| M. Cuong Ngo Minh |
Parution: septembre 1999
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La jeunesse est encore synonyme de toutes les promesses |
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La mode est trop souvent de dénigrer la jeunesse ou de s'apitoyer sur elle. Un jeune membre de l'AMLFC, Cuong Ngo Minh, actif au sein des comités de l'informatique et des étudiants, prouve pourtant que la jeunesse est encore synonyme de toutes les promesses. En ce moment, M. Ngo Minh complète sa troisième année d'études médicales à l'Université de Montréal. L'idée de devenir médecin lui est venue alors qu'il était étudiant au collège Jean de Brébeuf. En effet, alors qu'il entamait son baccalauréat international en sciences pures, option chimie, le programme prévoyait que les cégépiens se devaient d'avoir une activité de bénévolat. Dès septembre 1991, le jeune Cuong se retrouva donc à l'Hôpital général juif de Montréal, au département de gériatrie. Après cette expérience auprès des personnes âgées, il devait côtoyer des enfants à l'hôpital Sainte-Justine puis à l'Hôpital général pour enfants de Montréal. Au terme de ces quatre années et demie d'action bénévole, sa décision était prise : il travaillerait auprès des malades. |
![]() M. Cuong Ngo Minh |
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"Avant cela, le milieu hospitalier m'intéressait, mais je ne le connaissais pas du tout, dit-il. C'est en ayant des contacts avec des patients que j'ai compris que je pouvais faire quelque chose pour eux, au moins pour leur moral, à défaut de les aider quant à leur maladie. Je les écoutais, je bavardais avec eux et j'aimais vraiment beaucoup cela. Graduellement, mon envie de faire davantage pour eux s'est développée et j'ai commencé à envisager une carrière en médecine."
Entré à la faculté de médecine en 1996, après un baccalauréat en sciences biomédicales à l'Université de Montréal, Cuong Ngo Minh n'a pas tardé à se distinguer parmi ses pairs, tellement qu'il a reçu le Prix d'implication sociale 1996-97 de l'AMLFC. Prix largement mérité puisqu'on le lui a décerné pour ses multiples activités : responsable de son cours de gastroentérologie, membre du club informatique Cybermédic (qu'il devait présider en 1997-98), organisateur des compétitions de tennis de table lors des Olympiades de la médecine, responsable des activités sportives de l'Association des étudiants vietnamiens de l'Université de Montréal, etc. Ajoutons à cela que le comité de sélection avait noté que M. Ngo Minh était aussi un sportif accompli reconnu comme sauveteur et réanimateur par la Société royale de sauvetage du Canada et comme entraîneur et arbitre par le Programme national de certification des entraîneurs de tennis de table. Le tennis de table est d'ailleurs une activité qu'il pratique depuis plusieurs années et qui l'a mené plusieurs fois dans des compétitions provinciales.
Le secret pour cumuler toutes ces activités? "Il n'y en a pas, jure-t-il en souriant, sauf peut-être un certain sens de l'organisation. Mon horaire est toujours planifié et j'ai rarement du temps pour ne rien faire. Mais cela ne me manque pas vraiment; j'aime diriger mon énergie vers ce qui me plaît et je trouve tout à fait valable d'accorder beaucoup de mon temps à ce que j'aime faire. Et puis, il ne faudrait pas croire que je passe mes journées à courir; je suis capable de me réserver des moments où je fais des choses qui me détendent, comme du sport ou de la méditation."
La formule est sans doute gagnante puisque, depuis 1995, Cuong Ngo Minh a régulièrement raflé les honneurs en remportant à plus d'une reprise chacun des prix suivants : Bourse d'excellence en sciences biologiques de la Princesse royale de Galles, Bourse Canada en sciences et technologie, Bourse d'excellence de la Fondation Desjardins, Bourse d'excellence de la Fondation Léonard et enfin, Bourse du mérite de l'Université de Montréal. Monsieur Ngo Minh a également été boursier d'été du Conseil de recherche en sciences naturelles et en génie du Canada.
Différents stages lui ont permis de se familiariser avec la recherche. Il a même déjà cosigné un premier article scientifique à la suite de son passage au laboratoire du Dr Michel Anctil où il a travaillé sur l'acide aminé taurine dans le système nerveux de la pensée de mer. Un autre stage avec le Dr Charles Rivard, cette fois de recherche clinique et portant sur la scoliose, lui a aussi donné l'occasion de faire ses premières armes de communicateur avec deux présentations sur le positionnement du patient scoliotique et la paramétrisation de la géométrie posturale.
Quant à ses premiers contacts avec l'AMLFC, ils remontent au tout début de ses études médicales, alors que des représentants de l'AMLFC étaient venus visiter les étudiants de l'Université de Montréal. Attiré par nos services, qu'il jugeait très intéressants, Cuong Ngo Minh a tout de suite adhéré à l'AMLFC. Ses liens avec l'Association se sont précisés quand il a ensuite animé un stand à notre congrès-exposition en 1996 qui portait sur la gériatrie.
"Je m'étais dit que ce serait certainement une expérience enrichissante de participer au congrès-exposition et je ne m'étais pas trompé, se souvient-il. En voyant le fonctionnement de l'AMLFC de plus près, j'ai vite compris qu'il s'agissait d'une association où l'on s'occupait vraiment des membres étudiants et qu'il valait la peine de s'y impliquer soi-même."
Son goût pour l'informatique a ensuite achevé de rapprocher M. Ngo Minh de l'AMLFC. "Je faisais partie de Cybermédic depuis mon inscription à la faculté de médecine, explique-t-il. Comme beaucoup de gens, je suis venu à l'informatique par les jeux pour ensuite m'initier aux applications concrètes de la technologie sur la médecine, que ce soit par l'apprentissage avec des cédéroms, l'informatisation des dossiers des patients, l'accès et le partage des connaissances sur Internet, etc. Dans le cadre de Cybermédic, j'ai participé à l'évaluation de cédéroms vendus à la librairie de l'Université de Montréal et incité la faculté de médecine à faire l'acquisition de certains destinés aux étudiants en médecine."
Au même moment, l'AMLFC désirait s'adjoindre des membres intéressés à participer au comité de l'informatique. Madame Man-Hoa Lam, notre représentante étudiante, ayant fait part de cette invitation aux membres de Cybermédic, Cuong Ngo Minh n'a pas tardé à contacter l'AMLFC et s'est associé du même coup aux comités des étudiants et de l'informatique.
À l'heure actuelle, le coeur de Cuong Ngo Minh balance entre plusieurs disciplines qui ont en commun la variété. Sera-t-il gériatre, comme son expérience de bénévolat lui en a donné le goût? Médecin de famille pour toucher à tout et voir des patients de tous âges aux problèmes différents? Choisira-t-il la médecine interne? La recherche, peut-être? "Chose certaine, je veux me diriger vers une carrière qui me gardera curieux, qui me stimulera, affirme-t-il. Tous les aspects de la santé me touchent, qu'ils soient biologiques, psychologiques ou sociaux, et je voudrais bien être confronté à un maximum de situations différentes pour explorer le plus possible ces domaines."
De même que les possibilités ne manquent pas pour son orientation future, les modèles abondent pour lui. D'abord, les professeurs du collège Jean de Brébeuf, qui lui ont donné, en plus d'une excellente formation secondaire et collégiale, le désir de l'implication sociale. "Il y a déjà tant de gens qui m'ont influencé dans mon cheminement, constate-t-il. Je me suis initié à la recherche en 1995, au sein du Groupe de recherche sur le système nerveux autonome, avec le Dr Jacques de Champlain. C'est un homme que j'admire énormément pour avoir su adapter son travail de recherche à sa pratique. Ensuite, le Dr Michel Anctil m'a permis de cosigner mon premier article dans Cells and Tissues Research après que j'aie été boursier d'été à son laboratoire, au département des sciences biologiques de l'Université de Montréal, en 1995. Un autre stage avec le chirurgien Charles Rivard de Sainte-Justine m'a aussi marqué. Quant au Dr Jean Robert, qui a été mon moniteur clinique, je lui voue beaucoup d'admiration et de respect pour la qualité de son enseignement."
Avec tous ces exemples à imiter, Cuong Ngo Minh place la barre très haut quand il se projette dans l'avenir. "D'abord, je veux être compétent scientifiquement parlant, déclare-t-il. Ce qui est aussi très important pour moi, c'est d'être proche de mes patients et de ne pas m'intéresser qu'à leurs problèmes physiques. Je veux aussi être capable de faire face à plus d'un problème en même temps et, enfin, miser sur une réussite à long terme plutôt que de rechercher des résultats rapides et d'être trop pressé."
Ce programme aussi louable qu'ambitieux, M. Ngo Minh ne sait pas encore où il le réalisera. "N'importe où où on aura besoin d'un médecin polyvalent, lance-t-il avec enthousiasme. Je voudrais bien travailler dans un milieu où je pourrais faire de l'enseignement. Je pense que j'aimerais enseigner à des jeunes. Mes professeurs m'ont tellement donné qu'il me semble que je me devrai de remettre un peu de ce que j'ai reçu et d'essayer de partager mes connaissances à mon tour quand le moment sera venu."
Depuis le début de sa formation médicale, Cuong Ngo Minh a eu le temps de constater que tout n'est pas rose dans le royaume de la santé. Comme tous ceux qui fréquentent le milieu hospitalier, il a vu trop souvent à son goût des salles d'urgence bondées et des couloirs encombrés par les civières. "Mais l'image que je me faisais de la médecine n'a pas vraiment été altérée, nuance-t-il, parce que j'ai vu aussi un personnel plein de bonne volonté et désireux d'aider les gens. Alors, quand je pense à mon avenir professionnel, je me sens à la fois réaliste et optimiste. D'un côté, je sais que ce sera difficile, surtout si je veux travailler dans un grand centre où il y a déjà beaucoup de médecins. Les coupures de salaire pour les jeunes médecins sont aussi un irritant. Mais d'un autre côté, je me dis que si je suis patient et compétent, il ne pourra pas y avoir de problèmes si graves que cela", conclut-il.]