Parution: juillet 1999

Simple, l'informatique? Mais oui, nous dit Damien Bélisle


C'est sa participation au groupe Cybermédic de l'Université de Montréal qui a mené Damien Bélisle vers l'AMLFC et plus particulièrement vers notre comité de l'informatique, dont il fait partie. Nous vous présentons ici cet étudiant en médecine qui en est à sa seconde année de formation à l'Université de Montréal.

Les jeunes membres de l'AMLFC en attirent d'autres, semble-t-il, puisque c'est sous l'influence de M. Cuong Ngo Minh, aussi membre de l'AMLFC, que Damien Bélisle a adhéré à notre association en 1998. Tous les deux étaient alors des membres actifs de Cybermédic, ce groupe d'étudiants en médecine de l'Université de Montréal qui fait la promotion de l'informatique auprès de leurs pairs à la Faculté. On sait qu'une alliance s'est créée entre l'AMLFC et Cybermédic quand nous avons décidé de mettre sur pied des ateliers d'initiation à Internet et que cela nous a valu l'arrivée d'étudiants et de résidents dynamiques et tout prêts à participer à nos activités. Monsieur Bélisle faisait partie de ceux-là. "Je crois en l'apport de l'informatique à la médecine, explique-t-il, et je suis aussi convaincu que les médecins doivent avoir accès à de la formation et à de l'information sur le sujet, exactement comme en donne l'AMLFC."


M. Damien Bélisle

Ce travail d'enseignement et d'information, M. Bélisle est d'autant plus convaincu qu'il doit se faire, qu'il constate chez trop de ses confrères de classe un manque d'intérêt ou de la crainte quand vient le temps d'utiliser l'informatique. "Ou alors, ils connaissent et utilisent l'informatique, mais pas dans le cadre de leurs études médicales", déplore-t-il. Et pourtant, il suffit d'entendre M. Bélisle vanter les mérites d'un cédérom sur la neurologie, par exemple, pour être converti à la cause de l'apprentissage par l'informatique.

En fait, M. Bélisle aime tellement l'informatique qu'il a songé à en faire une carrière, "pour la précision et la simplicité du domaine", dit-il. Simple, l'informatique? "Mais oui, assure-t-il, parce qu'une fois qu'on a compris le fonctionnement d'un logiciel, on l'a compris et c'est tout." D'autres disciplines le tentaient aussi, que ce soient les mathématiques, la physique, la biologie ou, encore davantage, la chimie ou la biochimie. C'est finalement la médecine qui a gagné, d'abord à cause de son aspect scientifique. Comme le remarque M. Bélisle : "Au secondaire ou pendant nos études collégiales, la facette humaine du travail de médecin n'est pas encore bien comprise, on s'intéresse souvent plus au caractère scientifique de la médecine."

De l'humanisme, on peut pourtant être certain que le futur Dr Bélisle n'en manquera pas. En témoigne de belle façon son expérience d'animateur dans un centre pour personnes âgées, le CHSLD Champlain de Brossard, son dernier emploi d'été. "J'ai d'abord été bénévole pendant un an, rapporte-t-il. Je connaissais l'endroit parce que mes grands-parents y avaient habité. J'ai vite découvert que j'adore la clientèle des personnes âgées. C'était extrêmement gratifiant et agréable de travailler avec eux; je sentais qu'ils étaient contents de me voir arriver et je les considérais comme des grands-parents. Je ne sais pas pourquoi, mais les gens âgés me font souvent confiance spontanément. C'est peut-être parce que je les rejoins dans leur rythme plus lent; moi aussi, j'aime prendre le temps de parler et d'écouter, comme eux. Bref, j'espère bien que je serai de retour parmi eux l'été prochain. "

Est-ce dire que M. Bélisle pourrait choisir la gériatrie? Réaliste, il déclare que même si son travail d'animateur a été très plaisant, il sait que la pratique médicale auprès des aînés peut être plus ardue. "En fait, je ne sais tout simplement pas encore ce que je veux faire, avoue-t-il. Je change d'avis au fur et à mesure que je découvre de nouvelles spécialités et j'ai des coups de foudre à répétition. Au début de mes études, je croyais que je me destinerais à la microbiologie. Ensuite, j'ai envisagé de faire ma spécialité en endocrinologie. Maintenant, je me demande si la médecine de famille ne serait pas l'idéal pour moi. Disons que j'attends mon externat pour me faire une meilleure idée des possibilités qui s'offrent à moi, parce que j'ai pris conscience qu'on pouvait apprécier une spécialité en théorie, comme sujet d'étude, et ne pas vouloir en faire son activité quotidienne pour autant. Les patrons ont beaucoup d'influence sur nous, aussi, parce qu'ils peuvent aussi bien nous faire adorer une discipline que la détester. Alors, j'attends."

Chose certaine, c'est bel et bien à la clinique que M. Bélisle compte se vouer. S'il fait de la recherche, ce sera de la recherche clinique, mais on ne le retrouvera jamais en permanence dans un laboratoire, jure-t-il. "Pendant mes études collégiales et à mon arrivée à la Faculté , je croyais bien que je ferais de la recherche fondamentale parce que j'étais passionné par les sciences. Je le suis toujours, mais j'en suis au point où j'ai très hâte d'élargir mes connaissances et de miser davantage sur les relations humaines que sur les études pures et dures", explique-t-il.

Ces études "pures et dures", comme il le dit, lui laissent évidemment peu de temps pour les loisirs. Il essaie toutefois d'aller au cinéma, de faire des sports extérieurs, été comme hiver, dont le ski de fond. "Cybermédic et le comité de l'informatique de l'AMLFC sont aussi une forme de loisirs, soutient-il. J'apprécie vraiment mon expérience à l'Association. Elle me permet de rencontrer plusieurs médecins très intéressants et j'aime ces contacts qui me font découvrir le monde professionnel."

Quand il se projette dans l'avenir, M. Bélisle ne s'imagine pas nécessairement dans un grand centre urbain. Amoureux de la nature, il se voit aisément en région, et peut-être bien en Gaspésie, un coin de pays qu'il aime. "C'est quand on est jeune et sans attaches qu'on peut se permettre d'aller pratiquer n'importe où, estime-t-il. De plus, comme je ne suis pas originaire d'une grande ville, je ne tiens pas vraiment à travailler en milieu urbain. Chose certaine, jamais il ne me viendrait à l'idée d'aller m'établir aux États-Unis. Les salaires y sont sans doute supérieurs, mais j'ai la conviction que je me dois de rester au Québec, par égard pour les citoyens qui contribuent à financer ma formation."

Même si l'avenir professionnel de jeunes médecins de la génération de M.Bélisle ne s'annonce pas très rose, celui-ci fait partie des optimistes qui, sans nier les difficultés, espèrent bien qu'on trouvera des solutions aux problèmes des médecins comme à ceux des patients. "Avant que mes études médicales ne débutent, j'idéalisais sans doute la profession et les conditions de travail, reconnaît-il, mais maintenant que je me sens davantage au courant de la situation, je pense plus souvent à ce qui m'attend quand je pratiquerai. Cela ne m'empêche cependant pas d'avoir de l'espoir; nous finirons par trouver la voie dans laquelle notre système de santé doit s'engager. Quant à moi, je veux tout simplement devenir un médecin proche de ses patients, simple et qui n'oubliera pas l'importance du sens de l'humour devant les petits problèmes de la vie de tous les jours", conclut-il.]