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Parution: novembre 1999
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Un rêve devenu réalité pour quatre femmes médecins |
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Quand on entre à la clinique médicale L'Envolée, on oublie instantanément les concepts habituels rattachés à ce genre d'établissement. Envolés le stress, l'anonymat, la froideur, les lieux incolores et sans personnalité. Comme par magie, nous pénétrons dans un univers de sérénité, où la chaleur du bois et d'une décoration de bon goût, ne sacrifiant pas l'utile à l'agréable, laisse une impression de qualité et de sécurité aux visiteurs qui ne demandent presque pas mieux que de s'y attarder. |
![]() Les Drs Lisanne Papin, Nathalie Duguet, Marie-Claude Théroux et Odile Kowalski |
Sous le thème La famille est un archipel, les Drs Nathalie Duguet, Odile Kowalski, Lisanne Papin et Marie-Claude Théroux ont tout mis en oeuvre pour que cette clinique nouveau concept, dédiée à la famille, offre une gamme de services élargie et soit aux petits soins avec sa clientèle. Le centre de cet univers : la naissance. Plusieurs points en commun relient les quatre médecins. Elles sont détentrices d'un certificat en médecine familiale, oeuvrent à l'hôpital du Sacré-Coeur de Montréal, où elles font leurs accouchements et effectuent des gardes à la pouponnière, et ont toutes rêvé d'ouvrir leur propre clinique médicale un jour.
En mars 1998, le rêve devenait réalité. L'Envolée s'étend sur deux étages. La clinique est en mesure d'assurer le suivi complet de la famille : contraception, grossesse, accouchement, post-partum et pédiatrie. S'ajoutent des services de consultation en urologie, dermatologie, gynécologie, psychologie, diététique, sans oublier qu'on peut aussi y recevoir divers soins tels que la rééducation périnéale, le curetage, les mini-chirurgies, la vasectomie, la circoncision, les prélèvements sanguins, la massothérapie, le traitement des varices, l'acupuncture. On y offre de surcroît des cours prénataux, d'allaitement et de gymnastique postnatale. Les hommes et même les grands-parents ne sont pas laissés pour compte. Ils peuvent bénéficier d'un suivi médical complet et, pour les premiers, sont engagés tout au long de la grossesse et de l'accouchement, s'il y a lieu. La porte d'entrée de L'Envolée demeure toutefois la famille à venir, dans un futur plus ou moins rapproché.
Un équipement technologique approprié permet de minimiser les visites à l'hôpital alors qu'on dispose d'un appareil combiné cardioscope, tensiomètre et saturomètre permettant de suivre les patientes éprouvant des problèmes de tension artérielle.
La prise en charge par les médecins de la clinique de certains actes médicaux offerts en milieu hospitalier se veut leur humble contribution à l'allègement du système, à la suite du virage ambulatoire.
Mais parler de L'Envolée sans tracer un bref portrait des quatre cliniciennes propriétaires qui ont porté le projet jusqu'à sa réalisation équivaudrait à donner une recette de coq au vin, sans vin... ou sans coq. Quatre femmes de tête, de coeur et de passion pour qui la médecine est un idéal qui ne doit jamais devenir peau de chagrin au contact du quotidien.
Les Drs Duguet et Théroux sont des amies de longue date et travaillent en tandem. Toutes deux diplômées de l'Université de Montréal, en 1989, elles ont ensuite obtenu leur certificat en médecine familiale en 1991. Depuis le début de leur pratique, elles se dédient à l'obstétrique, la périnatalité et agissent comme médecins désignés en santé et sécurité au travail pour le Retrait préventif de la travailleuse enceinte ou qui allaite (RPTEA) à la Direction de la santé publique des Laurentides - le Dr Duguet depuis 1998 et le Dr Théroux depuis 1992. Cette dernière est également membre du Comité provincial du RPTEA. Mères respectivement de trois (Dr Duguet) et de deux enfants, elles travaillent en moyenne de 40 à 50 heures par semaine. Mais à n'en pas douter, la magie opère toujours et le Dr Duguet affirme sans ambages : "Faire un accouchement c'est comme ne pas travailler." Elles se partagent environ 150 accouchements par année. Le projet de clinique date de l'époque de leur résidence à l'hôpital du Sacré-Coeur. Le travail à L'Envolée est basé sur le respect et le partage des tâches, explique le Dr Duguet. Alors qu'elle s'adonne un peu plus à la gestion, par exemple, d'autres font les achats, remplissent les salles lorsqu'il manque de matériel, etc.
Le Dr Odile Kowalski a choisi la médecine familiale et l'obstétrique parce que le suivi l'intéressait, le continuum. Elle effectue un peu plus d'une centaine d'accouchements par année. Sa clientèle se compose de femmes d'ethnies diverses, sept sur dix ne sont pas Québécoises d'origine. La compréhension ne vient donc pas instantanément et nécessite d'accorder plus de temps lors des rencontres, pour établir un climat de confiance. Elle aussi consacre de 50 à 60 heures par semaine à sa profession. Diplômée de l'Université de Montréal en médecine en 1991, elle complète son certificat en médecine familiale en 1993. Elle travaille ensuite au CLSC pendant cinq ans, où elle assure le suivi obstétrical, gynécologique et pédiatrique en plus de mettre sur pied une clinique Jeunesse. Simultanément, elle joint la clinique médicale L'Initiative, fondée par le Dr Papin, et y reste jusqu'en 1998. À L'Envolée, elle réalise plus d'une centaine d'accouchements par année et voici ce qu'elle nous en dit : "Chaque accouchement est un petit miracle; c'est très valorisant. Chaque fois, je remercie Dieu." Aussi mère de deux enfants, le Dr Kowalski n'a qu'un seul regret, celui de ne pas pouvoir leur allouer tout le temps qu'elle voudrait.
Pour le Dr Lisanne Papin, considérée par l'ensemble du groupe comme le Dr Welby de la clinique, les journées débutant à 7 h et se terminant vers 23 h sont monnaie courante, incluant les fins de semaine où elle ne s'accorde parfois que quelques heures de congé. "L'obstétrique, c'est sa vocation", exprime avec conviction le Dr Duguet en parlant de sa collègue. Elle est la seule du groupe qui a fondé sa propre clinique en solo, quatre ans avant l'ouverture de L'Envolée. Diplômée de l'Université de Montréal en 1983 et en médecine familiale en 1984, le Dr Papin a exercé sa profession en CLSC durant cinq ans où elle a, entre autres, participé à la création d'une clinique Jeunesse qui lui aura donné le goût de l'obstétrique. Partie du jour au lendemain, confie-t-elle, de Laval à Montréal, elle a constaté la fidélité d'une clientèle qui l'a suivie. En 1994, elle inaugure de nouveaux locaux avec la clinique L'Initiative, trouve enfin ce qu'elle cherche et y prend goût : un peu plus de contrôle, beaucoup de chaleur, une décoration accueillante, un entourage de confiance. Mais la solitude pèse parfois lourd et L'Envolée lui permet de combler cette lacune. Depuis quelques mois, elle fait partie du comité exécutif de l'Association des omnipraticiens en périnatalité du Québec (AOPQ) et est responsable de la chronique sur la périnatalité dans Le Médecin du Québec. Il n'en demeure pas moins que dans le quotidien, sa drogue, sa passion, c'est l'accouchement. "Si je ne faisais pas ça, j'arrêterais la médecine, c'est clair." Elle maintient un rythme assez impressionnant de 300 suivis d'accouchements par année, ce qui exige un peu plus d'une centaine d'heures par semaine de disponibilité. "Je n'ai pas d'enfants, je m'occupe des enfants des autres; certains des bébés que j'ai accouchés ont aujourd'hui 14 ans, 15 ans. Ils m'appellent tante Lisanne, je les aime comme mes propres enfants et ils me le rendent bien."
Fonder leur propre clinique a permis à ces quatre cliniciennes de pratiquer davantage la médecine de leur rêve : bien faire les choses, ne jamais sacrifier la qualité des soins ni de hauts standards de service à d'autres impératifs, établir un lien de confiance et de respect mutuel, dans la continuité. Il reste que la vie de médecin n'est pas une sinécure et même si l'équipe de L'Envolée trace un bilan très positif de sa première année d'existence, la charge de travail est immense, le recrutement de spécialistes pas nécessairement facile et il faut régulièrement composer avec l'épuisement des médecins. Toutefois, les quatre cliniciennes propriétaires se disent heureuses de pouvoir compter sur le soutien de jeunes médecins de famille, hommes et femmes, qui se sont intégrés à l'équipe. Pour se ressourcer, L'Envolée favorise beaucoup l'échange entre les médecins et avec d'autres cliniques, par le biais de la formation continue entre autres. Les propriétaires se considèrent comme des entrepreneurs certes et doivent jongler avec les tracasseries quotidiennes de la bureaucratie et de la rentabilité. Toutefois, le plus beau compliment qu'on puisse leur faire, comme cela arrive parfois, est de leur dire : "Quand j'entre ici, je me sens moins malade."
Ces quatre femmes médecins de L'Envolée semblaient surprises de faire l'objet d'un portrait. "Pourquoi nous? Nous n'avons rien accompli de spécial, d'exceptionnel, disent-elles." Ne les croyez pas et allez jeter un coup d'oeil. Pour le plaisir de l'atmosphère et pour vous sentir en famille. Car si rien d'exceptionnel se résume à offrir l'essentiel, cela signifie beaucoup!]