Le Dr Gaston Pelletier
Parution: septembre 1998

Travailler dans une petite ville garantit au médecin un vrai rôle à jouer dans la communauté


Originaire de La Pocatière, le Dr Gaston Pelletier est revenu dans sa communauté pour y pratiquer. À ses tâches de médecin de famille, il joint maintenant celles de directeur des services professionnels depuis juin 1997.

Entre l'hôpital Notre-Dame de Fatima à La Pocatière et le Dr Pelletier, il y a une longue histoire. C'est que, étant enfant, il y a été hospitalisé. Ce qui aurait pu être une bien mauvaise expérience a été pour le petit garçon une belle aventure où il a eu le coup de foudre pour la médecine. Encore aujourd'hui, il se souvient fort bien des religieuses qui choyaient leur jeune patient et de la gentillesse de l'infirmière, une figure connue pour lui puisqu'elle logeait chez ses parents. "J'ai immédiatement aimé l'atmosphère et je me suis dit que je deviendrais médecin, tout simplement", se rappelle-t-il.


Le Dr Gaston Pelletier

Quand, au terme de ses études médicales à l'Université Laval, le Dr Pelletier s'est installé à La Pocatière en 1970, il a trouvé une jeune équipe d'omnipraticiens et de spécialistes pour animer le petit hôpital de 110 lits. Presque trente ans plus tard, l'équipe a vieilli et le nombre de lits est passé à 29. "Un des buts que je me suis fixé en tant que DSP, c'est de recruter un chirurgien et un interniste supplémentaires, et aussi un anesthésiste parce que nous sommes desservis pour le moment par un anesthésiste itinérant", dit-il. Mais le recrutement, avoue-t-il, n'a rien de facile; les jeunes spécialistes craignent de se joindre à un petit établissement dont le nombre de lits pourrait baisser encore. Les oppositions de ses cadets, le Dr Pelletier est pourtant tout prêt à y répondre. "Par exemple, explique-t-il, un chirurgien général ne chômerait pas ici et serait même sans doute plus occupé qu'en travaillant dans un grand centre où sa pratique est limitée." Et le besoin est pressant. À La Pocatière comme dans les grands centres, l'urgence déborde parfois et aux trois civières habituelles s'en ajoutent d'autres.

C'est sans compter que travailler dans une petite ville garantit un vrai rôle à jouer dans une communauté; les médecins y sont connus et reconnus. Ils en viennent à si bien connaître leurs patients que les relations avec eux sont forcément plus faciles. "C'est très gratifiant. Le seul désavantage, plaisante le Dr Pelletier, c'est qu'on s'expose à se faire arrêter par un patient dans les allées du supermarché pour une consultation minute!" Mais faire partie d'une petite équipe hospitalière, c'est un net avantage quand le climat est bon, juge-t-il. "À la Pocatière, nous travaillons tous main dans la main, il n'y a pas de conflits entre différents groupes de médecins."

Chose certaine, le Dr Pelletier, lui, n'a jamais regretté son choix. Depuis son arrivée à La Pocatière, il a multiplié les activités et a mené une carrière fort active. Chef du département de médecine générale de l'hôpital de 1973 à 1981, il en a aussi présidé le CMDP. Président du comité de pharmacologie pendant quatre ans et membre du comité d'évaluation médicale et dentaire, il est également responsable des soins palliatifs de son hôpital. Ajoutons à cela son implication au sein de l'Association des médecins omnipraticiens de la Côte-Sud, qu'il a dirigée de 1988 à 1996, et son grand intérêt pour l'éducation médicale continue. "J'ai toujours trouvé très important de mettre à jour mes connaissances, affirme-t-il. Je me fais un point d'honneur de lire, de suivre des cours et d'assister à des congrès aussi souvent que je le peux. C'est essentiel : en pratique générale, notre bagage de connaissances est vite périmé et il faut faire les efforts qui s'imposent pour rester à la page pour le bien-être de nos patients."

Sa pratique dans une petite ville, le Dr Pelletier l'estime absolument complète. Comme il le dit lui-même, y être médecin de famille lui a fait rencontrer des patients de tous les âges, du poupon à la personne âgée. Voilà qui correspond tout à fait à sa motivation initiale de choisir la médecine : faire de tout. De l'urgence à l'hôpital en passant par son cabinet privé, on a donc retrouvé le Dr Pelletier partout depuis les presque trente ans que dure sa carrière. Il a aussi fait des accouchements pendant vingt ans, parfois jusqu'à 80 par année, et bon nombre des jeunes qu'il croise dans les rues de La Pocatière sont venus au monde sous ses yeux.

Cette carrière féconde en activités diverses, le Dr Pelletier a pu la mener entre autres grâce à l'aide de son épouse, Gyslaine Lasalle. Professeure d'anglais à l'origine, celle-ci est depuis 1985 la secrétaire de son bureau privé. "Elle a toujours été compréhensive et m'a soutenu, dit-il. De mon côté, j'ai toujours essayé de ne pas trop me laisser absorber par le travail et de trouver du temps pour notre famille."

Urgence et obstétrique sont cependant choses du passé pour le Dr Pelletier, qui a maintenant un horaire moins chargé. S'il continue à exercer à mi-temps et à pratiquer dans les centres d'hébergement de soins de longue durée de sa région, ses fonctions de DSP le réclament aussi.

Et il y a de la relève chez les Pelletier. Si deux de ses fils ont choisi la comptabilité et l'éducation physique, un autre complète en ce moment ses études médicales et se destine à l'urologie. "Il a ça dans le sang, affirme le Dr Pelletier, ravi du choix de son fils. Bien sûr, il aura des conditions de pratique différentes de celles que j'ai connues en débutant ma carrière, mais je ne suis pas inquiet pour lui. De la même façon que j'ai vécu les transformations de notre système avec l'arrivée de l'assurance-maladie, les jeunes médecins surmonteront les difficultés créées par la période de transformations que nous traversons et ils verront ensuite une période de consolidation. Ce ne sera peut-être pas facile, mais ils y arriveront", conclut-il.]