| Le Dr Jean Désaulniers |
Parution: mai 2000
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La trousse médicale dans une main, la boîte à outils dans l'autre |
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Un jour, le Dr Jean Désaulniers trouvera sûrement le moyen de combiner tous ses instruments de façon à libérer une main pour faire autre chose. Ceux qui le connaissent n'en seront pas étonnés. C'est qu'il a déjà fait la preuve d'une grande créativité doublée de sens pratique. Un exemple? La structuration de la formation médicale continue dans la région de la Mauricie. "Il a fallu travailler dur. Sans l'appui d'une faculté de médecine à Trois-Rivières, et sans ressources aucunes, nous avons réussi à mettre sur pied un centre d'audiovisuel (les diapositives sont créées à l'ordinateur et imprimées sur place) et à acheter de l'équipement, financé à même les profits de nos sessions de formation." Ce nous représente une quinzaine de médecins qui s'occupent de FMC et qui veillent à recueillir les suggestions des omnipraticiens tout autant que leurs commentaires après les colloques. "Nous restons à l'écoute de leurs besoins, pour y répondre le plus précisément et le plus rapidement possible." |
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Le Dr Jean Désaulniers
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Bien que les ateliers et les conférences permettent d'apprendre beaucoup, ils portent souvent sur des connaissances très pointues qui ne s'ancrent pas nécessairement de manière définitive, relève le Dr Désaulniers. "Qu'arrive-t-il, passé quelques semaines, quand le médecin veut avoir une information rapide sur un traitement? Il doit se replonger dans des articles scientifiques et fouiller parfois dans plusieurs volumes. Actuellement synonyme d'apprentissage ponctuel, la FMD devrait s'élargir pour offrir des outils (le mot est lâché!) qui facilitent et qui améliorent la pratique médicale." C'est sans doute ce qui a amené le Dr Désaulniers à la publication du Guide pratique d'infectiologie du Québec, l'idée étant de fournir aux omnipraticiens un document complet, schématique, facile à transporter et à consulter sur un sujet précis - en d'autres termes, un bon outil.
Poursuivant sur la question de la documentation médicale, le Dr Désaulniers estime qu'elle pose deux problèmes : le premier, c'est son format (pas facile à manipuler), et le second, c'est son délai de réédition.
"Mon cauchemar, c'est d'imaginer une bibliothèque remplie de manuels qui datent de 1982, 1983, etc., sinon d'avant, de livres achetés au début des études de médecine... Pourquoi les médecins ne les renouvellent-ils pas? Je l'ignore. Mais je pense que si on leur proposait une formule de livres abordables, portables et réédités tous les deux ou trois ans, je pourrais les persuader de jeter leurs vieux traités et d'utiliser de bons outils de référence."
Enthousiasme et logistique
La création du Guide tient de l'exploit, tant du point de vue de l'organisation que de la somme d'efforts communs nécessaires pour déterminer les sujets à couvrir (santé voyage, grossesse, etc.), recruter des auteurs, solliciter des commanditaires privés et même fonder de toutes pièces une maison d'édition*! Neuf mois de travail et de collaborations diverses ont permis d'aboutir à la parution des 900 premiers exemplaires, qui se sont envolés comme des petits pains chauds, et à une réimpression de 4 000 copies supplémentaires.
L'initiative a notamment inspiré un groupe de médecins de la région de Drummondville, sous la direction des Drs Bruno Rivard et Claude Bélisle, qui se sont associés à Formed pour publier La démence de type Alzheimer et les autres atteintes cognitives dans un format de poche semblable. "Une autre belle équipe qui a fait du bon travail pratique, comment le Dr Désaulniers. Ailleurs dans la province, un guide sur l'hypertension artérielle a aussi été monté en six à sept mois. Je crois que nous allons voir apparaître ce genre d'outils de plus en plus souvent." Selon lui, les besoins de connaissances des médecins généralistes n'ont peut-être pas beaucoup changé "depuis le temps où mon père a commencé sa pratique", mais dans le cas des médicaments, par exemple, il s'agit de tout autre chose. À cet égard, il se rappelle une étude menée à Sherbrooke il y a quelques années et qui démontrait qu'en général, un omnipraticien ne connaît et n'utilise régulièrement que de 30 à 40 médicaments - alors qu'en moyenne un nouveau produit est lancé chaque mois sur le marché! D'où l'utilité des guides pratiques, qui aideraient les omnipraticiens à se familiariser rapidement avec toutes sortes de nouveautés.
Et Internet?
Le Dr Désaulniers a de sérieuses réserves sur ce système en ce qui concerne les omnipraticiens. "Le médecin a-t-il le temps de naviguer durant le jour? Non. Le soir, quand les enfants sont couchés? Peut-être. Mais c'est l'heure où il lirait probablement les magazines scientifiques. En matière de formation, Internet n'a pas encore détrôné les conférences, les ateliers et la lecture des revues médicales, toujours fort populaires auprès des médecins généralistes. C'est de cette constatation que les guides pratiques tirent toute leur importance - encore une fois comme outils de travail."
En équipe et avec méthode, toujours
Les talents de rassembleur et d'organisateur du Dr Désaulniers ne datent pas d'hier. Il a tour à tour été président du CMDP du centre hospitalier Saint-Louis, à Windsor (1986-1988), membre du comité aviseur en formation médicale postdoctorale à l'Université de Sherbrooke (1989-1991) et, entre 1993 et 1998, successivement trésorier et président du CMDP du centre d'hébergement et de soins de longue durée Le Trifluvien. Par ailleurs, il a participé à la rédaction d'un chapitre du vade-mecum en éducation médicale continue du Collège des médecins du Québec intitulé (quoi d'autre?) Les outils pédagogiques. Au plan syndical, il a fait partie de l'exécutif de l'Association des médecins omnipraticiens de la Mauricie (1993) et, depuis 1995, il est membre du conseil de la FMOQ, où il a travaillé au sein du comité de formation continue (1995-1996). Le Dr Désaulniers est en outre fellow du Collège des médecins de famille du Canada.
"J'aime beaucoup travailler en groupe, dit le Dr Désaulniers, et je crois au décloisonnement professionnel. Cela permet de se nourrir d'idées différentes et de confronter ses méthodes. Je me retrouve souvent dans différents comités, que ce soit avec les médecins qui organisent les deux activités annuelles de FMC dans la région, au CLSC ou au CHSLD Le Trifluvien."
Revenu dans sa ville natale après ses études à l'Université de Sherbrooke (1986) et deux années de pratique en médecine familiale à Windsor et à Acton Vale, le Dr Désaulniers a ouvert son cabinet privé et, un an plus tard, a commencé à travailler au CHSLD. Vaccination des enfants, médecine familiale, consultations occasionnelles en médecine sportive et orthopédique (il a obtenu une certification dans ce domaine) forment l'essentiel de sa pratique. Et il fait beaucoup de visites à domicile pour ses patients en perte d'autonomie, "par goût et par choix", affirme-t-il.
En re-parlant d'outils...
Qu'il s'agisse de collaborer avec le Dr Jean-Maurice Turgeon (de la FMOQ) pour un congrès en infectiologie qui se tiendra en 2001 ou de donner une dimension internationale à la FMC ("Pourquoi pas?"), le Dr Désaulniers a tellement de projets en tête qu'il faudrait paraît-il trois jours pour les nommer tous. Mais il peut tout aussi bien vous entretenir de la finition d'un sous-sol ou de la construction pure : "Ça me passionne. J'ai bâti pour mes filles (Sara, 81/2 ans, et Charlie, 4 ½ ans) un module comportant balançoires, trapèze et maison à deux étages où le bas sert de prison (porte à barreaux, trappe pour la nourriture et cadenas fournis) et le haut de tour d'observation (glissoire latérale incluse). Tout en bois naturel..."]
* En primeur : le prochain outil à paraître aux Éditions Formed inc., une collaboration du Dr Jean Désaulniers et du Dr Luc Lanthier, interniste à l'Université de Sherbrooke, s'intitule Guide pratique de médecine interne du Québec. Il présentera lui aussi des schémas et des tableaux des maladies dans une perspective d'investigation bien définie, ainsi que les traitements de base et particuliers connexes.