Parution: avril 2002

La population canadienne vit dans un environnement "obésitogène"


Une première conférence multidisciplinaire canadienne sur l'obésité s'est déroulée du 7 au 9 décembre 2001, à Toronto. Les quelque 250 spécialistes présents à cette conférence ont constaté l'urgence de la situation et la nécessité d'une action concertée afin de mieux identifier non seulement les facteurs biologiques, mais également sociaux et environnementaux responsables de l'épidémie d'obésité, tant chez l'adulte que chez l'enfant et les populations autochtones. Selon eux, la population canadienne vit dans un environnement "obésitogène" que constituent les banlieues et les lieux de travail mal adaptés.

"L'obésité a atteint des proportions épidémiques qui nécessitent une approche globale, multifactorielle centrée sur la prévention. Il s'agit d'une condition hétérogène qui a des conséquences graves sur la santé et qui doit être évaluée au-delà d'un simple excès de poids", a déclaré le Dr Jean-Pierre Després.

La communauté médicale et scientifique se retrouve confrontée à un défi de taille, soit enrayer la progression phénoménale de l'obésité et ses complications dans notre population. "L'obésité résulte d'un environnement créé par l'homme; par conséquent, l'homme devrait, en théorie, être en mesure de régler cette situation désastreuse s'il s'en donne les moyens", a ajouté le Dr Robert Jeffrey, l'un des experts invités à cette conférence.

Les participants ont reconnu l'importance d'intervenir bien au-delà du seul domaine médical afin d'enrayer le fléau de l'obésité. Ils ont reconnu l'urgence d'interpeller non seulement les autorités médicales, mais également le ministère de l'Éducation du Québec afin de sensibiliser l'ensemble de la population à la propagation de l'épidémie d'obésité, y compris les enfants, qui en souffrent eux aussi. Est-il éthique de réduire les périodes d'éducation physique dans les écoles ou de ne pas procurer aux enfants des environnements urbains où ils pourraient jouer en toute sécurité? Les parents devraient-ils limiter le temps alloué à l'écoute de la télévision? Voilà des questions sur lesquelles il devient urgent de se pencher.

La conférence a été organisée grâce à un partenariat unique entre Obésité Canada, les Instituts de recherche en santé du Canada, Santé Canada et la chaire de recherche Donald B Brown sur l'obésité de l'Université Laval, dont le directeur est le Dr Denis Richard. Plusieurs cliniciens et chercheurs de L'Université Laval et du Centre de recherche de l'hôpital Laval, milieu d'excellence en recherche sur l'obésité, ont participé à cett3e conférence qui se voulait bien plus qu'une autre réunion scientifique sur la question.]