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Parution: juillet 1999
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71e Congrès-exposition de l'AMLFC |
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C'est ainsi que répondait récemment le Dr Rémi Quirion, directeur du centre de recherche de l'hôpital Douglas, à la question de savoir pourquoi l'AMLFC avait choisi de consacrer son dernier congrès-exposition du millénaire à la Neurologie : du dépistage au traitement. Un momentum sans précédent Si les médecins ont de tout temps essayé de guérir les désordres neurologiques de l'humanité, le fait est que les neurosciences n'ont connu de véritable élan qu'au XXe siècle, et plus particulièrement au cours des dix à quinze dernières années. Et quel élan! "La neurologie a fait faire des pas de géant à la science médicale. Le rythme de la recherche sur les maladies du système nerveux s'est considérablement accéléré, au point que les États-Unis lui aient officiellement dédié la décennie qui s'achève, ajoute le Dr Quirion. Ce que nous avons mis à jour, par exemple certains facteurs étiologiques et certaines pistes de traitement des maladies neurologiques, doit maintenant se traduire davantage dans les méthodes diagnostiques et les approches thérapeutiques." |
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Le Dr Serge Gauthier, qui assume avec le Dr Quirion la coprésidence de ce 71e Congrès de l'AMLFC, abonde dans le même sens, soulignant que malgré les avancées spectaculaires dans ce domaine à multiples facettes, il est de toute première importance que la recherche se poursuive avec le dynamisme qu'on lui connaît aujourd'hui. "Les connaissances et les recherches actuelles en matière de structure et de fonctionnalité cérébrales se trouvent à peu près au même stade de développement que l'était la recherche sur le cancer dans les années 60, observe le Dr Gauthier. Nous n'avons pas encore établi la cartographie complète du cerveau, loin de là!" On comprend alors que cette boîte noire du genre humain exerce une si grande fascination, tant sur les chercheurs et les intervenants médicaux que sur les profanes!
La situation, ici
Le Québec fait figure de pionnier mondial en neurosciences. Montréal, notamment, en est devenue une plaque tournante depuis que, au début des années 30, le Dr Penfield mettait ses travaux à l'épreuve dans le traitement de l'épilepsie. Bien que l'incidence de la sclérose en plaques, des migraines ou de l'épilepsie soit relativement stable, on peut s'attendre à un accroissement des troubles neurologiques associés au vieillissement tels que les maladies d'Alzheimer et de Parkinson, en raison de l'augmentation de l'espérance de vie dans les pays occidentaux en général : environ 10 % des Québécois pourraient en souffrir un jour ou l'autre. Par ailleurs, les maladies neurologiques posent des problèmes particuliers, ne serait-ce que pour mesurer de façon absolue les systèmes du cerveau et ses mécanismes (que les techniques d'imagerie médicale permettent dorénavant d'observer "en action"). À cette complexité fondamentale s'ajoutent des difficultés plus terre à terre, notamment le financement de coûteux appareils diagnostiques (par exemple le scanner), les restrictions budgétaires gouvernementales pour la recherche et une (possible) pénurie de neurochirurgiens. Bref, si la neurologie se porte bien dans la Belle Province, elle n'est pas au bout de ses défis - ni de nouveaux débats...
Les bouchées doubles
C'est pourquoi le 71e Congrès-exposition se penchera sur des sujets qui vont de la maladie de Parkinson et des céphalées jusqu'à la sclérose en plaques, en passant par l'épidémiologie des maladies neurologiques et les manifestations de l'Alzheimer. "Le programme de cette année est particulièrement touffu. Nous l'avons établi pour faire un tour d'horizon concret et complet, comme l'indique le thème "du dépistage au traitement"', remarque le Dr Wilhelm B. Pellemans, président du comité de la formation médicale continue de l'AMLFC et directeur du comité scientifique du 71e Congrès. Notamment. Deux conférences traiteront des vertiges et des maladies cérébrovasculaires, respectivement, tandis qu'une autre portera sur le sommeil normal et pathologique.
Quel est donc l'enjeu de cette formation pour les praticiens de première ligne? "Les médecins omnipraticiens doivent être en mesure de comprendre l'évolution des principaux désordres neurologiques pour en reconnaître les composantes organiques et fonctionnelles. Tout comme ils doivent être au fait des méthodes diagnostiques et des thérapies nouvelles, dont l'éventail est aujourd'hui plus important grâce aux dernières percées scientifiques et technologiques", poursuit le Dr Pellemans. À cet égard, l'épilepsie illustre bien la nouvelle donne, avec l'arrivée de médicaments beaucoup plus efficaces mais malheureusement très coûteux une table ronde aura d'ailleurs lieu sur cette question en fin d'avant-midi, le vendredi 15 octobre. Les deux tables rondes au programme donneront aux congressistes l'occasion de discuter des aspects humain, éthique, social et financier de leur pratique auprès d'une population vieillissante, et des cas où il devient opportun de demander l'opinion d'un spécialiste.
Du mystère à la découverte
Pour ce qui est du volet exposition, qui s'étendra sur trois jours au Complexe Desjardins, il est cette année encore placé sous la responsabilité du Dr Jean Léveillé. L'événement est très couru : l'exposition attire en effet, bon an mal an, de 50 000 à 80 000 personnes - écoliers, grand public, gestionnaires en milieu hospitalier, représentants de l'industrie et congressistes confondus. La diversité des exposants fait écho à la multiplicité d'intérêts des visiteurs, qu'il s'agisse d'assouvir une curiosité intellectuelle, de demander conseil à un spécialiste en dehors du cadre de consultation habituel ou de trouver de l'aide dans sa communauté, pour soi ou pour un proche. "Notre but est d'abord et avant tout d'informer, note le Dr Léveillé, dans l'optique de présenter toutes les facettes de notre thème : recherche, traitement, ressources disponibles. La neurologie se prête bien à cette interdisciplinarité des exposants."
Toujours gratuite, l'exposition comptera quelque vingt-cinq stands, dont l'un interactif où le visiteur pourra mesurer ses connaissances en matière de maladies cérébrales, et un autre consacré à l'équipement technologique qui permet d'explorer le fonctionnement du cerveau. Les stands sur les défaillances de la mémoire, sur les difficultés d'apprentissage scolaire et sur la façon de vivre l'épilepsie au quotidien devraient connaître une belle affluence. Celui sur l'Alzheimer également, étant donné l'abondante couverture médiatique dont cette maladie bénéficie depuis quelques années. "En neurologie, la poussée scientifique, médicale et pharmacologique de cette décennie tient beaucoup au perfectionnement de l'appareillage technologique à la disposition des chercheurs. Il n'en demeure pas moins que les processus et les applications de la recherche neurologique, et même son terrain d'exploration propre, sont encore peu connus, sinon mal compris du grand public." L'exposition contribuera sans doute à lever une partie du voile, conclut-il, bien qu'il reste passablement de territoire à explorer et de connaissances à diffuser.
Il y a tout à parier que le monde assistera à une cascade de découvertes dans les années à venir, lorsque "cette dernière frontière médicale et psychiatrique" aura effectivement été franchie.
Rappelons que cette année, l'AMLFC jumelle son congrès au 26e Congrès international des médecins de langue française de l'hémisphère américain, qui se tient pour la première fois en sol canadien. Seront présents, entre autres, le Dr Raymond Hélénon, président de la Société médicale des Antilles et de la Guyane françaises, et, à titre de conférencier sur la neurologie tropicale, le Dr Serge Pierre-Louis, neurologue à l'hôpital Cook (Chicago).
Dates à retenir : les 14 et 15 octobre 1999.
Information : (514) 388-2228 ou 1 800 387-2228.]