.
« Tous les organismes médicaux avaient sonné l'alerte, il y a quelques années, dit-il. Mais, pour des raisons purement économiques, on a tout de même envoyé à la retraite des milliers d'infirmières expérimentées. Bientôt, nous vivrons une situation encore plus dramatique : une pénurie de médecins comme on n'en a jamais vue encore au Québec, et cela, parce qu'on n'aura pas tenu compte des cris d'alarme lancés par les médecins. Il faut compter douze ans pour former un spécialiste, poursuit le Dr Valiquette. Ces fonctionnaires errent complètement. Ils veulent nous imposer toutes sortes de lois et de mesures pour nous responsabiliser face aux soins à donner. Ce sont eux qui font fermer les hôpitaux, pas nous. Paradoxalement, ce sont les médecins qui sont pointés du doigt.
« Pourtant, si les médecins n'étaient pas les entrepreneurs qu'ils sont en réalité, les conséquences seraient bien plus dévastatrices encore, soutient le Dr Valiquette. S'il fallait aller au même rythme que les fonctionnaires, le système serait en déroute totale. L'inertie bureaucratique est incroyable. L'exemple du CHUM est patent : le gouvernement a fusionné trois hôpitaux en un, mais il ne lui donne pas les moyens de se réaliser. Le gouvernement a imposé la fusion, mais il n'a pas donné les argents nécessaires pour la concrétiser. En ne modifiant pas le code du travail, il a permis le maintien de 46 syndicats indépendants, un enfer organisationnel. Et il a créé une pénurie d'infirmières. Quel gâchis administratif! »
Le Dr Valiquette trouve dommage qu'au Québec, les médecins ne s'impliquent pas au niveau décisionnel sociétal. « Je suis estomaqué de voir comment on a réussi non seulement à exclure les médecins de l'aire d'influence sociale, mais également à les démobiliser profondément. »
La clé qui ouvre la porte
Le Dr Valiquette a beaucoup aimé sa formation en médecine à l'Université de Montréal. Il a aussi étudié pendant un an à l'hôpital Royal Victoria, histoire de se familiariser avec la langue anglaise. Il choisit ensuite de se spécialiser en urologie et revient dans le réseau de l'Université de Montréal, aux hôpitaux Saint-Luc, Notre-Dame, Maisonneuve-Rosemont et Sainte-Justine.
En 1984, on le retrouve à Nantes, en surspécialité, où il fait l'apprentissage de l'urodynamique. À la fin de cette même année, il se rend au Baylor College of Medicine, à Houston au Texas, où il complète un fellowship sur les lithiases et un autre en chirurgie des prothèses urologiques. En 1987, il est à Mains en Allemagne, où il s'initie à la lithotripsie extracorporelle. Le domaine de l'urologie est vaste, et le Dr Valiquette veut en explorer les facettes les plus novatrices.
À l'heure actuelle, le Dr Valiquette oeuvre dans les trois centres hospitaliers du CHUM, mais principalement à l'hôpital Saint-Luc. Il est également consultant à l'hôpital Notre-Dame de Sainte-Croix, à Mont-Laurier, et au centre de réadaptation Lucie-Bruneau. Le Dr Valiquette a été un pionnier au Québec en techniques d'endoscopie et de chirurgie percutanée des lithiases urinaires. Son expertise est reconnue dans plusieurs domaines de l'urologie, dont l'urodynamique et les troubles de la miction (HBP et incontinence), les dysfonctions érectiles, les infections urinaires et les lithiases.
Son engagement envers l'enseignement
Tour à tour, le Dr Valiquette a été professeur adjoint de clinique, professeur agrégé, puis professeur titulaire de clinique à l'Université de Montréal, poste qu'il occupe toujours. Il a participé à l'élaboration du nouveau curriculum en néphro-urologie. Il a aussi réalisé, avec le Dr Serge Quérin, un manuel à l'intention des étudiants en médecine de l'Université de Montréal, paru en 1999, de même qu'un manuel d'urologie disponible sur Internet pour les étudiants en médecine des universités canadiennes.
Enfin, le Dr Valiquette s'implique beaucoup dans la formation des résidents en médecine. Outre les cours qu'il donne et les rencontres scientifiques qu'il anime, il a supervisé les travaux de nombreux résidents. Il est actuellement directeur du programme de formation en urologie à l'Université de Montréal, une fonction très gratifiante, dit-il.
L'axe de la recherche
Depuis que les hôpitaux Notre-Dame, Saint-Luc et l'Hôtel-Dieu font partie du CHUM, l'équipe de recherche en urologie s'est élargie. Elle compte maintenant douze spécialistes, dont le regroupement a créé une synergie propre à donner une impulsion nouvelle à la recherche clinique et fondamentale dans ce secteur. La recherche est très importante pour le Dr Valiquette. Il collabore à des projets avec l'industrie pharmaceutique tout en demeurant critique.
Les programmes de recherche auxquels le Dr Valiquette a participé ou dont il a assumé la direction concernent les médicaments pour l'hypertrophie prostatique, l'incontinence urinaire, les infections urinaires et le traitement de la dysfonction érectile. Il a aussi évalué les résultats de traitements pour les lithiases urinaires et l'utilisation de prothèses urologiques. Il est l'auteur d'une cinquantaine de publications. Il a participé à près de 200 présentations scientifiques lors de congrès. Il a également accepté la présidence de nombreux événements. On peut citer, entre autres, trois congrès de l'Association des urologues du Québec, le 11e Congrès annuel de la Société internationale francophone d'urodynamique et le prochain congrès de la Société internationale d'urologie.
La vie professionnelle du Dr Valiquette le comble. Son plus grand défi est de trouver un équilibre entre celle-ci et sa vie personnelle. Le Dr Valiquette est père de deux enfants, Carl Simon et Anne-Sophie. Son épouse, Micheline, est omnipraticienne à Montréal. Au début, lorsque son épouse lui disait qu'il travaillait trop, le Dr Valiquette lui répondait qu'il allait trouver son équilibre. « Mais au fil des années, je me suis rendu compte que la mouvance est constante. La vie est une recherche perpétuelle d'équilibre. »
Dans ses temps libres, le Dr Valiquette se rend, avec sa petite famille, à son chalet dans les Cantons de l'Est. Il aime y bricoler et faire du sport : ski nautique ou voile l'été et ski alpin l'hiver. La famille, c'est ce qui fait que le Dr Valiquette n'a pas succombé à la tentation d'accepter des offres alléchantes de nos cousins américains. ]