| Le Dr Grégoire Noël |
Parution: novembre 1998
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"Je n'ai jamais regretté d'avoir choisi le Québec comme pays d'adoption puisque c'est ici que j'ai pu accomplir tout ce dont je rêvais." |
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Originaire de la belle île d'Haïti, le Dr Grégoire Noël est des nôtres depuis maintenant de nombreuses années. Ce microbiologiste de l'Hôtel-Dieu de Montréal nous raconte ici la trajectoire qui l'a mené d'Haïti au Québec en passant par ... Mexico. Pour de nombreux médecins, l'appel de la vocation se fait entendre alors qu'ils sont encore bien jeunes. Le Dr Noël n'a pas fait exception. Adolescent, un de ses plus grands plaisirs était de se rendre à la clinique de Port-au-Prince de son oncle médecin à qui il rendait de petits services. En silence, le jeune homme observait le travail de son oncle, le respect de ses patients envers lui et leur gratitude quand il réussissait à les aider. Et tranquillement, l'idée mûrissait en lui : il serait médecin lui aussi. |
![]() Le Dr Grégoire Noël |
Mais où aller se former? En 1964, la situation tant politique qu'économique est instable en Haïti et Grégoire Noël désire étudier à l'extérieur de son pays. Ce sera vers le Mexique qu'il se dirigera. Le choix paraît surprenant compte tenu du fait qu'il ne semble guère exister de liens entre les Antilles et l'Amérique. Un lien très clair rattachait pourtant le jeune Haïtien au Mexique : un de ses cousins s'était expatrié à Mexico où il étudiait la médecine. Il ira l'y rejoindre.
De ces années passées dans la capitale mexicaine, le Dr Noël conserve les meilleurs souvenirs. Par contre, il y apprendra vite qu'on ne passe pas d'une langue à une autre sans qu'une certaine période d'adaptation ne soit nécessaire. "J'avais eu des cours d'espagnol pendant mes études secondaires et j'avais pris des cours intensifs avant mon départ, explique-t-il. Mais une fois sur place, il a bien fallu que j'admette que je ne comprenais pas un mot de ce qu'on me disait et que j'avais autant de difficulté à me faire comprendre", se souvient-il en riant. Heureusement, la faculté de médecine de l'Université de Mexico accorde quelques semaines aux étudiants étrangers pour qu'ils s'initient à la langue de Cervantes. Ce que ne manquera pas de faire le Dr Noël avant d'entamer pour de bon ses études médicales.
Quant au cousin du Dr Noël, il n'avait pas fini de jouer un rôle important dans sa vie. N'était-il pas venu au Québec à l'occasion d'un stage? Une fois de plus, le Dr Noël suivra ses traces et troquera la chaleur du Mexique pour Montréal où il fera son externat à l'hôpital du Sacré-Coeur. Expérience réussie sur toute la ligne, tant du point de vue professionnel que personnel puisque le Dr Noël rencontrera ici son épouse et décidera du même coup de s'installer au Québec.
Au Mexique, le Dr Noël avait pu constater toute l'importance de la parasitologie. De là à opter pour la microbiologie comme spécialité, il n'y avait qu'un pas qu'il s'empressa de franchir. "C'est le mélange de travail clinique et de laboratoire qui m'a attiré, dit-il. J'aimais beaucoup ces deux pôles qui me garantissaient une certaine variété dans mes tâches."
Pour se former, le Dr Noël profita pleinement d'un séjour d'une année au prestigieux Center of Disease Control (CDC) d'Atlanta, la Mecque à laquelle rêvent bien des médecins. "J'ai été exposé à toute une variété de tâches et de problèmes dans les laboratoires du CDC et l'expérience a été passionnante. C'était très impressionnant et stimulant de ma trouver là", se rappelle-t-il.
De retour à Montréal au début des années 80, le Dr Noël s'est joint à l'équipe de l'Hôtel-Dieu et ne l'a plus quittée. Il a bien sûr été amené à se pencher sur le fléau de notre fin de siècle, le sida, en tant que membre de l'UHRESS, cette équipe multidisciplinaire qui suit des patients sidéens. "Nous avons bien dû rencontrer le quart des personnes atteintes de sida au Québec", estime-t-il. Outre ses tâches cliniques qui occupent une bonne partie de son temps, le Dr Noël s'est aussi occupé pendant dix ans du comité de prévention des infections et il est encore responsable des laboratoires de mycologie et de microbactériologie.
L'enseignement continue aussi à être une source de satisfaction pour le Dr Noël. "J'apprécie vraiment la diversité, insiste-t-il, et l'enseignement est une excellente façon d'y avoir accès. Nous sommes constamment en contact avec des jeunes toujours prêts à poser des questions et cela nous oblige à être à la fine pointe des derniers développements."
Quant à la recherche, elle est également présente dans la vie professionnelle du Dr Noël par le biais de la recherche clinique et de la recherche fondamentale. Qu'il fasse l'évaluation de nouveaux antibiotiques ou participe à la mise sur pied de nouveaux protocoles, il retrouve avec plaisir le monde de la recherche et ses défis.
"C'est tout un avantage que de pouvoir faire à la fois de la clinique, de la recherche, de l'enseignement et du travail de laboratoire, résume-t-il. Pour ma part, je n'ai jamais regretté d'avoir choisi le Québec comme pays d'adoption puisque c'est ici que j'ai pu accomplir tout ce dont je rêvais."]