| Le Dr Fernand Arseneau |
Parution: août 1999
|
|
Un sportif de haut calibre qui a à son actif des dizaines de compétitions sportives |
|
|
|
|
|
Quand l'hiver revient, le Dr Fernand Arseneau, de Moncton, ne fait pas grise mine. Pour lui, la saison froide n'est pas synonyme d'automobiles glaciales et de routes enneigées, mais bien d'un de ses plus grands plaisirs, le ski de fond. Sportif expérimenté, ce médecin de famille occupe le poste de directeur exécutif de la section de l'Atlantique de l'Académie canadienne de médecine du sport (ACMS), qui a tenu il y a peu de temps son congrès annuel à Whistler. À l'hôpital Georges-L. Dumont comme à la Clinique médicale de Moncton, le Dr Arseneau se consacre à la médecine de famille dans tout ce qu'elle a de varié. "Mais à certaines époques de l'année, particulièrement au printemps et aussi un peu à l'automne, et à plus forte raison s'il y a des compétitions sportives dans la région, la proportion de ma clientèle qui me consulte pour des questions liées aux activités physiques peut grimper de 25 à 50 %", observe-t-il. D'où l'importance d'être bien informé sur tout ce qui concerne la santé et la sécurité des amateurs de sports. Voilà justement l'avantage majeur que représente l'adhésion à l'Académie canadienne de médecine du sport, selon le Dr Arseneau. |
![]() Le Dr Fernand Arseneau |
"L'ACMS vise plusieurs buts, dont celui d'informer. En plus de son bureau national, elle comprend également un réseau de médecins spécialistes, explique-t-il. On peut ainsi recueillir des informations sur les traumatismes crâniens au hockey ou encore sur le sida chez les sportifs, la médication bannie en compétition par le Centre canadien d'éthique sportive, etc. Faire partie de l'ACMS représente aussi l'occasion de recevoir le Bulletin de l'Académie ainsi que le Clinical Journal of Sport Medicine. On peut également se présenter à l'examen de l'ACMS qui donne droit à un diplôme en médecine sportive. De plus, les membres peuvent avoir la chance d'être sélectionnés pour faire partie des équipes médicales actives lors de diverses compétitions."
Pour le Dr Arseneau, il ne fait aucun doute que ces activités et cette source d'information sont un véritable plus pour les médecins s'intéressant aux sports. L'ACMS est une association bilingue et nationale, et elle jouit d'une bonne réputation au Québec où elle regroupe une quarantaine de membres. Certains d'entre eux ont certainement assisté au dernier congrès annuel de l'ACMS qui a eu lieu en mars 1999 dans le très beau cadre de la ville de Whistler. Ils auront alors eu droit à douze ateliers et à autant de conférences en plus de présentations de recherches. Trois thèmes étaient à l'honneur : les problèmes neuropsychologiques des athlètes, l'urgence et les traumatismes, ainsi que les athlètes de la catégorie des maîtres. Ce congrès a certainement aussi été l'occasion d'échanger entre confrères partageant la même passion, voire de descendre quelques belles pentes dans le cas des amateurs de ski alpin.
Espérons que les congressistes furent des "cordonniers bien chaussés", car, comme le remarque le Dr Arseneau : "Beaucoup de gens en font trop, trop vite quand ils désirent renouer avec le sport ou intensifier leur entraînement. Ils se laissent aveugler par l'enthousiasme du début et se retrouvent rapidement avec des blessures, légères ou non, qui les découragent. Leur médecin peut les conseiller, les guider afin qu'ils choisissent une activité qui leur convient et à laquelle ils se seront bien préparés physiquement afin d'éviter des blessures. Il y a encore beaucoup d'éducation à faire. Combien de personnes croient encore que la chaleur les soulagera alors que mettre de la glace sur le muscle blessé serait préférable? Combien ne savent pas que l'étape du réchauffement et du renforcement des muscles est essentielle? Heureusement, je note que de plus en plus de patients sédentaires rencontrent leur médecin avant de se lancer dans un programme d'activités physiques."
En ce sens, une initiative de Santé Canada a particulièrement plu au Dr Arseneau. En effet, une brochure intitulée Guide d'accompagnement du Guide d'activités physiques canadien a été envoyée à tous les médecins de famille du pays. "Il s'agit d'un programme d'activités sportives qui reprend le principe du Guide alimentaire canadien, c'est-à-dire recommande la pratique du renforcement des muscles, d'exercices aérobiques, d'étirements, etc., exactement comme le Guide alimentaire conseille une consommation équilibrée des groupes d'aliments", dit le Dr Arseneau.
Est-il utile de préciser que cette routine d'exercices, le Dr Arseneau s'y plie lui-même religieusement? C'est que nous avons affaire ici à un sportif de haut calibre qui a à son actif des dizaines de compétitions sportives. Cette soigneuse préparation physique n'exclut pas l'aspect psychologique. Si on développe souplesse et endurance, on ne doit pas oublier que le cerveau a aussi son rôle à jouer tout au long d'une épreuve. Pour sa part, le Dr Arseneau essaie d'anticiper les conditions d'une compétition. Par exemple, s'il fait une petite sortie de 10 km en ski de fond, il s'oblige parfois à en skier 5 autres, question de recréer le moment où, en compétition, il sera vraiment fatigué. "Ce n'est pas du masochisme, explique-t-il, parce que j'ai du plaisir à le faire. Il faut parfois savoir "pousser la machine" pour essayer de prévoir comment les choses se passeront à la fin d'une vraie course."
Et parfois, elles se passent vraiment mal. Ainsi en 1992, le Dr Arseneau s'est inscrit au Marathon canadien de ski de fond. L'épreuve en elle-même est assez effrayante : 480 km doivent être parcourus en deux jours par les participants. La chose s'est corsée avec l'abaissement de la température à 25o C et avec des vents glaciaux de 50 km/h. Skier dans ces conditions relevait du martyr, avoue le Dr Arseneau, qui a pourtant complété la course. "Peut-être que j'aurais dû abandonner, reconnaît-il. Maintenant, je ne prendrais plus ce genre de risques. Si je juge que la température n'est pas assez propice, je ne participe pas à la compétition." Voilà bien la sagesse et la maturité de l'athlète qui en a vu d'autres. Il faut dire qu'il y a quatorze ans que le Dr Arseneau s'inscrit régulièrement à des épreuves sportives.
Ainsi se termine le résumé d'un brillant parcours qui nous prouve que même si elle est une jeune discipline, la médecine sportive peut compter sur d'ardents adeptes tel le Dr Arseneau. Sportif et médecin de sportifs, il est la preuve vivante qu'il n'y a vraiment rien de mieux qu'un esprit sain dans un corps sain.
On peut obtenir de plus amples informations sur l'ACMS en s'adressant au bureau national de l'Académie canadienne de médecine du sport :
1600, promenade James Naismith
Gloucester (ON) K1B 5N4
Téléphone : (613) 748-5851
Télécopieur : (613) 748-5792]