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Parution: juillet 1999
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Hommage posthume rendu au Dr Paul David lors de la cérémonie des funérailles en l'église Saint-Viateur d'Outremont le 8 avril 1999 |
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Chers membres de la famille de notre estimé collègue, C'est au nom de la communauté médicale de Montréal tout entière, au nom de nos collègues professeurs et médecins de l'Institut de cardiologie de Montréal, au nom de l'Université et des collègues de notre faculté de médecine, au nom de ses étudiants passés et présents, au nom de tous les patients qui ont bénéficié personnellement ou indirectement de l'oeuvre de Paul David que je viens prononcer quelques mots pour le départ de ce géant que nous aimions, de ce grand serviteur de notre société que fut Paul David. |
![]() Le Dr Paul David |
Voilà que son chemin avec nous s'arrête. Tout ce qui a surgi de son amour pour les siens, de sa science et de sa sollicitude pour ses malades, tout ce qui a surgi de sa continuelle éruption d'énergie et de création est écrit et demeure dorénavant devant nos yeux comme un appel et comme un signe. Le serviteur a rendu témoignage. Il a aimé, il a servi, il a conduit, il a partagé, il a construit, il a créé.
Il laisse derrière lui un héritage de service et de science, une haute idée de notre présent et de notre futur, une expression personnelle de ce qui fut son idéal et tout l'élan de ce qu'il désirait pour les siens. Comme une étincelle de feu qui monte dans la nuit bleue, sa lumière se mêle désormais aux étoiles. Par ce mélange de lumières, le ciel et la terre se joignent et sa vie demeure comme un signe mystérieux. Un appel, un témoignage, un chemin, une présence et un amour qui ne nous quitteront pas.
Paul David est né dans une grande famille de chez nous, riche d'une tradition soucieuse de la promotion de notre société. Fils de sénateur, il est élevé dans la vision du service qui sera toute sa vie. Étudiant brillant à Paris puis à notre Faculté, la passion de la médecine emporte son enthousiasme. Il fréquente les maîtres de la cardiologie de son temps, une discipline qui est en train d'apparaître comme une branche distincte de la médecine interne. Il côtoie alors les plus grands : Paul White à Boston, Jean Lenègre à Paris. Il avive à leur contact son grand besoin de faire plus et de faire mieux.
Il revient à Montréal en 1948 comme médecin à l'hôpital Notre-Dame. Six ans plus tard, il crée un lieu privilégié où épanouir le service aux malades et le développement de sa discipline. L'Institut de cardiologie, aujourd'hui l'Institut universitaire de cardiologie, est fondé. Cet institut évolue vite pour devenir un des hauts lieux de la médecine à Montréal et un site d'élection où les cardiologues du monde entier viendront soigner, apprendre et faire de la recherche auprès de Paul David et des collègues qu'il associe à son élan. Depuis 1954, les malades trouveront là un lieu exceptionnel de soins et d'expertise et une source d'espoir. Au fil des ans, il fera de l'Institut un joyau de la médecine québécoise en y développant en parallèle une recherche mondialement reconnue. Qu'il me soit permis de témoigner ici de la qualité exceptionnelle de ce milieu qui porte toujours la marque de son dynamisme. Son héritage y demeure vivant et continuera de distiller sa sollicitude dans le futur.
Il rayonne dans le milieu de la cardiologie et contribue à toutes ses grandes aventures à l'échelle locale comme à l'échelle nationale et internationale. Il est auteur de plus de 170 publications où il fait progresser sa discipline. Il s'engage dans, puis dirige les grandes sociétés de cardiologie du monde américain. Il participe à la création de la Fondation canadienne et à la Fondation québécoise de cardiologie. Il préside de nombreux congrès. Mais surtout, il anime avec fougue une merveilleuse équipe de médecins et de chercheurs à l'Institut de cardiologie, qui sauront consolider son oeuvre et dépasser ses espérances.
Ànotre Faculté, il enseigne avec passion et lance dans la vie beaucoup de jeunes collègues qui viennent chercher auprès de lui un maître à connaître et un maître à soigner. Professeur titulaire puis professeur émérite, il se mérite cette distinction d'abord dans le coeur de ses étudiants qui me prêtent leur voix aujourd'hui pour lui redire merci.
En toute chose, il assure le service en premier. Ce service le conduit au Sénat canadien où il servira, comme son père avant lui. Il y contribue aux politiques touchant les affaires sociales, la science, la jeunesse, l'international. Il y offre la présence créatrice des Québécois.
Reconnu par les siens, ce grand Montréalais reçoit la Médaille du service puis le rang de compagnon de l'Ordre national du Québec qui attribue aujourd'hui un prix qui porte le nom de son père. Il reçoit deux doctorats honoris causa d'universités soeurs et de multiples marques d'estime et de reconnaissance. Entre autres, il servira comme président de l'Association des médecins de langue française du Canada (1978), dont il recevra la Médaille du mérite (1989). La liste n'en finit pas. L'homme est exceptionnel.
Il ne néglige pas les services plus cachés : son activité au foyer Rousselot n'en est qu'un exemple. Il devient aussi un grand serviteur de l'Église de Montréal, dont il reçoit la Médaille du mérite diocésain.
En même temps, il demeure un père attentif, un époux tendre et un coeur à l'écoute. Ses enfants ont reçu de lui ce désir de faire bien et de créer qui les a tous propulsés dans des carrières brillantes. Eux seuls sauraient ici parler de lui avec des mots qui fassent justice au père, à l'époux, au conseiller, à l'ami.
Dr Patrick Vinay
Doyen
Faculté de médecine
Université de Montréal
Montréal, le 8 avril 1999
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On n'a pas assez de toute son humanité On n'a pas assez de toute son humanité On n'a pas assez de toute son humanité Et pourtant elle déborde, cette humanité, Bénis cette terre ensemencée Dr Patrick Vinay] |