| Le Dr Yvan Leduc |
Parution: avril 1998
|
| Écouter, donner de bons soins, viser l'excellence | |
|
|
|
|
La relève peut prendre plus d'un visage. Nous vous proposons ici de faire connaissance avec un de nos jeunes membres, le Dr Yvan Leduc, omnipraticien et urgentologue à l'hôpital de l'Enfant-Jésus de Québec. Nos conditions de pratique évoluent, mais nos motivations ne changent pas. Comme ses aînés, ce sont les valeurs humaines qui ont attiré le Dr Leduc vers la médecine. C'est pourtant la biochimie qui l'a d'abord séduit, au point où son baccalauréat, sa maîtrise et son doctorat lui ont été consacrés. "Depuis toujours, je m'intéressais aux sciences de la vie et à l'infiniment petit. J'ai donc fait mes études en biochimie à l'Université de Sherbrooke, complétées par un séjour d'un an à Strasbourg et à Grenoble pour faire de la recherche fondamentale", dit-il. |
![]() Le Dr Yvan Leduc |
Mais, si passionnante que soit cette formation, il manquait quelque chose quand le Dr Leduc imaginait son avenir professionnel. Quelque chose comme une approche plus pratique, une action plus directe que ne lui offrait pas le travail en laboratoire. "Il me manquait le contact avec les gens, tout simplement, résume-t-il. Quand je suis revenu de France, en 1986, j'ai décidé de me réorienter vers la médecine." Une année chargée : outre ses débuts comme étudiant à la faculté de médecine de l'Université Laval, le Dr Leduc n'avait pas renoncé à terminer son doctorat en biochimie, tâche qu'il mena à bien parallèlement à ses études médicales.
Comme la variété et la polyvalence l'intéressent au plus haut point, il était normal qu'il opte pour la médecine familiale. Dès 1992, l'unité de médecine familiale de l'hôpital de l'Enfant-Jésus s'enrichissait donc d'un nouveau membre. Au programme, clinique avec et sans rendez-vous, urgence, recherche et enseignement clinique. De quoi combler celui qui avait hâte de "passer à l'action", comme il le dit.
De l'enseignement, le Dr Leduc affirme qu'il commence à se transformer en pur plaisir après avoir été avant tout un défi. Voir les jeunes résidents développer habiletés et connaissances est un grand sujet de satisfaction pour lui. Quant à la recherche, s'il avoue ne guère s'ennuyer de la recherche fondamentale, il ne l'a pas abandonnée pour autant et participe à des projets d'évaluation de la qualité de l'exercice. "Les projets auxquels je travaille exigent autant de rigueur, mais ils sont bien différents dans leur aspect pratique, qui n'a rien à voir avec la "cuisine" de laboratoire. Ceci étant dit, je me sens encore proche de la facette scientifique de la médecine. Au département de médecine familiale de l'Université Laval, je fais partie des comités de la recherche et d'enseignement de la démarche scientifique", raconte-t-il.
Avec ses patients, c'est aussi le bonheur, affirme le Dr Leduc. Même à l'urgence, là où les pleurs et grincements de dents ne sont pas rares? "Même à l'urgence, soutient-il en souriant. On a tendance à croire que les patients sont très stressés et agressifs parce qu'ils doivent attendre, mais les gens désagréables ne sont pas si nombreux. La plupart des personnes que je vois à l'urgence comprennent très bien la situation; elles ont eu le temps de voir l'effervescence qui règne et sont bien conscientes que toute une équipe est là pour les aider. Personnellement, j'aime beaucoup travailler à l'urgence. Oui, les horaires sont irréguliers, c'est fatigant, il y a du bruit, on est appelé partout et en vitesse à tout bout de champ, mais j'adore me retrouver dans le feu de l'action."
Le feu de l'action, il est aussi à la maison. Quand on a trois jeunes enfants dont l'âge varie de 2 à 8 ans, peut-être que même une salle d'urgence peut paraître calme comparativement à l'heure du bain! On devine cependant sans peine que, pour le Dr Leduc, la famille aussi réserve bien des joies. Il suffit de l'entendre évoquer les glissades ou le patinage avec sa conjointe et leurs enfants pour comprendre que la famille joue un rôle important dans sa vie, qui nourrit son rôle de médecin.
Représentant de la nouvelle génération de médecins, le Dr Leduc? Sans doute, de par les défis et le contexte changeant qui sont le lot de ceux qui ont choisi la médecine en 1998. Mais, comme pour ceux qui l'ont précédé, son but est tout simple : donner de bons soins, viser l'excellence, écouter. Décidément, il y a de ces choses qui ne changent pas!]